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Catholicisme au Japon

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Mosaïque japonaise de la Vierge à l'Enfant, dans la basilique de l’Annonciation (Nazareth).

Le catholicisme est une confession présente au Japon depuis le XVIe siècle. L'Église catholique au Japon est formée de diocèses en communion avec l'Église latine se trouvant sous la conduite spirituelle du pape, évêque de Rome.

Le christianisme est introduit dans les îles du Japon par les missionnaires jésuites, en particulier saint François Xavier qui débarque en 1549.

Chrétiens japonais en costume portugais, XVIe et XVIIe siècles.

Les premières activités missionnaires lancées par les jésuites, dont François-Xavier, débutent en 1549. Ils sont rejoints par les ordres mendiants espagnols. Pendant la trentaine d'années qui suit la mort de François-Xavier, le christianisme se développe dans la région de Kyushu doucement mais sans heurts[1]. Les catholiques portugais ont également fondé la ville de Nagasaki, considérée comme le centre chrétien le plus important en Extrême-Orient. L'archidiocèse de Nagasaki est historiquement le plus important du pays[2],[3].

Le shogun Toyotomi Hideyoshi décide l'expulsion du pays des missionnaires en 1587, car il perçoit l'influence des Jésuites, mais surtout des Franciscains, comme une menace pour son pouvoir personnel. Toutefois, pour des raisons d'ordre économique ce décret est peu appliqué[4].

Un premier diocèse - le tout premier d'Extrême-Orient - est toutefois créé à Funai (aujourd'hui Oita) en 1588. Mais bientôt une violente opposition s'élève. Le , 26 catholiques sont crucifiés à Nagasaki, et en 1614, le shogunat Tokugawa interdit le christianisme : les missionnaires sont expulsés. En 1624, les Espagnols sont tous expulsés. En 1637-1638 la rébellion chrétienne de Shimabara est réprimée par le massacre des insurgés, et suivie de l'expulsion des Portugais du Japon. Le pays est fermé entre 1641 et 1853 : aucun étranger ne peut entrer, ni aucun Japonais ne peut sortir sous peine de mort.

Renouveau du catholicisme au Japon ?

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Vue de la première église des Vingt-Six-Martyrs de Nagasaki en 1885.

Au milieu du XIXe siècle, jusqu'au milieu du XXe siècle, ce sont les missionnaires français des Missions étrangères de Paris qui prennent la relève et fondent plusieurs vicariats apostoliques. Ainsi des prêtres des Missions étrangères de Paris s’établissent à Nagasaki. Le prêtre missionnaire Bernard Petitjean y construit la basilique des Vingt-Six Saints Martyrs du Japon ou église d'Ōura (大浦天主堂, Ōura Tenshudō?) en 1864.

Hara Takashi fut le premier catholique à devenir Premier ministre du Japon. Le premier évêque de nationalité japonaise, après le rétablissement de la liberté religieuse, fut Januarius Kyunosuke Hayasaka (it), nommé le 16 juillet 1927 à la tête du diocèse de Nagasaki (aujourd'hui archidiocèse).

En 1930, une mission d’évangélisation a été menée au Japon par Maximilien Kolbe et ses confrères conventuels. Parmi les initiatives issues de cette mission, on peut citer, dans les années 1950, l’expérience du « Village des fourmis », qui accueillait les pauvres et les démunis victimes de la guerre. Satoko Kitahara s’est illustrée par son dévouement envers les enfants pauvres ; elle a été déclarée vénérable en 2015. Après les années difficiles du militarisme japonais et de la Seconde Guerre mondiale, la communauté catholique a connu une certaine renaissance. Le célèbre amiral Isoroku Yamamoto en faisait également partie[5].

Le sanctuaire de Notre-Dame d'Akita est devenu un centre important de pèlerinages catholiques, à la suite des apparitions mariales intervenues entre 1973 et 1975 à Akita[6].

Chrétiens cachés

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Kakure kirishitan (隠れキリシタン?, japonais pour « chrétiens cachés ») est un terme moderne pour désigner un membre de l'Église catholique japonaise de l'époque d'Edo qui entre dans la clandestinité après la rébellion de Shimabara dans les années 1630[7],[8].

Environ 30 000 chrétiens cachés[9], dont certains ont adopté de nouvelles façons de pratiquer le christianisme, sortent de cachette quand la liberté religieuse est rétablie en 1873 après la restauration de Meiji. Les kakure kirishitan sont alors appelés mukashi kirishitan (昔キリシタン?), c'est-à-dire « anciens » chrétiens, et émergent non seulement des zones traditionnelles chrétiennes de Kyushu, mais aussi d'autres régions rurales du Japon[7]. Si la plupart on rejoint l'Église catholique, d'autres, connus sous le nom de Hanare Kirishitan (« chrétiens séparés »), ont choisi de perpétuer des pratiques syncrétiques uniques développées durant la longue période d'isolement[10].

Chrétiens japonais au XXIe siècle

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Une carte des voyages de St. François Xavier.

Près de cinq siècles après l'arrivée des premiers missionnaires, il y avait en 2024, selon les chiffres des registres paroissiaux, 419 414 catholiques, sur une population de 125 millions d'habitants (environ 0,34 %). En général, la population catholique diminue, en 2014, il y avait 439 725 catholiques, sauf dans les diocèses de Saitama, Naha et Nagoya, où il y a une légère augmentation. D'autre part, la communauté catholique au Japon compte environ 500 000 fidèles étrangers, y compris des immigrants de nations asiatiques, d’Amérique du Sud et d’Europe[5].

Ces derniers, arrivés à la faveur de l'ouverture au compte-goutte du pays à l'arrivée d'étrangers il y a une vingtaine d'années, viennent principalement des Philippines. Mais ce sont aussi les représentants des deuxième et troisième générations de ces Japonais ayant émigré en Amérique latine au début du XXe siècle, où ils ont perdu leur langue d'origine et se sont convertis au catholicisme, avant de revenir au Japon. Une situation qui pose de nouveaux défis pastoraux.

Si l'ensemble de l'épiscopat est local depuis 1940, le poids du clergé étranger est resté important dans le pays. Selon des statistiques publiées par le Conseil central catholique au 31 décembre 2020, 1 278 prêtres (évêques compris) exerçaient leur ministère au Japon, dont 788 de nationalité japonaise et 490 de nationalité étrangère. Un peu plus de 38 % des prêtres étaient donc de nationalité étrangère, et contrairement à autrefois, il ne s’agissait plus de missionnaires venus des pays d’Europe occidentale, mais de missionnaires originaires de pays d’Asie tels que la Corée, le Vietnam, les Philippines, l’Inde et le Timor oriental. Il en va de même pour les religieuses ; notamment chez les Trappistes (à Nasu et à Ajimu, dans la préfecture d’Ōita), les communautés se composaient pour moitié de sœurs japonaises plutôt âgées et pour moitié de jeunes sœurs vietnamiennes[11].

Bien que les catholiques soient très minoritaires au Japon, leurs influences sociale, éducative et médicale sont manifestes et reconnues : université Sophia, Tokyo Woman's Christian University, hôpital international Saint-Luc (en), développement des soins palliatifs et de l'accompagnement en fin de vie, soutiens aux travailleurs précaires, aux personnes sans abri et aux migrants (notamment philippins et vietnamiens) par la Commission catholique du Japon pour les migrants, les réfugiés et les personnes en mouvement (J-CaRM), le Centre international catholique de Tokyo (CTIC) et Caritas Japon. Le CTIC fournit un large éventail de services tels que l'aide d'urgence et des cours de japonais aux demandeurs d'asile[12].

En 2026, le territoire japonais est divisé en quinze diocèses, dont trois archidiocèses[13], avec 848 paroisses et 1 589 prêtres[14] qui sont au service de l'Église. À cela, il faut ajouté l'ordinariat personnel Notre-Dame-de-la-Croix-du-Sud (anglican) qui est rattaché au Japon comme à d'autres pays[15].

Philosophie et mode de vie

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L'église catholique de Motomachi à Hakodate (1859, rebâtie en 1924).

Aujourd’hui, l'abbaye des trappistines (トラピスチヌ修道院, torapisuchinu shūdōin?) fondée le (Meiji 31) par 8 sœurs venues de France, près du quartier de Yunogawa dans la ville de Hakodate de la préfecture de Hokkaidō, est le tout premier édifice religieux dédié aux femmes jamais construit au Japon. Il dépend de l'ordre cistercien de la Stricte Observance fondé en 1892 en France. Le nom de trappistes (trappistines pour les moniales) provient de celui de l'abbaye de La Trappe située à Soligny en Normandie où l'abbé Armand Jean Le Bouthillier de Rancé rétablit les strictes règles d'observance de l'ordre de Cîteaux à partir de 1662. Il désirait retourner à une vie monastique simple et authentique, fondée sur la règle de saint Benoît, selon laquelle le travail manuel alternait avec les prières en commun.

La philosophie et le mode de vie trappiste sont très appréciés au Japon. C'est la seule congrégation catholique qui a connu un véritable engouement au début du XXe siècle dans l'archipel grâce à l'œuvre littéraire de l'écrivain japonais chrétien, Rofū Miki (1889-1964) dans laquelle il relate son expérience de la vie trappiste[16].

Province de Nagasaki

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Province d'Osaka

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Funérailles d'un missionnaire MEP à Osaka dans les années 1910.

Province de Tokyo

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Saints japonais

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Les martyrs de Nagasaki (1597), gravure de Wolfgang Kilian, 1628.