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Ordre des Carmes déchaux

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Ordre des Carmes déchaux
Image illustrative de l’article Ordre des Carmes déchaux
« Je suis rempli d’un zèle jaloux pour le Seigneur Sabaot ! (1R 19,14). Il est vivant le Seigneur devant qui je me tiens ».
(1R 18,15)
Institut de droit pontifical
Approbation pontificale 1573, et définitivement en 1591
par Grégoire XIII puis Grégoire XIV
Institut monastique, mendiant
Type Contemplative et apostolique
Spiritualité Carmélitaine
Règle Règle de saint Albert
But contemplation
Structure et histoire
Fondation 1562 (il y a 464 ans)
Fondateur Albert de Jérusalem, Thérèse d'Avila, Jean de la Croix
Abréviation O.C.D.
Autres noms Carmel thérésien, ordre des Frères déchaux de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel
Patron Élie, Notre-Dame du Mont-Carmel, Thérèse d'Avila, Jean de la Croix
Branche(s) OCDS, de nombreuses congrégations apostoliques dont Carmélites missionnaires thérésiennes, CMC, MTA, ...
Agrégé à Ordre du Carmel
Site web site officiel des Carmes
site des Carmélites
Liste des ordres religieux
Des carmélites déchaussées.

L'ordre des Carmes déchaux ou ordre des Frères déchaux et des Moniales déchaussées de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel, abrégé en O.C.D., est un ordre religieux catholique contemplatif et apostolique, appartenant à la catégorie des ordres mendiants. Les frères Carmes déchaux partagent avec les sœurs carmélites déchaussées, moniales cloîtrées, le même rythme de prière. S’ils consacrent ainsi deux heures chaque jour à la prière silencieuse, leur mission est plus particulièrement d’annoncer l’Évangile par la prédication à la lumière de la riche tradition spirituelle du Carmel.

Cette congrégation religieuse établie à la fin du XVIe siècle est née d'une réforme de l'ordre du Carmel. Cette réforme fut d'abord appliquée à des couvents de femmes par sainte Thérèse d'Ávila en 1562. Ensuite la réformatrice, secondée par saint Jean de la Croix, l'introduisit dans les couvents d'hommes. Un des signes de la réforme de sainte Thérèse d’Ávila était que les carmes allaient pieds nus dans des sandales (d'où leur nom).

Aujourd'hui, les Carmes déchaux et les carmélites déchaussées, issus de la réforme de Thérèse d'Ávila et de Jean de la Croix, sont au nombre d'environ 4 000 frères et 10 000 sœurs sur les cinq continents.

Des laïcs, célibataires ou mariés, prêtres ou diacres séculiers, vivent aussi de la spiritualité du Carmel et se réunissent régulièrement au sein de communautés carmélitaines. Ils forment l'ordre des Carmes déchaux séculier (OCDS), anciennement nommé le Tiers-Ordre.

Histoire de l'ordre

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Les origines

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L'ordre des Carmes et Carmélites déchaussés, reconnu comme expression nouvelle de l’ordre du Carmel, joint la fidélité à l’esprit et la tradition du Carmel à la volonté d’un renouveau spirituel introduit par sainte Thérèse d’Avila avec l’aide de saint Jean de la Croix (cf. Constitutions OCD)

Les origines de l’ordre du Carmel se situent en Terre Sainte. Vers le milieu du XIIe siècle, les frères vivaient dans des grottes sur les pentes du mont Carmel, d'où l'ordre tire son nom. Le fait est attesté par quelques documents et confirmé par l’architecture très sobre de leur première chapelle, dédiée à Notre-Dame, et par les poteries découvertes aux alentours. Dans la vallée qui, au nord-est du promontoire du mont Carmel, s’ouvre vers la Méditerranée, près d’une source, que les Arabes appellent « Wadi’ aïn es Siah », les ermites habitaient des grottes, creusées dans les flancs de la montagne. Cependant, la naissance de l’ordre du point de vue canonique (reconnaissance officielle par l’Église) date de 1209, quand ces ermites reçoivent une règle de vie, donnée par Albert Avogadro, patriarche latin à Jérusalem, légat du Saint-Siège. Le pape Honorius III approuve cette règle en 1226. Le pape Innocent IV en 1247 rectifie cette règle pour l’adapter à la vie de religieux mendiants, imposée aux ermites après leur arrivée en Europe, à la suite de la perte du royaume de Jérusalem[E 1]. La règle du Carmel, adaptée par Innocent IV, est mitigée par Eugène IV en 1432 à la suite de la demande de certains moines[E 2].

La réforme thérésienne du Carmel

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Santa Teresa de Jesús. Peinture à l'huile d'Alonso del Arco, XVIIe siècle

La mitigation de la règle, causée par la peste noire et par le schisme, valut à l’ordre du Carmel, comme aux autres congrégations religieuses, de nombreux mouvements de réforme. Une réforme italienne, dite de Mantoue, connut aussi près d’un siècle d’épanouissement. Jean Soreth travailla vigoureusement à la Réforme de Touraine[E 2]. Cependant, la grande réforme de l’Ordre, celle qui devait avoir le plus grand impact, fut entreprise par Thérèse d’Avila, aidée de Jean de la Croix, au milieu du XVIe siècle[E 3].

Thérèse d'Avila entre au Carmel de l’Incarnation d’Avila à 20 ans. À cette date, le monastère de l’Incarnation vit de la Règle mitigée et les lois de la clôture ne sont nullement strictes. Le , Thérèse d'Avila, sous le nom religieux de Thérèse de Jésus, se déchausse, revêt l’habit de bure brune et part fonder avec quatre novices un nouveau monastère dédié à saint Joseph, inaugurant ainsi la réforme de l'Ordre consistant au retour rigoureux à la règle de 1247 définie par le pape Innocent IV (règle de saint Albert de 1209 adaptée à la vie monastique)[1].

Lors de la fondation de son deuxième monastère de carmélites déchaussées à Medina del Campo, Thérèse de Jésus retrouve le prieur des carmes de cette ville, Antoine de Heredia, qui lui promet aussitôt « d’être le premier religieux de la Réforme ». À Medina encore, Thérèse de Jésus rencontre pour une première fois un jeune carme, alors étudiant à Salamanque, Jean de Saint-Matthias, futur saint Jean de la Croix. Elle le persuade d’embrasser à son tour la réforme, au lieu d'entrer à la chartreuse comme il le désirait. Le , le premier couvent de carmes déchaussés est érigé à Duruelo, dans la plus grande pauvreté[2]. Les pères Antoine de Jésus, Jean de la Croix et frère Joseph, diacre, font leur nouvelle profession selon la