Hôtel de Miramion
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hôtel particulier entre cour et jardin |
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| Commune |
Paris 5e arrdt |
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L'hôtel de Miramion est un hôtel particulier situé à Paris, au 47, quai de la Tournelle (5e arrondissement).
Construit dans les années 1630 dans le quartier de l'enclos des Bernardins par Christophe Martin (mort vers 1670), un financier de haut rang au service de la Maison du roi, l'hôtel est acheté en 1675 par Madame de Miramion, une bienfaitrice proche de Vincent de Paul, qui y installe une institution de charité et d'enseignement, la communauté des Filles Sainte-Geneviève, couramment appelée « communauté des miramiones ». Celle-ci est dissoute en 1794, au cours de la Révolution française.
Les bâtiments sont alors affectés à des fonctions d'arsenal (ateliers et logements des ouvriers). Puis, en 1812, l'hôtel devient le siège de la pharmacie centrale des hospices de Paris, aujourd'hui Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP). La pharmacie centrale reste en ces lieux jusque durant le XXe siècle. En 1934, l'AP-HP y installe aussi son musée.
Le musée est fermé en 2012 en raison de la mise en vente de l'hôtel.
L'hôtel de Miramion est protégé au titre des monuments historiques depuis 1926.
Localisation
[modifier | modifier le code]L'hôtel est situé sur la rive gauche de la Seine, entre le pont de l'Archevêché à l'ouest et le pont de la Tournelle à l'est. au niveau de la promenade du port de Montebello.
Il se trouve dans un quadrilatère délimité par (dans le sens horaire) le quai de la Tournelle, la rue de Pontoise, le boulevard Saint-Germain et la rue des Bernardins, quadrilatère correspondant plus ou moins à l'enclos des Bernardins du Moyen Âge.
Il s'agissait alors d'un quartier jouxtant le Quartier latin et voué aux études théologiques où la Réforme catholique s'est affirmée avec force au XVIIe siècle.[pas clair]
Description de l'hôtel
[modifier | modifier le code]Histoire du quartier
[modifier | modifier le code]Le clos du Chardonnet (début du Moyen Âge)
[modifier | modifier le code]Durant le haut Moyen Âge, ce terrain fait partie du clos du Chardonnet, qui s’étend le long de la Bièvre depuis la Seine jusqu'au plateau boisé[réf. nécessaire] de Saint-Étienne-du-Mont (près de l'actuel Panthéon).
C'est après la période des invasions normandes, que le peuplement se développe, à partir du Xe siècle, transformant profondément le paysage. Des établissements monastiques[réf. nécessaire] s’y installent. La création de nouvelles paroisses[réf. nécessaire] marque le début de l’urbanisation.
La première chapelle Saint-Nicolas-du-Chardonnet est construite vers 1230 pour les bateliers de la Seine.
L'enclos des Bernardins (1247-vers 1500)
[modifier | modifier le code]Dans les années 1240, sous le règne de Louis IX, l'abbé de l'abbaye cistercienne de Clairvaux (actuel département de l'Aube), Étienne de Lexington (1198-1258), convaincu que le renouveau de l’Église passe par la formation des prêtres, a l’idée de fonder à Paris un établissement pour les religieux de son abbaye.
Cet établissement est construit en 1247 à l’abri de la muraille de Philippe-Auguste. C'est un vaste ensemble qui comprend un collège, un immense réfectoire, une église paroissiale[pas clair] et des bâtiments monastiques.
Mais le coût d’entretien amène les moines à vendre une partie de leurs terres à la fin du XVe siècle.[pas clair]
Construction d'hôtels particuliers (XVIe siècle et XVIIe siècle)
[modifier | modifier le code]Au cours des XVIe et XVIIe siècles, les constructions se multiplient. Des familles influentes se font construire un hôtel particulier comme l'hôtel de Nesmond, l’hôtel de Selve (demeure du preemier président du Parlement de Paris) et l’hôtel de Christophe Martin.
Au XVIIe siècle, les occupants des maisons du quai de la Tournelle sont pour la plupart des financiers, notamment des gestionnaires des écuries de la Maison du roi : ils s'occupent pour le compte du roi de France des marchés de voitures, de harnais et de chevaux de la Grande Écurie, source d’enrichissement viager[pas clair] considérable.
Histoire de l'hôtel de Miramion
[modifier | modifier le code]L'hôtel de Christophe Martin (vers 1630-1670)
[modifier | modifier le code]Christophe Martin est un cousin des propriétaires de l’hôtel de Selve et un notable bien connu dans le quartier. Il est conseiller d’État, intendant et contrôleur général des écuries du roi.
Vers 1630, il achète une maison construite au XVIe siècle qu’il agrandit afin de la transformer en demeure aristocratique. Pour étendre son domaine, il achète et loue une partie des terres des Bernardins jusqu’à détenir environ un hectare.
Il transforme le logis du quai, prolonge l’aile du XVIe siècle et ajoute deux travées pour allonger la cour d’honneur, construit un logis principal en fond de cour, dont la façade sur cour présente une alternance de lucarnes arrondies et d’œils-de-bœufs. La façade sur jardin, mesurant le double de l'autre, est caractérisée par une certaine monumentalité.
L’ordonnance et le décor des bâtiments témoignent d’une recherche de style et offrent une ressemblance avec l’hôtel d'Aumont construit à la même époque. Comme celui-ci, il est attribué à François Mansart.
L'hôtel de Madame de Miramion (1675-1696)
[modifier | modifier le code]En 1675, quelques années après la mort de Christophe Martin, Madame de Miramion (Marie Bonneau de Rubelles, dame de Miramion, 1629-1696), qui a secondé Vincent de Paul (1581-1660) dans ses œuvres de charité, achète l’hôtel.
Surnommée par Madame de Sévigné (1626-1696), « mère de l’Église », très pieuse, elle a décidé à la suite d'un veuvage précoce (elle n'a que 16 ans quand elle devient veuve après sept mois de mariage) de se consacrer à Dieu, aux pauvres et à l’éducation des filles. Après avoir fondé en 1662 la communauté de la Sainte Famille, composée de sept à huit personnes, vouée aux soins des malades et à l’instruction des petites filles pauvres, elle décide de la réunir à celle des Filles de Sainte Geneviève, fondée près de trente ans auparavant par Mademoiselle de Blosset.
Elle installe la nouvelle communauté dans l’hôtel qu’elle vient d’acquérir, devenu l'hôtel de Miramion. Les membres de la communauté sont dès lors couramment appelées « les miramiones ».
Madame de Miramion meurt en 1696, mais la communauté continue d’y vivre jusqu'à la Révolution française.
Le couvent des miramiones : une communauté laïque charitable et enseignante (1675-1794)
[modifier | modifier le code]Unies par le désir de se consacrer à Dieu et aux autres, les miramiones se consacrent à l’instruction, à l’éducation religieuse et aux soins des pauvres et des malades.
- L’instruction :
- Enseignement des petites filles de la paroisse : trois classes externes gratuites de 50 enfants
- Formation des maîtresses d’écoles
- Conférences aux femmes et aux filles de l’Hôtel-Dieu
- Instruction des femmes de la campagne logées et nourries gratuitement à l’occasion des retraites.
- L’éducation religieuse :
- Organisation de retraites
- Organisation de séances de catéchisme
- Les soins aux pauvres et aux malades de la paroisse :
- Pansements, saignées et distributions de remèdes
- Distributions de soupes
- Transport des blessés à l’Hôtel-Dieu et visite de malades
- Fabrication de remèdes, onguents à partir des simples cultivées dans le jardin, ou autres préparations comme le « céroène »[2] ou « emplâtre des Miramiones », destiné à calmer les douleurs liées à un effort violent (fabriqué avec de la résine de pin, de la poix navale, de la cire jaune, du suif de mouton, de la terre bolaire, de la myrrhe, de l'oliban et du minium)[3].
Règles de la vie communautaire
Elle sont calquées sur les règles des Dames de la Charité :
- Admission à partir de 18 ans au plus tôt
- Programmation stricte des activités quotidiennes entre 5 h du matin et 9 h 30 du soir
- Conservation du nom patronymique
- Port d’un vêtement discret et modeste
- Chambre particulière (il y a trente-sept cellules individuelles)
- Autorisation de recevoir des personnes extérieures dans un parloir
- Participation aux activités de la paroisse (à l’origine[pas clair] il n’y a pas de chapelle dans l’hôtel).
Période de la Révolution française (1789-1799) et de l'Empire (1804-1814)
[modifier | modifier le code]D’abord épargnée par les mesures de nationalisation des biens du clergé prises en 1789-1790 par l'Assemblée nationale constituante au début de la Révolution française, la communauté est dissoute en 1794, sous la Première République.
Ses locaux sont affectés à des ateliers d’armement et au logement des travailleurs.
En 1812, sous le Premier Empire, le Conseil général des hospices décide d’y transférer la pharmacie générale des hospices, installée depuis 1796 dans l’ancien hôpital des Enfants-Trouvés, sur l’Île de la Cité.
De la fin du Premier Empire à la vente de 2012
[modifier | modifier le code]La pharmacie centrale des hospices, puis de l'AP-HP, occupe l’hôtel de Miramion pendant environ 150 ans.
L'hôtel héberge aussi le musée de l'AP-HP à partir de 1934.
Le musée est fermé le en raison de la mise en vente de l'hôtel afin de permettre à l'AP-HP de dégager des ressources financières pour investir dans la modernisation des hôpitaux[réf. nécessaire]. L'hôtel est mis en vente par appel d'offres (surface utile de 3 820 m²).
Depuis septembre 2012
[modifier | modifier le code]L'hôtel est racheté en [4] et les nouveaux propriétaires le renomment « Enclos des Bernardins »[5].
Du 7 au , le magazine AD organise une exposition "AD intérieurs 2013, métamorphose[6],[5]"[7] présentée dans l'Enclos des Bernardins[5],[7]
L'exposition met en "scène le talent de 15 décorateurs conviés à métamorphoser un hôtel particulier du XVIIe siècle, entre cour et jardin. Une demeure parisienne agencée comme un véritable lieu de vie, que découvre le visiteur en parcourant salons, chambres à coucher, salles à manger..." [7].
En 2016, l'hôtel est de nouveau mis en vente[8].
Annexes
[modifier | modifier le code]Un monument protégé depuis 1926
[modifier | modifier le code]L'hôtel de Miramion est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [1].
Sous l'impulsion du ministre des Beaux-Arts[Qui ?] du gouvernement d'Daladier[Lequel ?] : « les façades sur cour et sur jardin, le plafond à poutres peintes et les boiseries » sont protégées au titre des monuments historiques.
Le siège du musée de l'AP-HP (1934-2012)
[modifier | modifier le code]L’installation en 1934 du musée de l'AP-HP, juste créé, est une étape importante de la mise en valeur de cet ensemble architectural.
Le Musée de l'AP-HP est le musée hospitalier le plus ancien en France, celui dont les collections sont les plus représentatives de l'histoire hospitalière.
Musée de France, il a recueilli plus de 10 000 œuvres, objets et documents dont la diversité témoigne des nombreux aspects de la vie hospitalière. L’histoire de l'hôpital à Paris depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, y est évoquée dans ses différentes composantes: histoire sociale et religieuse, histoire de la médecine et des professions de santé, histoire des représentations du corps et de la maladie. Parallèlement à la présentation de ses collections permanentes, un jardin des simples ainsi que des faïences permet au visiteur de retrouver les plantes mentionnées dans les collections pharmaceutiques du musée et cultivées pour leurs vertus curatives dans les hôpitaux d’autrefois.
À l’attention de ses visiteurs, le musée permet de mettre en perspective les pratiques de santé actuelles, en repérant les héritages et les ruptures. Il propose également de mieux connaître et comprendre l’hôpital comme miroir des transformations de la société.
Le musée est actuellement fermé. En 2012, il était envisagé de le rétablir à l'Hôtel-Dieu de Paris[4], mais ce projet n'a pas abouti à ce jour.
Galerie
[modifier | modifier le code]- Cour intérieure.
- Jardin des plantes médicinales.
- Instruments chirurgicaux.
- Ancien électrocardiogramme.
- Lit de malade.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 « Hôtel de Miramion (ancien) », notice no PA00088434, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ mot formé à partir des mots grecs anciens κηρός, kêros (« cire ») et οἶνος, oinos (« vin »)
- ↑ Cadet de Gassicourt, Dictionnaires des sciences médicales : par une société de médecins et de chirurgiens, t. IV, Paris, Panckoucke, (lire en ligne), p. 445.
- 1 2 Les Echos, 10 octobre 2012, https://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0202315044888-xavier-niel-acheterait-l-hotel-de-miramion-a-paris-370458.php
- 1 2 3 Mélina gazsi, « Métamorphose à l'Enclos des Bernardins », Le magazine du monde, no article, web : https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2013/09/10/metamorphose-a-l-enclos-des-bernardins_3473856_4497319.html#u6PHEC2TbUR7CLv3.99, , p. 1 (lire en ligne)
- ↑ « 15 décorateurs à l'enclos des bernardins », sur blog.sylvie-lafrance.fr, (consulté le ).
- 1 2 3 « Les décorateurs d’ AD Intérieurs 2013 », sur admagazine.fr, (consulté le ).
- ↑ « Agence immobilière l'Immeuble », sur limmeuble.com, (consulté le ).
- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Céroène » (voir la liste des auteurs).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- François-Timoléon de Choisy, Vie de Madame de Miramion, Paris, Antoine Dezallier, 1706. ** Réimpressions : Paris, 1707 ; Orange, Jules Escoffier, 1838, en ligne sur Gallica
- Jacques Babelon et Claude Hohl, L'Hôtel de Miramion et la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris, 45 à 53 quai de la Tournelle, Paris, Association des Amis de l'Assistance Publique à Paris, 1969
- Françoise Salaün, Accueillir et soigner L'AP-HP, 150 ans d'histoire, Paris, Doin Éditeur/Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, 1999