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Thomas Stafford

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Thomas Stafford
Thomas Stafford le 12 avril 1972.
Thomas Stafford le .

Nationalité Américaine
Sélection Groupe 2 de la NASA (1962)
Naissance
Weatherford (Oklahoma, États-Unis)
Décès (à 93 ans)
Satellite Beach (Floride, États-Unis)
Grade Lieutenant général
Durée cumulée des missions 21 j 3 h 44 min
Mission(s) Gemini 6
Gemini 9
Apollo 10
Apollo-Soyouz
Insigne(s)

Thomas Patten Stafford, dit Tom Stafford, né le à Weatherford (Oklahoma) et mort le à Satellite Beach (Floride), est un officier de l'United States Navy, pilote d'essai et astronaute américain.

Après avoir obtenu son diplôme de l'Académie navale d'Annapolis, Stafford entame une carrière de pilote de chasseur à réaction dans l'aéronavale puis devient pilote d'essai. Il fait partie du deuxième groupe d'astronautes sélectionné en 1962 par l'agence spatiale américaine, la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Il est ainsi membre de l'équipage des missions Gemini 6A et Gemini 9 du programme Gemini. Dans le cadre du programme Apollo , il est le commandant d'Apollo 10 ultime répétition avant la mission Apollo 11 qui amène pour la première fois des hommes à la surface de la Lune.

En 1975, Stafford est commandant de la mission Apollo-Soyouz, la première mission spatiale conjointe entre l'Union soviétique et les États-Unis. Brigadier général au moment de la mission, il devient ainsi le premier Général à voler dans l'espace. Officier remarquable, il est le premier membre de sa promotion de l'Académie navale à obtenir les première, deuxième et troisième étoiles d'officier général.

Il participe finalement à six rendez-vous spatiaux et cumule 507 heures dans l'espace. Au cours de sa carrière, il pilote plus de 120 types d'aérodynes et trois types d'engins spatiaux.

Enfance et études

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Deux North American T-6 Texan volant en 1943.

Thomas Patten « Tom » Stafford naît le [note 1] à Weatherford dans l'Oklahoma. Il est le fils de Thomas Sabert Stafford, dentiste, et de Mary Ellen Stafford (née Patten), enseignante. Son père est diagnostiqué d'un cancer de la peau en 1944 et meurt le . Sa mère est restée à Weatherford jusqu'à sa propre mort en .

Tom Stafford s'intéresse à l'aviation après le début de la Seconde Guerre mondiale car El Reno, une ville proche, dispose d'une base d'entraînement de l'armée de l'air. Il commence à fabriquer des modèles réduits d'aéronefs et effectue son premier vol à l'âge de quatorze ans dans un Piper Cub. Il fréquente la Weatherford High School et y obtient son diplôme en 1948[1].

En dernière année de lycée, Stafford est recruté pour jouer au football américain à l'université de l'Oklahoma, où il reçoit une bourse d'études du Corps de formation des officiers de la réserve navale (NROTC). Stafford présente sa candidature à l'Académie navale d'Annapolis et est accepté dans la promotion de 1952. Stafford a l'intention de jouer au football pour l'équipe des Midshipmen de la Navy, mais il se blesse au genou lors d'une séance d'entraînement avant le début de la saison. Après sa première année, il navigue à bord du cuirassé USS Missouri où son compagnon de chambre est son futur pilote du module de commande et de service Apollo pour la mission Apollo 10, John Young. Après sa deuxième année, Stafford passe un été à la base aéronavale de Pensacola où il apprend l'aéronautique navale et pilote le North American T-6 Texan. Lors d'un voyage de retour à Weatherford, Stafford commence à fréquenter sa future femme, Faye Shoemaker. Après sa troisième année, il sert à bord de l'USS Burdo, un destroyer escortant l'USS Missouri. En , au cours d'un permission au cours de sa quatrième année, Stafford se fiance à Faye. Au printemps 1952, il est sélectionné via une loterie pour rejoindre l'United States Air Force (USAF) après l'obtention de son diplôme[note 2]. Il reçoit ce dernier, en sciences, avec mention en 1952. Il est par la suite nommé sous-lieutenant de l'United States Air Force[2],[3].

Carrière militaire

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Avant d'obtenir son diplôme d'études secondaires, Stafford sert dans la 45e division d'infanterie de la garde nationale de l'Oklahoma. Peu de temps après, il est muté au 158th Field Artillery Regiment (en) où il trace des cibles pour les tirs d'artillerie[4].

Un North American F-86 Sabre.

Stafford assiste à la première phase de formation des pilotes à la base aérienne de Greenville (futur aéroport régional Mid Delta) dans le Mississippi, puis à la base aérienne de San Marcos (futur aéroport régional de San Marcos) et à la base aérienne James Connally de Waco au Texas où il pilote de nouveau le North American T-6 Texan mais également le Lockheed T-33 Silver Star. En mission d'entraînement à la base aérienne de San Marcos, il est impliqué dans une collision en vol avec un autre élève pilote. Stafford et son instructeur réussissent à atterrir, mais l'autre élève-pilote y trouve la mort.

Il obtient son diplôme de formation de pilote le et poursuit à la base aérienne Tyndall pour une formation sur le North American F-86 Sabre. En 1954, Stafford il est affecté au 54th Fighter Squadron à la base aérienne d'Ellsworth[3] où il pilote le F-86 Sabre pour des missions de défense de l'Arctique. En 1955, Stafford est transféré au 496th Tactical Fighter Squadron (en) à la base aérienne Hahn (future aéroport de Francfort-Hahn) en Allemagne de l'Ouest[3], effectuant à nouveau des missions d'interception sur F-86 Sabre. En outre, il occupe le poste d'agent de maintenance adjoint, ce qui l'amène à postuler à l'école des pilotes d'essai de l'United States Air Force à la base aérienne Edwards en Californie[5],[3].

En 1958, Stafford étudie dans cette école où il termine premier de sa promotion et reçoit le prix A. B. Honts[3]. Après avoir obtenu son diplôme, il reste à la base aérienne Edwards en tant qu'instructeur de vol. Tout en travaillant avec les militaires, Stafford créé à côté le premier poste d'instructeur civil de l'école pour assurer la continuité de la formation et a co-écrit le Pilot’s Handbook for Performance Flight Testing (« Manuel du pilote pour les essais en vol ») et l’Aerodynamics Handbook for Performance Flight Testing (« Manuel d’aérodynamique pour les essais en vol »)[3],[6]. À la fin de son contrat, Stafford est accepté à la Harvard Business School (HBS) et est transféré à Boston dans le Massachusetts en [7].

Carrière d'astronaute

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Le groupe d'astronautes 2 le . Au fond : Elliot See, James McDivitt, James Lovell, Edward White et Tom Stafford. Devant : Charles Conrad, Frank Borman, Neil Armstrong et John Young.

Trois jours après son arrivée à Boston, le , il est accepté dans le groupe d'astronautes 2 pour devenir astronaute à la National Aeronautics and Space Administration (NASA)[3]. Il avait passé des entretiens et examens médicaux au cours de l'été 1962 à la base aérienne Brooks et à Houston. Le groupe d'astronautes 2 compte huit autres futurs astronautes dont Neil Armstrong[8].

Programme Gemini

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Stafford doit initialement voler avec Alan Shepard pour la première mission habitée du programme Gemini, Gemini 3, mais il est remplacé lorsque Shepard se retire de la rotation après un diagnostic de maladie de Menière, une maladie de l'oreille interne. Stafford étant associé à Walter Schirra en tant que, respectivement, pilote et commandant, la paire est réaffectée en tant qu'équipe de réserve pour Gemini 3 et d'équipe principale pour Gemini 6[9].

Tom Stafford et Walter Schirra le .

Le but initial de la mission Gemini 6 est de réaliser un accostage avec une fusée Agena. Le , Schirra et Stafford se trouvent à bord de Gemini 6 avant le décollage lorsque le véhicule Agena explose lors de son ascension. Après l'annulation de la mission d'origine, Gemini 6 devient Gemini 6A et est redéfinie pour réaliser un rendez-vous spatial avec Gemini 7, une mission de longue durée. Gemini 7 décolle le et le , Gemini 6A a un défaut d'allumage qui provoque l'arrêt immédiat du moteur et l'annulation du lancement. Schirra et Stafford ne décollent donc pas et la cause de l'arrêt est déterminée comme étant un problème électrique et une vanne laissée close par inadvertance sur une conduite de carburant[10].

Le , Gemini 6A décolle finalement et réalise son rendez-vous avec Gemini 7. Les deux engins spatiaux restent pendant environ cinq heures à une dizaine de mètres l'un de l'autre. Le , la mission finie, Gemini 6A est récupérée en mer par l'USS Wasp[11].

Avant Gemini 6A, Stafford est nommé commandant de réserve de la mission Gemini 9 et Eugene Cernan, pilote de réserve. Charles Bassett et Elliot See sont l'équipage principal. Le , ces deux aspirants astronautes prennent l'avion pour Saint-Louis afin de se rendre sur le site de montage de McDonnell Douglas pour leur capsule Gemini. L'avion de Bassett et See s'écrase et ils meurent dans la catastrophe. Stafford et Cernan deviennent alors l'équipage principal de Gemini 9, avec James Lovell et Buzz Aldrin pour équipage de réserve[12].

Thomas Stafford et Eugene Cernan pour Gemini 9 le .

Le , une fusée Agena dévie de son parcours de lancement et est détruite avant d'entrer en orbite. Comme il n'y a pas de fusée Agena de remplacement, le nouvel objectif de la mission est de tester une nouvelle technologie nommée l’Augmented Target Docking Adapter (ATDA) grâce à un autre véhicule Gemini mis en orbite avec succès le . Le lancement de Gemini 9, prévu pour plus tard le même jour, est annulé en raison de une erreur informatique. Gemini 9 — renommée Gemini 9A — est finalement lancé avec succès le et réalise un rendez-vous spatial avec l'ATDA à la deuxième orbite. Cependant, le véhicule d'ATDA n'est que partiellement ouvert et Gemini 9 ne peut s'y connecter. Stafford et Cernan effectuent malgré tout l'essentiel des manœuvres souhaitées, notamment le sauvetage simulé d'un module lunaire en orbite inférieure[13].

Le lendemain, Cernan tente une sortie extravéhiculaire avec pour mission principale de tester l'unité de propulsion d'astronaute. Après avoir quitté la capsule spatiale, Cernan connaît rapidement des problèmes de mobilité, suivis par des problèmes de communication. La sortie est interrompue et Cernan revient à la capsule après deux heures. Le , Gemini 9A est récupérée avec succès en mer par l'USS Wasp[14].

Programme Apollo

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L'équipage d'Apollo 10 : Eugene Cernan, John Young et Tom Stafford devant une fusée Saturn V à la base de lancement de Cap Canaveral.

Après Gemini 9A, Stafford est affecté en tant que pilote du module de commande et de service Apollo sur la mission Apollo 2, avec Frank Borman en tant que commandant et Michael Collins en tant que pilote du module lunaire Apollo. Pour cette mission, Stafford est chargé de la liaison avec les astronautes pour le développement des systèmes de guidage et de navigation Apollo, ainsi que du module de commande et de service. À la fin de l'année 1966, il est réaffecté au poste de commandant de réserve d'Apollo 2, avec John Young en tant que pilote du module de commande et de service et Eugene Cernan en tant que pilote du module lunaire. Lors du test du module de commande, ils sont informés de l'incendie d'Apollo 1 (AS-204) lors d'un entraînement, de la mort des trois astronautes présents et de la suspension temporaire du programme Apollo[15],[16].

Au printemps 1968, le chef du Bureau des astronautes Deke Slayton annonce que l'équipe de réserve pour Apollo 2 devient l'équipe principal de la mission Apollo 10 dans le cadre de la rotation mise en place. En prévision de la mission, Stafford aide à concevoir une caméra couleur remplaçant la caméra noir et blanc granuleuse existante car il estime que la sensibilisation du public est un aspect essentiel de la mission[17]. Le module de commande et de service est surnommé Charlie Brown tandis que le module lunaire est surnommé Snoopy d'après les personnages du comic strip Peanuts[18].

Apollo 10 décolle le . Malgré de fortes oscillations au cours de l'ascension, Apollo 10 réussi à orbiter sans encombre et amarre avec succès ses deux modules. L'injection trans-lunaire est également réussie. À leur arrivée en orbite lunaire, Stafford et Cernan se désancrent du module de commande et de service et entrent dans une orbite elliptique avec une périapside (la distance la plus proche) d'un peu plus de 14 kilomètres au-dessus de la surface lunaire. Pour permettre la reconnaissance du lieu d'atterrissage prévu pour la future mission Apollo 11, la descente coïncide avec la mer de la Tranquillité. Lors de l'ascension, le module lunaire commence à tourner rapidement à cause d'un commutateur mal aligné dans le système de guidage d'abandon. Stafford parvient à reprendre le contrôle et réussir le rendez-vous avec le module de commande et de service resté en orbite lunaire. Le module lunaire s'amarre correctement pour récupérer les astronautes et est largué. Après deux jours en orbite lunaire, Apollo 10 commence sa trajectoire de retour. Au cours du retour, la capsule atteint une vitesse de 45 542 km/h et établit le record de la vitesse la plus rapide atteinte par un être humain. Apollo 10 amerrit à l'Est des Samoa et est récupéré par l'USS Princeton[19].

Apollo-Soyouz
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L'équipage de la mission Apollo-Soyouz en avec de gauche à droite : les Américains (en combinaisons orange) Deke Slayton, Tom Stafford et Vance Brand, ainsi que les Soviétiques (en combinaisons vertes) Alexeï Leonov et Valeri Koubassov.

En , Stafford remplace Alan Shepard comme chef du Bureau des astronautes puisque ce dernier récupère son autorisation de vol. Avec le directeur des opérations en vol Deke Slayton, Stafford supervise les missions Apollo et Skylab jusqu'à ce que Shepard reprenne ses fonctions après la mission Apollo 14 en . Pendant cette période, le président des États-Unis Richard Nixon et le président du conseil des ministres de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) Alexis Kossyguine acceptent un projet d'essai conjoint entre les véhicules des programmes Apollo et Soyouz, mieux connu comme l’Apollo-Soyouz Test Project (ASTP). Stafford est promu au grade de Brigadier général à la fin de l'année 1972 et est rapidement nommé commandant de cette mission avec Slayton (qui a également récupéré son autorisation de vol) et Vance Brand[20],[3].

À partir de l'année 1973, l'équipage ASTP s'est beaucoup entraîné en