Eugène Jamot (1879-1937)

repères biographiques

 


 

14/11/1879 Naissance à La Borie, commune de Saint-Sulpice-les-Champs (Creuse). Son père est tout à tour agriculteur, entrepreneur de maçonnerie et marchand de vin.
1885 Fréquente l'école primaire de garçons de Saint-Sulpice-les-Champs.
1893 Après son certificat d'étude, continue ses études au collège d'Aubusson.
1897 Obtient son baccalauréat.
1900 Obtient une licence de sciences à la faculté de Poitiers.
1900 Part en Algérie où il exerce comme répétiteur, successivement au Lycée de Blida, Ben-Aknon puis d'Alger. Passe son PCN, et prend ses six premières inscriptions de médecine à la faculté d'Alger.
1904 De retour en France s'installe à Montpellier où il exerce comme professeur adjoint au Lycée, en même temps qu'il poursuit ses études à la faculté de médecine de cette même ville. Se marie avec une jeune institutrice.
1908 Soutient son doctorat en médecine sur la Contribution à l'étude de la méthode de Bier .
1908-1910 Exerce comme médecin de campagne dans sa Creuse natale, à Sardent.
1910 Réussit le concours latéral d'entrée du Service de Santé des Troupes coloniales et gagne Marseille pour suivre les cours de l'Ecole d'application du Pharo.
1911-1913 Sorti 3e de sa promotion du Pharo, part pour le Tchad comme médecin du bataillon de l'Ouadaï. Il y gagne sa première citation à l'ordre des Troupes de l'Afrique Equatoriale Française (AEF).
1913 Publie, en collaboration avec F. Motais et J. Robert, des Notes sur la géographie médicale du Ouadaï.
11/1913-07/1914 Inscrit dans le laboratoire de M. Nicolle, il suit le cours de microbiologie de l'Institut Pasteur, puis fréquente le laboratoire de F. Mesnil, un des pionniers de la trypanosomiase africaine.
07/1914 Nommé sous-directeur de l'Institut Pasteur de Brazzaville. Il rejoint son poste par le dernier courrier avant la mobilisation.
08/1914-1916 La guerre venue, il est affecté comme médecin-chef de la colonne Sangha-Cameroun et participe aux opérations militaires qui aboutissent à chasser les allemands de Yaoundé. Obtient deux citations à l'ordre de l'Armée.
1917-1921 Nommé directeur de l'Institut Pasteur de Brazzaville, en remplacement de P. Aubert.
1916 Le Conseil colonial d'hygiène, réuni à Brazzaville, décide que toutes les opérations contre la maladie du sommeil se feront désormais sur la base du diagnostic microscopique préalable.
1917-1918 Le gouverneur général Merlin décide la création, en AEF, de secteurs de prophylaxie et de surveillance administrative des personnes victimes de la maladie du sommeil et désigne E. Jamot pour faire la première application pratique des nouvelles dispositions prévues dans le secteur de l'Oubangui-Chari. Avec l'aide de quelques infirmiers organisés en deux équipes, l'une chargée des examens microscopiques, l'autre du traitement prophylactique, il prospecte un territoire de plus de 100.000 kmý, examine 90.000 personnes dont 5000 sont reconnues infectées par le trypanosome, mesures qui permettent de réduire de 65% la mortalité trypanosomienne.
1922-1926 Remplace Ch. Jojot, chargé depuis 1920 de la lutte contre la maladie du sommeil dans la région du Haut-Nyong (Cameroun). En collaboration avec les docteurs Corson, Evrard, de Marqueissac, Marquand et Odend'hal, organise des équipes mobiles de dépistage microscopique et de traitement prophylactique des malades. Les prospections révèlent qu'un nombre impressionnant d'habitants sont trypanosomés. Par ailleurs, Jamot décèle, dans l'extrême Nord du pays, un nouveau foyer de trypanosomiase imputable à une espèce particulière de tsé-tsé, la Glossina techinoides , différente de Glossina paplalis , responsable de l'infection au Sud. Devant la gravité de la situation, décide de se rendre en France, pour convaincre les pouvoirs publics de lui attribuer des moyens plus importants.
1924 Devient membre correspondant de la Société de pathologie exotique (SPE). Nommé membre associé en 1929, membre titulaire honoraire en 1934.
04/1926 Donne un exposé sur la situation sanitaire au Cameroun devant la commission spéciale chargée par le ministère des Colonies de mettre sur pied une organisation de lutte contre la maladie du sommeil.
1926 Met en place, à Ayos, une école d'infirmiers indigènes. Promu officier de la Légion d'honneur.
06/1926 Création par le ministère des Colonies d'une mission permanente de lutte contre la maladie du sommeil dont la direction est confiée à E. Jamot avec comme adjoint H. de Marqueissac. Les autres membres de la mission sont les médecins majors R. Vernon, M. Chambon, J. Le Rouzic, L. Sanner et Et. Montestruc ; 12 agents sanitaires et 150 infirmiers complètent le personnel de la mission.
1928 Reçoit le prix de physiologie thérapeutique Martin-Damourette de l'Académie des sciences.
1930 Le cinéaste A. Chaumel tourne le film Le réveil d'une race sur la mission de prophylaxie du Dr Jamot au Cameroun.
1931 Lors de l'Exposition coloniale, donne une série de conférences sur le bilan de son action contre la maladie du sommeil en Afrique, dont une devant le maréchal Lyautey. Lors de la même exposition, le film tourné par A. Chaumel est projeté au Pavillon du Cameroun.
11/1931 Accusé d'être responsable de plusieurs centaines de cas de cécité chez des sommeilleux de la région de Bafia (Cameroun), traités au tryparsamide, Jamot est débarqué de force à Dakar et mis aux arrêts de rigueur. Son affectation au Cameroun est annulée. Une enquête démontrera plus tard que la faute en revient à l'un de ses assistants peu scrupuleux, mais E. Marchoux dissuadera Jamot de témoigner contre lui.
1932 Passe sept mois à Dakar, dans une chambre d'hôtel, et connaît le découragement, malgré le soutien de camarades comme F. Mesnil ou C. Mathis. Il décline la proposition des anglais d'aller organiser la lutte antisommeilleuse au Nigeria. L'administration française lui refuse une nouvelle mission au Cameroun et lui offre le choix entre la direction du service de santé au Niger ou l'organisation de la lutte contre la maladie du sommeil, en Afrique Occidentale Française (AOF).
1932-1936 Prend la direction du service de prophylaxie de l'AOF. Il voit rapidement ses efforts contrecarrés par le gouvernement général pour qui la maladie du sommeil est une maladie comme une autre. Le service de la trypanosomiase est intégré à l'Assistance médicale indigène, sans que Jamot en soit averti. Ni les rapports qu'il rédige pour exposer la gravité de la situation, ni la démarche qu'il entreprend auprès du ministre des Territoires d'Outre-Mer n'aboutissent.
1935 Promu médecin colonel.
1936 Face au manque de compréhension de l'administration de l'AOF et au manque de moyens mis à sa disposition, fait valoir ses droits à la retraite et se retire à Sardent, où il reprend son travail de médecin de campagne.
24/04/1937 Meurt d'un accident cérébral à Sardent. Inhumé à Saint-Sulpice-les-Champs. E. Roubaud prononce son éloge devant la SPE.
1939 L. Pasteur Vallery-Radot inaugure à Yaoundé, au Cameroun, un monument à la mémoire de Jamot.
2009 Ouverture du Musée Eugène Jamot à Saint-Sulpice-les-Champs.

Publications en collaboration avec : Letonturier, de Marqueissac, F. Motais, J. Robert, E. Roubaud, Tanon.

Références bibliographiques :
- Association du Dr Eugène Jamot, Biographie, site : http://www.creuse-jamot.org/html/biographiejamot.html.
- Bebey Eyidi (Marcel), Le vainquer de la maladie du sommeil Eugène Jamot (1879-1937), thèse de doctorat en médecine 1950.
- Milleliri (Jean-Marie), Jamot vu par Bado, Médecine et santé tropicale , 2012, p. 22-28.
- Montestruc (Etienne), Le Docteur Eugène Jamot vainqueur de la trypanosomiase humaine, Archives de l'Institut Pasteur de la Martinique , VIII, nø 1-2, 1955, p. 50-63.

 

Pôle Archives du CeRIS (Institut Pasteur)