MARRAKECH
Chef-lieu de la région Marrakech-Safi, Marrakech est la quatrième ville du Maroc en termes de population (1 million d’habitants dans l’aire urbaine en 2024). Située dans une plaine irriguée au pied des montagnes de l’Atlas, celle qui a donné en français son nom au Maroc est riche d’un patrimoine reflétant son importance politique et économique à l’échelle du pays.
Une capitale impériale
Marrakech est une des quatre cités impériales du Maroc qui ont successivement assuré la fonction de capitale au sein des différents empires des dynasties ayant régné sur le territoire marocain actuel. Fondée par les Almoravides vers 1070, elle est rapidement devenue un centre religieux, économique et politique dans le bassin méditerranéen. Restée capitale sous la dynastie des Almohades au xiie siècle, la ville en a perdu le statut au siècle suivant, sous les Mérinides, au profit de Fès. Ce n’est qu’au xvie siècle qu’elle est redevenue capitale de l’empire des Saadiens, avant que, sous le règne des Alaouites à la fin du xviie siècle, le trône de l’Empire chérifien ne soit à nouveau transféré à Fès puis à Meknès.
Terminus caravanier situé aux portes du Haut Atlas, Marrakech a longtemps été un espace d’échanges commerciaux entre l’Afrique subsaharienne et le Maghreb dont le contrôle était disputé par les pouvoirs politiques. Considérée comme une ville historique vivante, Marrakech porte encore les traces de ce passé visibles dans son paysage urbain caractérisé par des influences andalouses, africaines et arabes qu’on peut lire dans le patrimoine bâti. Par exemple, la qoubba al-Baadiyn (lieu d’ablution) est un des derniers vestiges du règne des Almoravides, tandis que la mosquée de la Koutoubiya et son minaret haut de 77 mètres constituent un héritage almohade. De la dynastie saadienne, il reste encore des tombeaux (xvie siècle).
Au xxe siècle, Marrakech est le centre d’intrigues politiques. Malgré des résistances locales à la colonisation menées par Moulay Ahmed al-Hiba, la ville est prise par les Français après la bataille de Sidi Bou Othmane en 1912. Sous le protectorat (1912-1956), le contrôle des territoires du Sud par l’armée française a été facilité par la collaboration des élites de la région, notamment au sein de la tribu des Glaoua, originaire du Haut Atlas. Hajj Thami El Glaoui occupe les fonctions de pacha de Marrakech durant toute la période du protectorat. Sa connivence avec les autorités françaises est devenue un symbole de l’ordre colonial au Maroc. Depuis l’indépendance, une politique d’ouverture économique favorable aux investisseurs étrangers est privilégiée.
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Écrit par
- Anne-Adélaïde LASCAUX : docteure en géographie, post-doctorante au laboratoire d'études rurales, université Lumière Lyon 2
Classification
Médias
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