stade du miroir
Apparence
Étymologie
[modifier le wikicode]Locution nominale
[modifier le wikicode]| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| stade du miroir | stades du miroir |
| \stad dy mi.ʁwaʁ\ | |

stade du miroir \stad dy mi.ʁwaʁ\ masculin
- (Psychanalyse, Psychologie) Phase du développement psychologique de l’enfant qui reconnaît avec jubilation son image dans le miroir et où se forme chez lui une représentation unifiée de son propre corps.
L’identification préœdipienne, dont il s’agit ici, M. Lacan l’intègre dans sa notion générale de la structure narcissique du moi, au stade qu’il appelle stade du miroir, lequel répond « au déclin du sevrage ». Après l’âge de six mois, les enfants se mettent à reconnaître leur propre image dans les glaces. Pour M. Lacan, c’est un phénomène d’importance capitale, duquel il importe que les psychologues comprennent la signification prégnante. [...]
— (Édouard Pichon, La Famille devant M. Lacan, dans Revue Française de Psychanalyse, Tome 11, No 1, 1939, pages 115-116 → lire en ligne)
Au stade du miroir, l’image spéculaire sert à l’enfant de signal de son unité corporelle et mentale. Elle triomphe de ces fantasmes de démembrement et de dislocation [...]La conception du stade du miroir que j’ai introduite à notre dernier congrès, il y a treize ans, pour être depuis plus ou moins passée dans l’usage du groupe français, ne m’a pas paru indigne d’être rappelée à votre attention : aujourd’hui spécialement quant aux lumières qu’elle apporte sur la fonction du je dans l’expérience que nous en donne la psychanalyse.
— (Jacques Lacan, Le stade du miroir comme formateur de la fonction du je, telle qu’elle nous est révélée, dans l’expérience psychanalytique, dans Revue Française de Psychanalyse, Tome 13, No 4, 1949, page 449 → lire en ligne)Il est clair que c’est à l’observation de certains comportements que l’on se rend compte de cette première « prise d’identité » de l’enfant ; cela ne peut être encore que réactionnel et affectif mais la « distinction de soi » est manifeste. Cela apparaît clairement au stade du miroir, c’est-à-dire au moment où l’enfant se reconnaît dans son reflet, avec une grande jubilation qui le fait se retourner vers sa mère comme pour « chercher une confirmation ». C’est toujours dans la relation à autrui que l’enfant se discerne.
— (Marc Oraison, Être avec… la relation à autrui, Éditions du Centurion, 1967, pages 97-98)Ce message parvient ainsi jusqu’à Wallon (Les origines du caractère, 1934, p. 172) et de Wallon le message passe enfin à un jeune psychiatre, en ce temps-là très proche de lui, Jacques Lacan. La petite phrase venue de si loin va se muter en herméneutique, s’épanouir en une extraordinaire poétique. Le petit ah noté par Darwin sera décrit comme une « intuition illuminative » ... un « gaspillage jubilatoire d’énergie qui signale objectivement le triomphe ». C’est le stade du miroir. À 9 mois ? plus tôt même : à 6 mois !
— (René Zazzo, À propos de Darwin... à propos d’un miroir, dans Raison présente, No 66, 2e trimestre, 1983, page 46 → lire en ligne)En partie grâce à une communication personnelle de notre part à E. Roudinesco (Histoire de la psychanalyse en France, 1986), on commence à savoir dans le public cultivé en matière de psychanalyse, et aussi de psychologie, que Lacan aurait emprunté à Wallon sa description des conduites de l’enfant devant le miroir, ceci au profit de son modèle du stade du miroir. On rappellera que Lacan envisage ce stade comme le point d’attache de l’identification imaginaire, en tant que matrice du Moi et dimension constitutive de l’expérience humaine.
— (Henri Wallon, Psychologie et dialectique : la spirale et le miroir, Textes de 1926 à 1961 choisis et présentés par Émile Jalley et Liliane Maury, Messidor / Éditions sociales, 1990, page 229)L’idée avancée en 1880 par Darwin à partir de l’observation de son fils était que l’enfant se reconnaissait dans le miroir à l’âge de neuf mois. Puyer, dès 1982, avançait la date de quatorze mois. Mais c’est la date de neuf mois qui fut conservée comme « vraie » et régulièrement reproduite, y compris dans le texte de Jacques Lacan sur le stade du miroir inspiré des travaux de Henri Wallon. Or les recherches de psychologie expérimentale et comparative de René Zazzo montrent que, jusqu’à onze-douze mois, l’enfant se comporte vis-à-vis de son image de soi dans un miroir comme à l’égard d’un autre enfant. Il ne fait aucune différence. [...]
— (Serge Tisseron, Psychanalyse de l’Image – Des premiers traits au virtuel, Dunod, 1995, 2e édition enrichie et commentée, 1997, pages 46-47)Quand Henri Ey publie Psychiatrie animale, il s’intéresse à tous les êtres vivants, du taureau à la punaise de lit, parmi lesquels l’homme prend une place particulière. Quand Lacan, dans sa théorie du stade du miroir, découvre qu’il y a chez nos enfants une anticipation réjouissante, « une assomption triomphante de l’image [...] dans le contrôle de l’identification spéculaire », il nous dit que, comme chez certains animaux, l’image précède la parole et constitue un mode d’appréhension du monde [...]
— (Boris Cyrulnik, Les âmes blessées, Odile Jacob, 2014, page 77)
Synonymes
[modifier le wikicode]Traductions
[modifier le wikicode]- Allemand : Spiegelstadium (de) neutre
- Anglais : mirror stage (en)
- Arabe : مرحلة المرآة (ar) féminin
- Catalan : estadi del mirall (ca) masculin
- Espagnol : estadio del espejo (es) masculin, fase del espejo (es) féminin
- Italien : stadio dello specchio (it) masculin
- Portugais : estágio do espelho (pt) masculin
- Russe : стадия зеркала (ru), зеркальная стадия (ru)
Prononciation
[modifier le wikicode]- La prononciation \stad dy mi.ʁwaʁ\ rime avec les mots qui finissent en \aʁ\.
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)
Voir aussi
[modifier le wikicode]- stade du miroir sur l’encyclopédie Wikipédia

Références
[modifier le wikicode]Sources
[modifier le wikicode]- ↑ Élisabeth Roudinesco, « Jacques Lacan : le stade du miroir », dans L’analyse, l’archive, Éditions de la Bibliothèque Nationale de France, 2001 (lire en ligne)
Bibliographie
[modifier le wikicode]- Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, Presses Universitaires de France, 1967, 5ème édition, 2007
- Norbert Sillamy, Dictionnaire de Psychologie, Larousse, collection « In Extenso », 1991, réédition 2010