LA GARDE NATIONALE;
CRÉATION ET ÉVOLUTION,
1789 -AOÛT 1792*
La garde nationale occupe une place très faible dans l'historiographie de la Révolution française. Les grands historiens de la Révolution y font référence, de manière succincte et rapide lors de quelques événements importants tels que la prise de la Bastille, la Fédération nationale, ou le 10 août 1792, sans aller plus loin dans son étude.
Pourtant, exécutrice des décrets de l'Assemblée Nationale, la garde nationale constituait une institution civile et politique clef de la Révolution. Elle intervenait quotidiennement dans les problèmes économiques, politiques, religieux et militaires de l'époque.
Elle est généralement — pour ne pas dire toujours — considérée comme une force bourgeoise, mise en place lors de la Révolution de juillet 1789, pour faire face au complot aristocratique et aux émeutes populaires. Institution urbaine, la garde nationale se devait d'être encadrée par « la bourgeoisie » dont elle servait les intérêts. Ainsi les historiens ont occulté sa participation active au mouvement populaire. De même l'existence de gardes nationales dans les campagnes apparaissait comme un phénomène éphémère.
C'est à travers les études du mouvement populaire que nous avons pu étudier et mettre en valeur l'engagement révolutionnaire des gardes nationales ainsi que paradoxalement, leur rôle répressif. Nous nous sommes plus particulièrement appuyée sur les travaux d'A. Ado (1) qui démontrent l'existence des gardes nationales rurales et, leur participation active aux jacqueries paysannes qui s'insérèrent dans le mouvement populaire qu'A. Ado a défini comme autonome et égalitaire.
(*) Cet article est tiré de notre mémoire de maîtrise : La garde nationale sous la Révolution française (1789-août 1792), soutenu à l'Université Paris VII.
(1) A. Ado, Le mouvement paysan pendant la Révolution française, Éd. de l'Université de Moscou, en russe, tr. fr. non publiée, 1791.
Annales Historiques de la Révolution Française — 1991 — N" 1



















