Panchaea
Panchaea, en grec Παγχαία, aussi Panchée ou Panchaia, est une île utopique, peut-être imaginaire[1], décrite par le philosophe grecque Évhémère, qu'il situe dans la mer Érythrée, près de la côte de l’Arabie heureuse.
Étymologie
[modifier | modifier le code]Le nom Παγχαία est formé à partir de l’adjectif χάϊος, qui signifie étymologiquement « la très vénérable », « la très noble ». Il possèdea doncune valeur programmatique, préfigurant le caractère exceptionnel de l’île[2].
Dans l'Antiquité
[modifier | modifier le code]Elle est rapportée par Évhémère (-316 - -260[3]), qui affirme y avoir fait un séjour enchanteur. Sa description figure dans son ouvrage L'Écriture sacrée, aujourd'hui perdu, mais dont des extraits furent repris postérieurement par plusieurs auteurs.
Polybe : Histoires
[modifier | modifier le code]L’existence ou tout au moins la situation exacte de cette île est contestée. Plusieurs auteurs antiques contestèrent la véracité du récit d’Evhémère. Dans ses Histoires (IIe siècle av. J.-C.), Polybe estime le récit d'Évhémère faux, mais plus crédible que celui de l'explorateur grec Pythéas[4].
Diodore de Sicile : Bibliothèque historique
[modifier | modifier le code]Ainsi, Diodore de Sicile reprend sa description de l'île dans les tomes V[5] et VI de sa Bibliothèque historique (Ier siècle av. J.-C.). Le passage concerné du cinquième tome fournit une longue description :
« XXVIII. De l'Arabie et des îles de la mer qui est àt son midi.
Ainsi, c'est avec justice qu'on a donné le nom d'Arabie Heureuse à la principale de ses provinces. Assez près des rivages de cette contrée, on trouve dans l'océan un grand nombre d'îles, et il y en a trois principales qui méritent une place dans cette histoire. La première s'appelle l'île Sacrée. Il est défendu d'y enterrer les morts, et on les transporte dans l'île voisine qui est la seconde, et qui n'en est éloignée que de sept stades. L'île Sacrée produit peu de fruits, mais en revanche, elle rapporte de l'encens en si grande quantité que ce que l'on en recueille suffit pour le culte que l'on rend aux dieux par toute la terre. On y trouve aussi beaucoup de myrrhe et différents autres parfums qui répandent tous une excellente odeur. L'arbre qui porte l'encens est fort bas et semblable à la fève blanche d'Égypte, sa feuille ressemble à celle du saule, et sa fleur est de couleur d'or. L'encens sort de cet arbre en forme de larme. La figure de l'arbre qui porte la myrrhe, approche fort de celle du lentisque, mais ses feuilles sont beaucoup plus minces et plus serrées, et la myrrhe découle de ses racines, quand on a creusé la terre à l'entour. Dans le terroir le plus favorable, ces arbres rapportent deux fois par an, savoir au printemps et en été, mais le suc qui en découle dans cette dernière saison est de couleur blanche, au lieu qu'au printemps, il est de couleur rousse, à cause de la rosée qui tombe dessus. Les insulaires recueillent le fruit du jonc marin, et il leur sert non seulement de nourriture et de breuvage, mais c'est encore pour eux un excellent remède contre la dysenterie. L'île est partagée entre les habitants, mais le roi en a la meilleure partie et le dixième des fruits que l'on recueille dans les autres, lui appartient encore. On dit que cette île a deux cents stades de largeur. Ses habitants, appelés Panchéens, apportent à la terre ferme leur myrrhe et leur encens et le vendent là à des marchands arabes. D'autres marchands, ayant acheté des Arabes ces marchandises, les transportent dans la Phénicie, dans la Cœlé‑Syrie et dans l'Égypte, d'où enfin on les envoie dans tous les pays du monde. La troisième île, qui est fort grande et qui a plusieurs stades de longueur, est éloignée de l'île Sacrée de trente stades vers l'orient, mais son terrain s'avance beaucoup du même côté. On ajoute que lorsque l'on regarde les Indes du promontoire oriental de cette île, tout ce pays ne paraît que comme une nuée à cause de son grand éloignement.
XXIX. Description particulière de l'île de Panchaïe.
On raconte plusieurs choses mémorables de l'île, qu'on appelle Panchaïe. Elle est habitée non seulement par les naturels du pays, mais encore par des Indiens, par des Scythes et par des Crétois. C'est là qu'est une ville très belle et très riche nommée Panara. Ses citoyens sont appelés les suppliants de Zeus Triphylien. De tous les Panchéens ce sont les seuls qui aient des lois qui leur soient particulières. Ils n'obéissent à aucun roi, mais tous les ans ils élisent trois magistrats à qui appartiennent tous les jugements qui ne vont pas à la mort, mais ils renvoient les causes capitales aux prêtres. Le temple de Jupiter Triphylien, situé dans une plaine, est à soixante stades de Panara. Il est considérable, non seulement par son ancienneté et par ses richesses, mais encore par la beauté du terrain qui l'environne. Le champ sacré est couvert d'arbres de toute espèce, tant fruitiers que stériles, mais tous agréables à la vue. En effet, on y voit des cyprès d'une grande hauteur, des planes, des lauriers et des myrtes, continuellement arrosés par des eaux vives, car dans le bois qui tient au temple, il y a une fontaine qui en jette une si prodigieuse quantité, qu'elle forme non loin de sa source un fleuve déjà navigable. Ces eaux se partageant en plusieurs canaux et arrosant par ce moyen tout le champ sacré, elles y font croître un grand nombre de très beaux arbres qui laissent entre eux des espaces vides où l'on peut s'assembler. La plupart des habitants passent l'été sous ces ombrages, et une infinité d'oiseaux admirables par la variété de leurs couleurs et de leurs chants y viennent faire leurs nids. Enfin, la diversité des plantes et des fleurs qui ornent les jardins et les prairies de cette contrée, en font un séjour délicieux et digne d'être la demeure des dieux mêmes. On y voit aussi de grandes allées de noyers et de palmiers qui fournissent une grande abondance d'excellents fruits. Outre cela, on y trouve quantité de vignes de différentes espèces, qui s'élevant fort haut et diversement entrelacées, surprennent agréablement la vue et forment un paysage charmant.
Le temple de Jupiter Triphylien et ses prêtres
Le temple est superbe et tout bâti de pierres blanches. Sa longueur est de deux arpents sur une largeur proportionnée. Il est soutenu par des colonnes très massives, mais que la sculpture a extrêmement embellies. Les statues des dieux, remarquables par leur grandeur et par leur poids énorme, sont autant de chefs‑d'œuvre de l'art. À l'entour du temple on voit les maisons de ceux qui le desservent, et le frontispice fait face à une avenue longue de quatre stades sur trente toises de large. Les deux côtés de cette avenue sont ornés de grandes statues d'airain posées sur des baies carrées, elle est terminée par les sources qui forment le fleuve dont nous venons de parler. Ses eaux, qui sont fort claires et fort douces, ne contribuent pas peu à la conservation de la santé. On les appelle eaux du soleil. Les sources de ce fleuve sont partout revêtues de pierre blanche jusqu'à la longueur de quatre stades de chaque côté et il n'est permis à aucun homme, excepté aux prêtres, d'entrer dans cette enceinte La plaine où est situé le temple est toute consacrée aux dieux et les revenus en sont destinés aux frais des sacrifices. Cette plaine est terminée par une montagne fort haute et aussi consacrée aux dieux. On la nomme le char d'Ouranos ou l'Olympe Triphylien. On dit qu'autrefois Ouranos, tenant l'empire du monde, se plaisait à venir sur cette montagne contempler le ciel et les astres. Elle fut enfin nommée l'Olympe Triphylien à cause des trois nations qui l'habitent, savoir les Panchéens, les Océanites et les Doïens. Ces derniers furent chassés par Ammon, qui de plus rasa entièrement les villes de Doïa et d'Astérusie qui leur appartenaient. On raconte que tous les ans les prêtres font sur cette montagne un sacrifice plein de cérémonies très religieuses. Au‑delà de cette montagne et dans le reste de la Panchaïe on trouve, dit‑on, des bêtes de toute espèce, comme des éléphants, des lions, des léopards, des chevreuils et quantité d'autres animaux remarquables par leur figure et par leur force. Cette île a encore trois grandes villes, savoir, Hyracie, Dalis et Océanis. Le terroir en est excellent et on y recueille toutes sortes de vins.
Mœurs et coutumes de toute l'île.
Les hommes y sont courageux et combattent sur des chariots à la manière des anciens. Ils sont partagés en trois classes. La première est celle des prêtres, à laquelle on joint celle des artisans. La seconde est celle des laboureurs, et la troisième comprend les soldats et les bergers. Les prêtres gouvernent tout. Ce sont eux qui jugent les procès et dont les ordonnances font la loi publique. Les laboureurs apportent en commun tous les fruits qu'ils ont recueillis, et ceux qui paraissent avoir cultivé leur champ avec le plus de soin sont distingués avantageusement dans le partage qu'on fait des provisions annuelles. Les prêtres nomment le premier, le second, le troisième, jusqu'à dix de ceux qui ont mérité cette distinction pour donner de l'émulation à tous les autres. Tout de même, les pasteurs rendent publiquement en nombre ou en valeur les troupeaux et les victimes dont on leur a confié l'entretien. Car il n'est permis à personne de posséder rien en propre, à l'exception de sa maison et de son jardin. Les prêtres reçoivent tous les revenus de l'état et le partagent également entre les particuliers, en retenant pour eux une double part. Les Panchéens sont habillés d'étoffes très douces, à cause que les brebis de leur île ont la laine beaucoup plus fine que celles des autres pays. Les hommes portent ainsi que les femmes plusieurs ornements d'or comme des colliers, des bracelets et des anneaux qu'ils passent dans leurs oreilles à la façon des perles. Leur chaussure, la même pour tous, est ornée d'un mélange agréable de couleurs. Les soldats partagent entre eux la garde du pays où ils élèvent des forts et des retranchements contre les incursions des voleurs qui occupent un canton de l'île et qui étant adroits et courageux attaquent les laboureurs et leur font une espèce de guerre. Les prêtres se traitent avec beaucoup plus de délicatesse et de somptuosité que le reste du peuple. Leurs habits sont d'un lin très blanc et très fin, et quelquefois d'une laine presque aussi fine que le lin même. De plus, ils ornent leurs têtes de mitres d'or filé, et leurs pieds de sandales faites avec un très grand art. Ils portent sur eux des bijoux d'or en aussi grand nombre que les femmes et surtout des pendants d'oreille. Leur principale occupation est de servir les dieux, de chanter des hymnes en leur honneur et de célébrer en vers leurs actions et les biens dont les hommes leur sont redevables. Ils disent qu'ils tirent leur origine de Crète, et que Zeus, lorsque vivant parmi les hommes il régnait sur toute la terre, les transféra dans l'île de Panchaïe. Pour prouver ce qu'ils avancent, ils font voir qu'ils ont conservé dans leur langue plusieurs mots crétois et qu'ils entretiennent avec ce peuple une amitié et une liaison qui leur ont été recommandées par leurs ancêtres. Ils montrent aussi des caractères que Jupiter, disent‑ils, a tracés de sa propre main, lorsqu'il jeta les premiers fondements de leur temple. La Panchaïe a plusieurs mines d'or, d'argent, d'airain et de fer, mais il n'est pas permis de transporter hors de l'île aucun de ces métaux. Il est même défendu aux prêtres de sortir hors de l'espace consacré aux dieux, et s'ils en sortent, chacun de ceux qui les rencontrent a droit de les tuer. Le temple est rempli d'offrandes d'or et d'argent que la suite des temps a prodigieusement accumulées. Les portes sont ornées d'ouvrages d'or, d'argent, d'ivoire et du bois de l'arbre qui porte l'encens. Le lit du dieu a six coudées de long et quatre de large. Il est d'or massif et d'un travail très recherché et très fini. Sa table n'est pas moins magnifique et elle est presque aussi grande que le lit auprès duquel elle est placée. Au pied du lit, vers le milieu, s'élève une haute colonne d'or dont l'inscription est en caractères que les Égyptiens nomment sacrés. Elle contient l'histoire d'Ouranos, de Zeus, d'Artémis et d'Apollon, le tout écrit de la propre main de Hermès. Nous n'en dirons pas davantage sur les îles voisines de l'Arabie. »
Quant au sixième tome, il est également perdu, mais le passage concernant l'île nous est connu grâce à Eusèbe de Pamphile, qui l'évoque dans La préparation évangélique[6] :
« L'historien Euhemerus, par exemple, nous a donné leurs vies en particulier dans un ouvrage qu'il intitule Histoire sacrée. A l'égard des Mythologistes tels qu'Homère, Hésiode, Orphée et autres poètes, ils leur ont fait faire des actions prodigieuses et surnaturelles : Nous parcourrons en abrégé ce qu'en ont dit ces deux ordres d'écrivains, que l'on pourra comparer entre eux. Euhemerus devenu ami de Cassandre et obligé par cette raison de remplir des commissions de confiance, jusques dans des pays éloignés, vint, dit-on, dans les parties méridionales de l'Arabie heureuse. De là s'embarquant sur l'océan même, il y fit une assez longue navigation , et aborda en plusieurs îles de cette mer. Il en rencontra une entre autres qui s'appelait l'île Panchaïe. Tous les habitants vivaient dans une piété extraordinaire, faisant sans cesse de grands sacrifices aux dieux et apportant souvent dans leurs temples des offrandes d'or et d'argent. L'île entière semblait n'être qu'un temple. Euhemerus admira ce qu'on lui dit de l'ancienneté et ce qu'il vit lui-même de la magnificence de leurs édifices, Nous en avons fait le détail dans les livres précédents. Il y a surtout au sommet d'une colline fort élevée un temple de Zeus Triphylien. On prétend qu'il a été bâti par le dieu même lorsque, n'étant encore qu'un homme, il régnait sur toute la terre. Dans ce temple est une colonne d'or, sur laquelle sont gravées en caractères Panchaïens les principales actions d'Ouranos, de Cronos et de Zeus, Il y est marqué qu'Ouranos le plus ancien roi du monde avoir été un homme juste, bienfaisant, très versé dans la connaissance des astres et le premier qui ait fait des sacrifices aux dieux du Ciel, ce qui lui fit même donner le nom d'Ouranos. Il eut pour fils de sa femme Hestia, Pan et Cronos, et pour filles Rhéa et Déméter, Cronos régna après Ouranos et ayant épousé Rhéa, il en eut Zeus, Héra et Poséidon. Zeus qui succéda au trône de son père épousa Héra, Déméter et Thémis. La première lui donna les Curètes, la seconde, Perséphone et la troisième, Athéna. Étant allé ensuite à Babylone, il y fut reçu par Bélos. De là il passa dans l'île de Panchaïe sur l'Océan et il y dressa un autel en l'honneur d'Ouranos son aïeul. A son retour il vint en Syrie chez Caesius qui pour lors en était roi. C'est celui-ci qui a donné le nom au mont Caesius. Jupiter alla ensuite dans la Cilicie, ou il vainquit en bataille rangée Cilix qui en était le souverain. Il parcourut encore plusieurs autres villes et partout il fut respecté et regardé comme un dieu. Diodore ayant rapporté ainsi ce qu'avait dit Euhemerus au sujet des dieux qui n'avaient été que des hommes, continue et dit : Nous nous contenterons de ce passage d'Euhemerus tiré de son histoire sacrée. Et en faveur de ceux qui sont curieux de savoir ce que les Mythologistes grecs ont pensé de ces mêmes dieux ; voici en abrégé ce qu'on en trouve dans Hésiode, dans Homère et dans Orphée. »
Lygdamus : Élégies
[modifier | modifier le code]L'île est évoquée par Lygdamus (Ier siècle av. J.-C.) dans la troisième de ses Élégies[7].
Virgile : Géorgiques
[modifier | modifier le code]Virgile y fait allusion dans ses Géorgiques (terminé en -29)[8].
Ovide : Métamorphoses
[modifier | modifier le code]Ovide narre l'histoire de Myrrha dans ses Métamorphoses (Ier siècle)[9]. Dans une note de sa traduction, Danièle Robert signale qu'Ovide assimile l'île de la Panchaïe à toute l'Arabie[10].
Strabon : Géographie
[modifier | modifier le code]Strabon reprend l'opinion de Polybe dans sa Géographie (écrite entre 20 et 23)[11].
Pline l'Ancien : Histoire naturelle
[modifier | modifier le code]L'Histoire naturelle de Pline l'Ancien envisage l'hypothèse que c'est de Panchaïe que vient l'art de couler l'or[12].
Pomponius Méla : De situ orbis
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D’après Pomponius Méla dans son De situ orbis (Ier siècle), les Panchéens habitaient, non pas une île, mais une contrée située sur la côte africaine de la mer Érythrée, au delà du golfe Arabique. Ce peuple est qualifié d'ophiophage car se nourrissant de serpents[13].
Plutarque : Isis et Osiris
[modifier | modifier le code]Dans sa diatribe Isis et Osiris (Œuvres morales, Ier-IIe siècles), Plutarque traite carrément Evhémère d'imposteur, soulignant que personne d'autre que lui n'a abordé cette fameuse île[14].
Après l'Antiquité
[modifier | modifier le code]Louis de Jaucourt consacre deux entrées de l'Encyclopédie (tome 11, 1765) à Panchée[1] et sa grande ville Panara[15]. Reprenant les descriptions fournies par « Echemere [sic] » et rapportée par Diodore de Sicile, il décrit ces lieux, en regrettant qu'ils n'existent pas. Il s'appuie sur les avis de Callimaque, Ératosthène, Polybe et Plutarque. Ce qui n'a pas empêché, note-t-il, des poètes tels que Virgile, « d’orner leurs ouvrages de cette région imaginaire ».
Pierre Larousse, dans son Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, lui consacre aussi une entrée et préfère dire que son existence est très contestée, citant à peu près les mêmes auteurs. Il complète toutefois que, dans les temps modernes, quelques géographes croient retrouver Panchæa dans l’île Massera, sur la côte orientale de l’Arabie, au sud du cap Rasalgat[16].
Source
[modifier | modifier le code]- Pierre Larousse, « Panchaea », dans Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. XII, Paris (lire en ligne)
- Diodore de Sicile, Bibliothèque historique
Voir aussi
[modifier | modifier le code]- Jambule et ses îles du Soleil
Liens externes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 « Panchée », dans Louis de Jaucourt, L’Encyclopédie, t. 11, (lire en ligne), p. 811
- ↑ Sébastien Montanari, « Utopie et religion chez Évhémère », Kentron, , p. 79-104 (lire en ligne)
- ↑ Fernand Robert, La religion grecque, vol. 105, Gallimard, , 127 p. (ISBN 2-13-044672-8), p. 5
- ↑ "Mais un particulier, et un particulier peu riche, comme Pythéas, a-t-il donc pu faire des voyages de si long cours, tant par terre que par mer ? Comment Ératosthène, doutant s’il devait en général ajouter foi aux relations de ce navigateur, les adopte-t-il en particulier à l’égard de la Bretagne, de Gadès et de l’Ibérie ? Autant et mieux vaudrait s’en rapporter à Évhémère de Messine : au moins celui-ci ne prétend-il avoir été par mer que dans une seule contrée inconnue, dans la Panchaïe ; l’autre se donne pour avoir visité toute l’Europe septentrionale jusqu’aux bornes du monde. Hermès lui-même se vantât-il d’en avoir fait autant, on ne le croirait pas. Toutefois, Ératosthène, qui traite Évhémère de bergéen, veut croire aux récits de Pythéas, et cela quand Dicéarque lui-même n’y croit pas." Polybe , Histoires , livre XXXIV, III (lire en ligne)
- ↑ Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, tome V (XXVIII - XXIX), lire en ligne.
- ↑ Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, tome VI (fragments), lire en ligne.
- ↑ Lygdamus, Élégies, livre III, partie II (lire en ligne, en latin).
- ↑ "Mais ni la Médie si riche en forêts, ni le Gange et ses belles rives, ni l'Hermus qui roule un limon d'or, ni la Bactriane, ni l'Inde, ni la Panchaïe tout entière, avec ses sables où vient l'encens, ne le disputeraient en merveilles à l'Italie" Virgile, Géorgiques, livre II (lire en ligne)
- ↑ « Myrrha fuit épouvantée. Les ténèbres la protègent ; elle échappe à la mort. Elle erre dans les campagnes; elle traverse celles de l'Arabie fertile en palmiers, celles de Panchaïe. Elle voit neuf fois croître et décroître le disque de Phébé. Enfin, succombant sous le poids de son sein et de ses longues courses, elle s'arrête aux champs de la Sabée. » Ovide, Métamorphoses, livre X, 476 (lire en ligne)
- ↑ Danièle Robert, note de sa traduction des Métamorphoses d'Ovide chez Actes Sud (2001), p. 453.
- ↑ "N'eût-il pas mieux valu cent fois, dit Polybe, croire au récit du Messénien ? Celui-ci du moins ne s'est vanté que d'une seule découverte, de sa navigation à l'île de Panchaia, tandis que l'autre prétend avoir atteint aux limites mêmes du monde et avoir exploré toute la région septentrionale de l'Europe, allégation qu'on ne croirait même pas sortant de la bouche d'Hermès. " Strabon, Géographie, livre II, chapitre IV, 2 (lire en ligne)
- ↑ « les mines d'or et l'art de couler ce métal, par Cadmus le Phénicien, au mont Pangée ; suivant d'autres, par Thoas et Éaclis dans la Panchaïe, ou par Sol, fils de l'Océan, à qui Gellius attribue aussi l'usage du miel dans la médecine. », Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Livre VII, LVII. [6] (lire en ligne)
- ↑ Pomponius Mela, De situ orbis (ou De chorographia), livre III, 81 (lire en ligne, en latin)
- ↑ "c'est enfin donner comme une sanction manifeste aux impostures de cet Evhémère de Messine qui, en imaginant les fables les plus absurdes, les plus destituées de fondement, a semé l'impiété dans tout l'univers par son audace à effacer en quelque sorte les noms de tous ces dieux généralement reçus qu'il transforme en rois, en princes, en généraux d'armée, qui ont, dit-il, existé dans des temps fort éloignés, et dont il a trouvé les noms écrits en lettres d'or dans l'île de Panchée. Cependant, jamais aucun Barbare ni aucun Grec n'en a eu connaissance , et il faudra croire que le seul Evhémère a abordé dans cette île des Panchéens et des Triphylliens, peuples qui n'existent et n'ont jamais existé nulle part. " Plutarque, Œuvres morales : Isis et Osiris, 23 (lire en ligne)
- ↑ « Panara », dans Louis de Jaucourt, Encyclopédie, t. 11, (lire en ligne)
- ↑ Pierre Larousse, « Panchaea », dans Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. XII, Paris (lire en ligne)