[Fr] Hayao Miyazaki n’est pas un “auteur de l’espérance” — comprendre la réversion structurelle de son œuvre
Depuis des décennies, l’œuvre de Hayao Miyazaki est lue à travers un prisme bien établi : celui de l’espérance, de la solidarité et de la pureté. Les films de la première période — Conan, Laputa, Nausicaä — ont façonné une image presque mythique : celle d’un auteur capable de transformer le monde par la force des liens humains.
Mais cette lecture, profondément ancrée dans la mémoire culturelle, ne correspond plus aux œuvres tardives.
À partir de Porco Rosso, la structure narrative se renverse :
la communauté disparaît,
le protagoniste s’isole,
la maturité est évitée,
la fuite devient le moteur du récit,
les conflits restent ouverts.
Pourtant, le public continue de lire ces motifs comme des signes de liberté, de noblesse solitaire, ou de pureté préservée. Ce phénomène psychologique — que j’appelle overrun — correspond à une surapplication de l’idéal précoce aux œuvres tardives, rendant invisible leur transformation structurelle.
Dans cet article, je propose un modèle tripartite — auteur / œuvre / spectateur — pour montrer comment ces trois niveaux se sont alignés, et comment cet alignement a produit une invisibilisation de la véritable nature des œuvres tardives.
Porco Rosso occupe une place centrale : c’est le premier film où la régulation collective se relâche, permettant à la structure originelle de Miyazaki de se manifester sans entrave.
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