Adolphe Charlemagne
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 74 ans) Saint-Pétersbourg |
| Sépulture |
Cimetière catholique de Vyborg (d) |
| Nationalité | |
| Activité |
artiste peintre |
| Formation | |
| Maître | |
| Lieux de travail |
Saint-Pétersbourg (- |
| Père | |
| Enfant |
Iosif Adolfovich Charlemagne (d) |
| Distinction |
Pension de l'Académie impériale des beaux-arts 1856 |
Adolphe Charlemagne (en russe : Шарлемань, Адольф Иосифович, Шарлемань-Боде), né le à Saint-Pétersbourg et mort le dans la même ville, est un peintre russe et un artiste graphique russe de l'époque des Réformes d'Alexandre II et des Contreréformes d'Alexandre III, descendant de la famille française des Charlemagne-Baudet qui étaient actifs à Saint-Pétersbourg. C'est un maître en peinture sur des sujets historiques et de batailles et travaille aussi comme artiste de théâtre et décorateur-ornementaliste. Il est l'auteur du tirage le plus célèbre de cartes à jouer en Russie, appelées jeu en papier satiné dit ''de satin'' ou encore ''Atlas'' (ru)[1], auteur également des uniformes des maures de cour (ru)[2]. Il est nommé académicien en 1859 et professeur, en 1867, à l'Académie russe des beaux-arts.
Biographie
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Adolphe Charlemagne nait le [3],[4] (selon d'autres données le )[5]) à Saint-Pétersbourg. Il est le fils de l'architecte et élève de l'académie impériale des beaux-arts Joseph-Jean Charlemagne (1782-1861) et, le petit-fils du sculpteur-décorateur Jean Baptiste Charlemagne-Baudet (en) (1734-1789), un Français originaire de Rouen, qui s'installa à Saint-Pétersbourg sous le règne de l'impératrice Catherine II[6].
Il reçoit une formation générale à Sankt-Petri-Schule, où étudiait son frère Joseph. En 1848, il entre à l'[Académie russe des beaux-arts, où il étudie d'abord la peinture historique sous la direction de Fiodor Bruni, puis la peinture de bataille dans la classe de Bogdan Willewalde. Au cours de ses études il reçoit[6] :
- en 1852 — La Petite Médaille d'argent pour le croquis Gardes de cavalerie à Krasnoïe Selo,
- en 1853 — La Grande Médaille d'argent pour son tableau Épisode de la Bataille d'Austerlitz,
- en 1854 — La Petite Médaille d'or pour la représentation du programme du concours Épisode de la campagne hongroise de 1848,
- en 1855 — La Grande médaille d'or de l'Académie russe, pour son tableau Souvorov au Saint-Gothard (Palais de Gatchina).
Après avoir obtenu avec la dernière distinction le droit de voyager à l'étranger en tant que pensionnaire de l'Académie, il se rend la même année à Munich, où il suit les conseils de Alexandre von Kotzebue et peint les tableaux : La réception solennelle de Souvorov à Milan et La dernière nuit de Souvorov en Suisse, toiles sont exposées au palais Gatchina. La seconde de ces toiles vaut à Charlemagne le titre d'académicien en 1859 de l'Académie russe des beaux-arts[6]. Il fait ensuite un voyage à Paris, où il étudie sont style préféré le style Pompadour, selon les modèles de Versailles. Plus tard il visite Stuttgart et d'autres villes d'Allemagne. Puis il revient à Saint-Pétersbourg en 1861[6].
Ses premières œuvres après son retour sont des images d'autels pour les églises catholiques du Corps des Pages et l'église du cimetière du côté de Vyborg puis, il peint des plafonds et des panneaux muraux pour les maisons du prince Mechtcherski à Moscou et de А. Polezhaev à Saint-Pétersbourg[6].
Au milieu des années 1860 il reçoit une commande de la société de Production des documents d'État (en) pour la création de nouvelles cartes à jouer, dont certaines versions sont encore connues aujourd'hui sous le nom de cartes à jouer Atlas.
En 1867, la toile la plus remarquable d'Adolphe Charlemagne, Catherine II dans l'atelier d'Étienne Maurice Falconet, lui vaut d'obtenir le titre de professeur de la part de l'impératrice Marie de Hesse-Darmstadt, première épouse d'Alexandre II. Sa renommée se renforce alors rapidement[6]. Sous son pinceau, sa plume ou son crayon, de nombreuses peintures, aquarelles et dessins se distinguent par la vigueur et le goût de l'exécution. Pendant plus de 20 ans, ses compositions sont reprises par des éditeurs de magazines illustrés pour les reproduire de manière graphique ou autre[6]. Il est encore l'auteur d'illustrations pour des fables d'Ivan Krylov pour le poème, La chanson du marchand Kalachnikov de Mikhaïl Lermontov, pour les récits La Fille du capitaine et Eugène Onéguine d'Alexandre Pouchkine.
À partir de 1871, Adolphe Charlemagne est invité comme consultant dans les ateliers de dessins de la direction générale de l'intendance pour l'exécution d'aquarelles de scènes militaires, de célébrations, de manœuvres et autres rassemblements militaires pour les albums de l'empereur Alexandre II (empereur de Russie). En 1873, il reçoit le titre de peintre de sa majesté impériale[6]. Il continue de travailler comme peintre et comme pédagogue jusqu'à sa mort en 1901.
Adolphe Charlemagne meurt le 31 janvier (13 février) 1901[5],[4] à Saint-Pétersbourg. Il est inhumé dans la parcelle Saint-Paul du cimetière catholique romain de Vyborg (ru) à Saint-Pétersbourg[5]. Sa tombe avec toutes les autres nécropoles est détruite à l'époque soviétique[7].
Famille
[modifier | modifier le code]Son épouse, Elisaveta Ivanovna Goch (1857—après 1903)[8]), est portraitiste, élève d'Ivan Kramskoï, fille d'un académicien de peinture historique et propriétaire d'un atelier de photographe sur la perspective Nevski, Ivan Andrievitch Goch (ru).
Ils ont quatre enfants :
- Joseph Adolphovitch Charlemagne (ru) (1880—1957), peintre.
- Ivan Adolphovitch Charlemagne (1886—1919 ou 1920), peintre.
- Petite-fille — Lydia Ivanovna Charlemagne (Charlemagne-Novosad) (ru), peintre.
- Petite-fille — Élisaveta Ivanovna Charlemagne (1917/8—1994), peintre.
Peinture
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Ses peintures à l'huile se trouvent notamment :
- à la Galerie Tretiakov : Chasse du Tsar au XVIe siècle
- au Musée de l'Ermitage Pierre Ier annonce publiquement la paix avec la Suède
- au Musée russe : Pierre Ier en 1697 couvre les conspirateurs dans la maison d'Ivan Tsykler
- au Musée national des Beaux-Arts de Biélorussie : Réception solennelle de Suvorov à Milan le 18 avril 1799
Des aquarelles et des gouaches d'Adolphe Charlemagne sont exposées au Musée d'Art d'Odessa :
- Adieu du soldat à la patrie, 1853
- Dans la caserne, 1853
- Walk
Galerie
[modifier | modifier le code]- Exécution d' Emelian Pougatchev (1855)
- Illustration pour le 3e volume de « L’histoire du 13e régiment de grenadiers à vie pendant 250 ans » (1893)
- Le maréchal Souvorov au sommet de Saint-Gothard le 13 septembre 1799. (1855)
- L’accueil solennel de Souvorov à Milan en 1799 (fin des années 1850)
- Russes à Paris en 1814 (1877)
- Régiment de la Garde Pavlovski en 1882-1890 (1890)
- Régiment des Gardes de la Vie Pavlovski en 1831-1845 (1890)
- Régiment Préobrajenski Soldat, Sergent, Officier (vers 1899)
Références
[modifier | modifier le code]- (ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Шарлемань, Адольф Иосифович » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (ru) Eugène Grigorenko, « Атласные карты академика Шарлеманя. » [« Cartes de l'atlas de l'académicien Charlemagne. »]
- ↑ (ru) Nina Tarasova, « Высочайшего двора служители… » [« "Serviteurs de la Cour suprême..." »], НАУКА И ЖИЗНЬ, Moscou, no 10, , p. 136—141 (présentation en ligne).
- ↑ Kondakov 1915.
- 1 2 Académie russe des beaux-arts.
- 1 2 3 (ru) Петербургский некрополь. Т. 4 : (С - Ѳ) [« Nécropole de Péterbourg »], vol. 4 (C - R) (lire en ligne), « Charlemagne Adolphe Osipovitch »
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (ru) ЭСБЕ/Шарлемань, Адольф Иосифович, Dictionnaire encyclopédique Brockhaus et Efron (lire en ligne), p. 178
- ↑ (ru) Kobak А. Valerevitch. et I M. Piriotko, Исторические кладбища Санкт-Петербурга [« Cimetière historique de Saint-Pétersbourg »], Moscou/Saint-Petersbourg, Centrepoligraf Troïka russe-SPb, , 2e éd., 713 p. (ISBN 978-5-227-02688-0, OCLC 812571864), « destruction des cimetières »
- ↑ (ru) « Шарлеман Елизавета Ивановна » [« Elisaveta Ivanovna Charlemagne »], sur stereoscop.ru (consulté le )
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (ru) Sadoven V. V., Русские художники-баталисты [« Peintres de batailles russes XVIII–XIX siècles »], Moscou, Isjoustvo (Искусство), , 371 p. (OCLC 185603899), p. 124–128.
- (ru) F. I. Boulgakov, Наши художники (живописцы, скульпторы, мозаичисты, граверы и медальеры) на академических выставках последнего 25-летия : биографии, портреты художников и снимки с их произведений [« Nos artistes (peintres, sculpteurs, mosaïstes, graveurs et médailleurs) aux expositions académiques des 25 dernières années : biographies, portraits d’artistes et photographies de leurs œuvres »], t. 2 Л — Я, , 298 p. (OCLC 38661216, lire en ligne), « Adolphe Iousifovitch Charlemagne (Шарлемань », p. 247–248.
- (ru) Vlassov Viktor Géorgievitch, Стили в Искусстве. Словарь имен [Текст] : архитектура, графика, декоративно-прикладное искусство, живопись, скульптура [« Styles artistiques. Dictionnaire des noms [Texte] : architecture, graphisme, arts décoratifs et appliqués, peinture, sculpture »], t. 3 М—Я, Saint-Pétersbourg, Kolna (Кольна), , 655 p. (ISBN 5-88737-010-6, OCLC 605179863), « Charlemagne Adolphe (Шарлемань Адольф Иосифович) », p. 512.
- (ru) S.N. Kondakov, Юбилейный справочник Императорской Академии художеств 1764–1914 [« Annuaire jubilé de l'Académie impériale des arts 1764–1914 »], t. 2, Saint-Pétersbourg, Association R Golike et A. Wilborg, , 220 p. (OCLC 707072219, lire en ligne).
- (ru) D.A. Rovinsky, Подробный словарь русских граверов XVI—XIX ss. [« Dictionnaire détaillé des graveurs russes XIe – XIXe siècles »], t. 2 К — Ө, Saint-Pétersbourg, Тип. Имп. Акад. наук, (OCLC 19557946, lire en ligne), « Charlemagne -Baudet Adolphe », p. 1166—1169.
Liens web
[modifier | modifier le code]- (ru) « Adolphe Charlemagne-Baudet (1826—1901) » [archive du ], sur Académie russe des beaux-arts (consulté le ).
- Метрическая запись о рождении и крещении сына Иосифа Enregistrement de la naissance et du baptême du fils de Joseph.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives aux beaux-arts :