Louis-Marie de Blignières
| Prieur Fraternité Saint-Vincent-Ferrier | |
|---|---|
| - | |
Dominique-Marie de Saint-Laumer (d) Augustin-Marie Aubry (d) | |
| Prieur Fraternité Saint-Vincent-Ferrier | |
| - | |
Dominique-Marie de Saint-Laumer (d) |
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Olivier Le Barbier de Blignières |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
Prêtre catholique (depuis le ), théologien |
| Famille | |
| Père | |
| Fratrie |
Odile Delenda (d) Hugues Kéraly Bruno de Blignières |
| Ordres religieux |
Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (jusqu'en ), Prieuré d'études Saint-Thomas-d'Aquin (d) (- |
|---|---|
| Directeur de thèse |
Michel Podgorny (d) |
Olivier de Blignières, en religion Louis-Marie de Blignières, né le à Madrid, est un prêtre catholique, philosophe et théologien thomiste français. De spiritualité dominicaine appartenant à la mouvance traditionaliste, il fonde la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, dont il exerce la charge de prieur de sa création en 1988 jusqu'en 2011, puis de nouveau de 2017 à 2023.
Biographie
[modifier | modifier le code]Fils d'Hervé Le Barbier de Blignières, il naît à Madrid le [1]. Son petit frère Arnaud (Bruno en religion) est également prêtre.
Il fait ses études primaires et secondaires classiques à Paris (1956-1967), puis des études scientifiques supérieures à l'école Sainte-Geneviève de Versailles et à la faculté des Sciences d'Orsay (1967-1972), où il obtient une maîtrise en mathématiques et en physique et un certificat d'études supérieures en astrophysique[2].
Séminaire et jeunes années de prêtre
[modifier | modifier le code]Passé par une phase agnostique, il retrouve la foi durant ses études à la suite des Exercices spirituels d'Ignace de Loyola[2]. Il entre alors dans une communauté bénédictine de Martigny, dans le Valais (1972-1975), puis au séminaire d'Écône, auprès de la Fraternité Saint-Pie-X.
Il est ordonné prêtre le par Marcel Lefebvre[2]. Progressivement, il suit les idées du frère dominicain Michel-Louis Guérard des Lauriers et se montre critique notamment envers la liberté religieuse de Vatican II[3].
Arrivée en Mayenne : le prieuré d'études Saint-Thomas-d'Aquin
[modifier | modifier le code]En , il fonde au château de Ropiteau à Chémeré-le-Roi le prieuré d'études Saint-Thomas-d'Aquin[4] avec d'autres jeunes hommes[5],[6]. Il reçoit peu après l'habit dominicain du père Guérard des Lauriers mais s'en sépare en 1982, lorsqu'il apprend le sacre épiscopal illégal de ce dernier[7].
Parallèlement, il fonde la revue Sedes Sapientiae, destinée à la publication d'articles de sciences religieuses[2],[6].
Au cours des années 1980, les frères se lancent dans une étude des questions doctrinales contestées du concile Vatican II. En 1987, ils annoncent publiquement leur changement de position, notamment sur la déclaration Dignitatis humanae[5]. Louis-Marie de Blignières dira plus tard à ce sujet que « [la déclaration] est faible, équivoque, dangereuse, mais non pas erronée en son enseignement principal », montrant ainsi une continuité possible avec le magistère antérieur, mais aussi les limites de la Déclaration[7].
Fraternité Saint-Vincent-Ferrier
[modifier | modifier le code]Après les consécrations illicites de Marcel Lefebvre en , Louis-Marie de Blignières et d'autres prêtres — notamment de la future Fraternité sacerdotale Saint-Pierre — vont à Rome demander au cardinal Ratzinger et à Jean-Paul II dans quelles mesures le motu proprio Ecclesia Dei pouvait s'appliquer à leurs fondations[8]. Finalement, le Prieuré obtient la reconnaissance canonique du Saint-Siège et la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier est érigée le en institut religieux de droit pontifical[7].
Afin d'asseoir la communauté, le Saint-Siège lui permet d'exercer sans discontinuité la fonction de prieur jusqu'en 2011. À cette date, conformément à la tradition dominicaine, il ne peut être élu à la tête de la communauté, les mandats n'étant pas renouvelables. Le père Dominique-Marie de Saint-Laumer[9] lui succède tandis que le père de Blignières devient régent des études de la Fraternité. En 2017, il est élu prieur par le chapitre général de la Fraternité, retrouvant ainsi sa mission initiale[10].
Il soutient une thèse de doctorat de philosophie à la Sorbonne en 2003 sous la direction de Michel Podgorny[11]. Publiée en 2008 sous le titre Le mystère de l'Être : l'approche thomiste de Guérard des Lauriers, elle est saluée par le philosophe Hervé Pasqua[12].
En vue du consistoire extraordinaire prévu les 7 et , Louis-Marie de Blignières écrit un courrier à certains cardinaux, dans lequel il propose de créer un ordinariat personnel, à l'image des ordinariats militaires, en charge des fidèles attachés au missel de 1962[13].
Œuvres
[modifier | modifier le code]En tant qu'auteur
[modifier | modifier le code]- Jean-Paul II et la doctrine catholique : conférence du , Paris, Mutualité, Chémeré-le-Roi, Prieuré d'études Saint-Thomas-d'Aquin, , 45 p. (BNF 35496580).
- Louis-Marie de Blignières et Bernard Lucien, Lettre à quelques évêques sur la situation de la sainte Église et Mémoire sur certaines erreurs actuelles... : suivis d'une annexe sur l'opposition entre le concile Vatican II et l'encyclique Quanta cura, Paris, Société Saint-Thomas-d'Aquin, , 127 p. (ISBN 2-904406-00-X, BNF 34741125) et (ISBN 2-904406-02-6) (BNF 34856363).
- L'Enseignement de Jean-Paul II : conférence du , Paris, Mutualité, Paris, Société Saint-Thomas-d'Aquin, , 40 p. (ISBN 2-904406-01-8, BNF 34723458).
- Instructions sur les fins dernières, Paris, Société Saint-Thomas-d'Aquin, , 123 p. (ISBN 2-904406-03-4, BNF 34754615).Réédition revue et corrigée chez Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », Bouère, 1994 sous le titre Les fins dernières, 140 p. (ISBN 978-2-85652-196-0) (BNF 35741016).
- Le mystère de l'Être : l'approche thomiste de Guérard des Lauriers (préf. Serge-Thomas Bonino, O.P.), Paris, J. Vrin, coll. « Bibliothèque thomiste » (no LX), , 454 p. (ISBN 978-2-7116-1965-8, BNF 41271776).Publication de la thèse en philosophie soutenue en 2003 à Paris-Sorbonne sous la direction de Michel Podgorny, sous le titre La quête de la Ratio Entis : un itinéraire thomasien, 704 p..
- De Marie à la Trinité : méditations sur les mystères du Rosaire (préf. Henri Brincard, C.R.S.A.), Poitiers, Dominique Martin Morin, , 85 p. (ISBN 978-2-85652-320-9, BNF 44247218).
- Le mystère du Christ (préf. Albert Vanhoye, S.J., Imprimatur de Thierry Scherrer), Poitiers, Dominique Martin Morin, , 221 p. (ISBN 978-2-85652-340-7, BNF 44247177).
- Louis-Marie de Blignières (dir.), Priorités éducatives, Poitiers, Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », , 269 p. (ISBN 978-2-85652-347-6, BNF 44247159).Choix d'articles parus dans la rubrique « urgences éducatives » de la revue Sedes Sapientiae.
- Le Rosaire dans ma vie (préf. Robert Sarah), Poitiers, Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », , 146 p. (ISBN 978-2-85652-368-1, BNF 45164371).
- Le Saint-Esprit dans ma vie (préf. David Macaire, O.P.), Poitiers, Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », , 74 p. (ISBN 978-2-85652-392-6, BNF 45352832).
- La mort et l'au-delà (préf. Roland Minnerath), Poitiers, Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », , 109 p. (ISBN 978-2-85652-402-2, BNF 45579132).
- Le courage de la paternité (préf. Jean de Viguerie), Poitiers, Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », , 260 p. (ISBN 978-2-85652-407-7, BNF 45670356).
- Le christianisme est crédible (préf. André Léonard), Poitiers, Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », , 210 p. (ISBN 978-2-85652-418-3, BNF 45786580).Couverture alternative avec le titre Le christianisme est-il crédible ?.
- Au jardin de l'être : un itinéraire métaphysique, Chémeré-le-Roi, Société Saint-Thomas-d'Aquin, , 272 p. (ISBN 979-837353505-2).
- L'Église catholique est crédible (préf. Robert Sarah), Poitiers, Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », , 185 p. (ISBN 978-2-85652-470-1, BNF 47627800).
- La vie en Christ : avec les Pères de l'Église et saint Thomas d'Aquin (préf. David Macaire, O.P., Imprimatur de Matthieu Dupont), Poitiers, Dominique Martin Morin, coll. « Sedes Sapientiae », , 328 p. (ISBN 978-2-85652-510-4).
Autres
[modifier | modifier le code]- Jean de la Croix (trad. Louis-Marie de Blignières), Au commencement, le Verbe : romance traduit et commenté par Louis-Marie de Blignières, Genève, Ad Solem, , 64 p. (ISBN 978-2-940090-73-0).
- Hugues Kéraly (préf. Louis-Marie de Blignières), La conviction du sens : essais, chroniques et témoignages d'un philosophe chrétien, Paris, Éditions de l'Homme nouveau, , 279 p. (ISBN 979-10-97507-63-3, BNF 47689921).
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Olivier Landron, À la droite du Christ : Les catholiques traditionnels en France depuis le concile Vatican II (1965-2015), Paris, Le Cerf, , 262 p. (ISBN 978-2-204-10383-1).
- Yves Chiron, « BLIGNIÈRES, Olivier Le Barbier de [Madrid (Espagne) 11 avril 1949-] », dans Histoire des traditionalistes, Paris, Tallandier, , 639 p. (ISBN 979-10-210-3942-1).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (BNF 11892356)
- 1 2 3 4 Chiron 2022.
- ↑ Landron 2015, p. 89.
- ↑ « Prieuré d'études Saint-Thomas-d'Aquin (Chéméré-le-Roi, Mayenne ; 1979-1988) », sur IdRef (consulté le ).
- 1 2 Christophe Geffroy et Père Dominique-Marie de Saint Laumer, « Le service de la vérité », La Nef, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 « Questions sur l'histoire de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier », sur Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, (consulté le ).
- 1 2 3 « Entretien avec le Père Louis-Marie de Blignières - fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier », L'Homme nouveau, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Frère Louis-Marie de Blignières, FSVF, « Libre entretien sur l'été 1988 (3/5) », Claves, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Le Père Dominique-Marie de Saint Laumer nouveau supérieur général pour la Fraternité Saint-Vincent Ferrier », sur Notre-Dame de Chrétienté, (consulté le ).
- ↑ « Changement de prieur à la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier », sur Notre-Dame de Chrétienté, (consulté le ).
- ↑ Olivier Le Barbier de Blignières, « La quête de la Ratio Entis : un itinéraire thomasien », theses.fr, Paris 4, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Hervé Pasqua, « Louis-Marie de Blignières, Le mystère de l'être. L'approche thomiste de Guérard des Lauriers », Revue Philosophique de Louvain, vol. 108, no 2, , p. 372–375 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Louis-Marie de Blignières, « Lettre aux cardinaux », sur REVUE SEDES - Sedes Sapientiae, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Nom en religion
- Naissance à Madrid au XXe siècle
- Naissance en avril 1949
- Prêtre catholique traditionaliste français
- Prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
- Prêtre catholique français du XXe siècle
- Prêtre catholique français du XXIe siècle
- Fondateur français d'ordre
- Théologien catholique du XXe siècle
- Théologien catholique du XXIe siècle
- Thomiste
- Famille Le Barbier de Blignières
- Prieur du XXe siècle