Sperindio Bertoldo
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Sperindio Bertoldo, né vers 1530 à Modène et mort le à Padoue, est un organiste et compositeur italien.
Biographie
[modifier | modifier le code]Sperindio Bertoldo est le premier organiste de la cathédrale de Padoue[1]. Il fait publier deux livres de madrigaux à cinq voix à Venise, en 1561 et en 1562[1]. Le premier livre comprend un Echo a sei voci ainsi qu'un Diologo a otto voci[1]. On retrouve d'autres madrigaux du compositeur dans un recueil de Cyprien de Rore et d'Annibale Padovano[1]. De plus, ses Toccate, ricercari e canzoni francese... per sonar d'organo sont publiées à titre posthumes en 1591[1]. On trouve également deux ricercari pour orgue dans L'Arte musicale in Italia de Luigi Torchi[1].
Œuvre et réception critique
[modifier | modifier le code]L'œuvre conservée de Sperindio Bertoldo se limite à quatre recueils imprimés à Venise, deux de musique vocale publiés de son vivant et deux de musique pour clavier publiés à titre posthume[2]. Les madrigaux paraissent chez Antonio Gardano : Il primo libro di madrigali a cinque voci con un echo a sei voci, et un dialogo a otto voci en 1561 et Il secondo libro di madrigali a cinque voci en 1562[2]. Les pages de titre les présentent comme « seconda parte » et « terza parte », sans qu'aucune première partie ne soit attestée[2].
Les deux volumes pour orgue sont édités en 1591 par Giacomo Vincenti : Canzoni francese intavolate per sonar d'organo et Toccate, ricercari et canzoni francese intavolate per sonar d'organo[2]. Dans sa préface, Vincenti indique publier ces pièces « intabulées avec aisance d'après la fine mémoire de Sperindio Bertoldo, qui fut organiste en la magnifique cité de Padoue » et les associe aux noms de Claudio Merulo, d'Andrea Gabrieli et de Gioseffo Guami[2].
Sur le plan stylistique, ces recueils illustrent les trois formes principales du clavier italien du milieu du XVIe siècle : la toccata, le ricercare et la canzona[2]. Les toccatas de Bertoldo se distinguent de celles de l'école vénitienne par leur brièveté, 42 mesures pour la Tocata prima et 30 mesures pour la seconde, et par une écriture essentiellement accordale, avec un emploi mesuré de la diminution et de rares interventions imitatives[2]. Cette économie de moyens le place, selon la musicologie moderne, comme un chaînon entre Marco Antonio Cavazzoni et son fils Girolamo Cavazzoni d'une part, et les Vénitiens plus tardifs d'autre part[2].
Les ricercari adoptent également des dimensions réduites, 40 mesures pour le Sesto Tuono, 64 mesures pour le Primo Tuono et 56 mesures pour le Terzo Tuono, et reposent le plus souvent sur un sujet unique, à l'exception du Terzo Tuono qui en expose trois[2]. L'exemplaire conservé à Bâle porte la mention manuscrite Totum ex Hann. Padovani Ric. gestohlen : il s'agit d'une intabulation abrégée du Ricercar del terzo tuono d'Annibale Padovano publié en 1556, dont Bertoldo supprime deux épisodes centraux[2].
Les canzoni françaises, à l'exception de la première, sont des intabulations de chansons alors célèbres : Ung gay bergier de Thomas Crecquillon, Or vien ça vien et Petite fleur de Clément Janequin, Frisque et gaillard de Clemens non Papa[2]. Elles adoptent une forme ternaire de type ABA dont la section centrale est systématiquement en proportion 3:2[2].
La réception critique moderne replace Bertoldo dans le contexte de l'école lombarde, longtemps éclipsée aux XVIe siècle et XVIIe siècle par les écoles vénitienne et romaine[2]. C'est dans cette relative obscurité qu'apparaissent, avec ses canzoni, les premiers exemples de pièces instrumentales conçues comme telles et non comme simples transcriptions de modèles vocaux[2].
Références
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Theodore Baker et Nicolas Slonimsky (trad. Marie-Stella Pâris, préf. Nicolas Slonimsky, édition adaptée et augmentée par Alain Pâris), « Sperindio Bertoldo », dans Dictionnaire biographique des musiciens [« Baker's Biographical Dictionary of Musicians »], Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (réimpr. 1905, 1919, 1940, 1958, 1971, 1978, 1984, 1992) (1re éd. 1900), 4 728 p.

Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la musique :