Téléphérique d'Antananarivo
| Géographie | ||
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| Pays | ||
| Région | Antananarivo | |
| Survole | Antananarivo | |
| Réseau urbain | Transports en commun d'Antananarivo | |
| Coordonnées du départ | 18° 54′ 53″ S, 47° 31′ 06″ E | |
| Coordonnées de l'arrivée | 18° 52′ 45″ S, 47° 33′ 22″ E | |
| Parcours | ||
| Départ | Anosy | |
| Arrivée | Ambatobe | |
| · Temps | Environ 25 min | |
| Caractéristiques techniques | ||
| Type | Téléphérique | |
| Débit | 2 200 pers./h | |
| Capacité des cabines | 12 personnes | |
| Nombre de pylônes | 51 | |
| Période de fonctionnement | août à septembre 2025 | |
| Histoire | ||
| Construction | 2022-2025 | |
| Constructeur(s) | Poma et Colas | |
| Inauguration | 2025 | |
| Géolocalisation sur la carte : Antananarivo
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Le Transport par Câble est un téléphérique urbain au sein d'Antananarivo, capitale du Madagascar, qui relie les quartiers d'Anôsy à Ambatobe.
Le projet est initié en 2021 mais contesté par la population locale dès son annonce. Inauguré en août 2025, il est mis à l'arrêt quelques semaines après, depuis septembre 2025.
Histoire
[modifier | modifier le code]Origines du projet
[modifier | modifier le code]Le projet fait partie des promesses de campagne de Andry Rajoelina, élu président de la république de Madagascar en 2019. Dans ses vœux présidentiels de 2021, il ré-itère son souhait de lancer un projet de tramway et de téléphérique afin de désengorger la circulation dans la capitale Antananarivo[1],[2]. La ville composée de 3 millions d'habitants en 2022 pourrait voir sa population doubler en quinze ans et le téléphérique est vu par le président comme une solution pour soutenir cette croissance, sur un territoire accidenté comprenant douze collines[3].
Le , un accord est signé entre la France et Madagascar pour le financement d'un téléphérique. Budgété à 152 millions d'euros, il est financé par deux prêts via le trésor public français et Bpifrance. Cet accord de financement est ratifié par le Parlement de Madagascar le et le contrat commercial avec les entreprises françaises Poma et Colas le jour suivant[4]. Les emprunts sont contractés jusqu'en 2034[5].
Le premier projet prévoit de relier quatre arrondissements de la capitale avec deux lignes de câbles[2]. Il est promis par le président pour les Jeux des îles de l'océan Indien 2023, qui ont lieu sur l'île[6].
Critiques du projet
[modifier | modifier le code]Après la signature de ces accords, le projet soulève des critiques. Les sénateurs français Pierre Laurent et Patrick Chaize questionnent le gouvernement français sur la pertinence du projet. Ils dénoncent l'empreinte du projet sur la ville ainsi que son coût, par rapport à d'autres investissements plus importants pour l'île. Également, ils sont sceptiques sur le prix prévu du billet, dont un aller-retour serait équivalent aux trois quarts du salaire journalier minimum[7],[4]. Pierre Laurent s'indigne également des conditions d'attribution du projet aux entreprises françaises, sans appel d'offres. Il craint également un projet en décalage par rapport aux ressources en électricité de l'île[3].
Les mêmes remarques sont émises par la population locale. Celle-ci craint de voir la ville défigurée, avec un parcours passant à travers plusieurs sites sacrés, mais également des glissements de terrains, déjà fréquent dans la région. L'association des Amis du patrimoine de Madagascar se mobilise notamment contre le passage du câble dans le quartier Andohalo, à proximité d'une colline sacrée, où un pylône serait placé à proximité de la cathédrale de l'Immaculée-Conception d'Antananarivo. Des pylônes sont également prévus dans des cours d'école. L'association obtient une victoire auprès du gouvernement, qui le promet de revoir le tracé afin d'éviter les sites sacrés[3],[2].
Le maire d'Antananarivo, Naina Andriantsitohaina, soutient le projet, avec une communication quotidienne pour promouvoir une capitale « moderne et plus verte »[2].
Construction
[modifier | modifier le code]Les travaux débutent en , par le terrassement de la première station, située dans le centre-ville, sur les rives du lac Anosy[8].
Le , Andry Rajoelina inaugure un premier tronçon du téléphérique, nommé « ligne Orange », en référence à la couleur de son parti politique. La mise en service officielle est cependant loin d'être acquise : des problèmes de droit fonciers retardent la construction d'une gare à mi-parcours. Sur le deuxième tracé, dite « ligne Verte », aucun pylône n'est encore posé[6].
En , la ligne Orange est bientôt achevée : les 7 gares et 51 pylônes sont installés et l'épissure des câbles entre les stations est en cours de finalisation[9]. De son côté la ligne Verte fait toujours l'objet d'études, et aucun travaux ne sont encore actés en [10].
Initialement évaluée à 91 millions d'euros, la seule construction de la ligne Orange voit son budget augmenté de 19 millions d'euros, grignotant sur le budget prévu pour la construction de la ligne Verte[5].
Mise en service
[modifier | modifier le code]Le , la ligne Orange du téléphérique est mise en service, avec deux ans de retard sur le calendrier initial. À son lancement, le prix du billet est fixé à 3 000 ariary, environ 60 centimes d'euros, alors que plus de 80 % de la population vit avec moins de 95 000 ariary par jour[10].
Dans ses premières semaines de fonctionnement, elle n'est active que quatre heures par jour, grâce à des groupes électrogènes pour pallier le manque d'électricité[10],[5]. Un rapport de la cour des comptes malgache, publiée en mars 2026, établit que la mise en route est effectuée sur les groupes électrogènes dédiés aux essais et « non pour une exploitation fiable et durable », avec aucun planning de raccordement au réseau électrique du pays[5]. L'argument de la durabilité du projet est alors remis en question : le téléphérique consommerait entre 100 et 150 litres de gasoil par heure, ce qui générerait près de 720 tonnes de CO₂ par mois[11].
Après son inauguration, le téléphérique rencontre un certain succès populaire, avec environ 5 000 passagers par jour, sans pour autant résoudre les problèmes de circulation dans la ville. Avec une capacité théorique de 60 000 passagers par jour, l'ouverture par intermittence est nécessaire pour l'équilibre budgétaire[5],[10],[11].
Le , l'exploitation est mise à l'arrêt, à cause de la crise provoquée par les manifestations à Madagascar. Dès les premiers jours de révolte, des stations du nouveau téléphérique, symbole du président contesté, sont vandalisées[12],[5]. Une partie du matériel est endommagée, et la reprise de service n'est possible qu'avec un déblocage des fonds pour sa réparation, qui n'est pas jugée prioritaire par le nouveau gouvernement en place. Le ministère des transports s'assure que les infrastructures ne se dégradent pas, sans fournir de plan de remise en service[5]. Les doutes sur la viabilité économique d'une remise en état et d'une reprise d'exploitation du projet font que le téléphérique est qualifié d'éléphant blanc par certains journalistes[13],[14].
Caractéristiques techniques
[modifier | modifier le code]Tracé et stations
[modifier | modifier le code]Exploitation
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Vœux présidentiels - Tanamasoandro, téléphérique, tramway au menu de 2021 », sur L'Express de Madagascar, (consulté le )
- 1 2 3 4 Laure Verneau, « A Madagascar, la contestation contre la construction du téléphérique d’Antananarivo enfle », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 « À Madagascar, un projet de téléphérique s’attire les foudres de la population », sur France 24, (consulté le )
- 1 2 « Accord de prêt pour un projet de téléphérique à Madagascar », sur Sénat, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 Laurence Caramel et Guilhem Fabry, « A Madagascar, un téléphérique à l’arrêt et 150 millions d’euros de dette », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « Madagascar: le président Andry Rajoelina célèbre «son» téléphérique à Antananarivo », sur RFI, (consulté le )
- ↑ « Projet de téléphérique à Tananarive », sur Sénat, (consulté le )
- ↑ « Madagascar : un téléphérique bientôt à Antananarivo - Outre-mer La 1ère », sur Mayotte La 1ère (consulté le )
- ↑ « Transport par câble à Antananarivo : les 7 gares et 51 pylônes de la Ligne Orange opérationnels », sur Témoignages.RE - https://www.temoignages.re, (consulté le )
- 1 2 3 4 « Madagascar: le nouveau téléphérique d’Antananarivo lancé en attendant un fonctionnement à plein régime », sur RFI, (consulté le )
- 1 2 « Télécabine : peu d’impact sur les embouteillages », sur Midi Madagasikara,
- ↑ « Manifestation dans la capitale - De la contestation au pillage », sur L'Express de Madagascar, (consulté le )
- ↑ Ben Payton, « Les problèmes de transport à Madagascar », sur New African - le Magazine de L'Afrique, (consulté le )
- ↑ « Téléphérique : Prendre de la hauteur », sur La Gazette de la Grande Ile, (consulté le )
