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Homme d'affaires et mécène français.
23/07/1825 Naissance à Bordeaux, dans une famille juive séfarade.. Son père, Isaac Désir Iffla, est un commis-marchand d’origine marocaine ; sa mère, Léa Cardozo d’Urbino, descend d’une famille de réfugiés espagnols installés en Italie. Daniel Iffla fréquente l’école israélite de Bordeaux jusqu’à l’âge de 14 ans..
1839 Osiris quitte Bordeaux pour venir tenter sa chance à Paris ; études à l’école Turgot..
1842 Débuts de carrière chez l’agent de change Moreau ; Il se lie d’amitié avec son fils, Ernest Moreau ; rencontre avec son coreligionnaire Jules Mirès (journaliste et banquier)..
1844 Pour gagner sa vie, il fait les foires, promenant un étalage d’habits, attirant les chalands en battant le tambour ; il travaille épisodiquement dans les ateliers nationaux..
1850 Osiris poursuit sa carrière chez Jules Mirès, co-fondateur, avec Moïse Millaud, des nouvelles sociétés de crédit (« Caisses des actions réunies »), d’inspiration saint-simonienne ; Osiris s’intègre au monde boursier des juifs bordelais, qualifiés de « juifs portugais », en opposition avec l’autre groupe juif de la Bourse, Allemands et Alsaciens réunis autour de James de Rothschild, symbole de la haute banque ancienne ; il rencontre notamment Félix Solar, Alphonse Lange, Moïse Millaud, Charles Monteaux, Sigismond Bardac, Sossa, tous appartenant au milieu financier..
26/07/1855 Mariage avec Léonie Carlier, en mairie du 2e arrondissement à Paris..
13/10/1855 Décès de son épouse Léonie Carlier, en accouchant de deux enfants qui n’ont pas survécu ; son amour pour Léonie a engendré chez Osiris un culte des défunts, une sorte de familiarité avec la mort, ainsi que le culte de la famille..
1856 Edification de la fortune d’Osiris ; Il investit dans les chemins de fer espagnols, ce qui lui vaut d'ûtre décoré de l'ordre d'Isabelle la Catholique ; il habite un hôtel particulier situé rue La Bruyère, acheté à son beau-père Carlier, Paris 9e arrondissement, et devient collectionneur de bronzes, tableaux, aquarelles, dessins, sculptures, livres rares, figurant son panthéon sentimental ; acquisition du dessin d’Alexandre Bida, «Juifs priant devant les derniers restes du temple» ; son secrétaire est Léon Bizouarne..
1860 Osiris se retire du monde de la finance pour se consacrer au mécénat ; publication du premier et dernier ouvrage d’Osiris et A. Baudoz, intitulé « Histoire de la guerre de l’Espagne avec le Maroc »..
1860 Faillite de la Caisse générale des chemins de fer, co-fondée par J. Mirès ; arrestation, procès pour escroquerie et chute de Jules Mirès et F. Solar ; un ancien associé d’Osiris, Martini, appuyé par le journaliste Gustave Naquet, dénoncent les procédés frauduleux d’Osiris, lequel leur fait un procès en diffamation..
14/10/1861 Duel d’Osiris avec Aurélien Scholl, chroniqueur du Figaro, considéré comme un procédé de notoriété ; entrée dans la vie mondaine du tout-Paris ; fréquentation de gens de lettres (Alfred de Musset, Jules Claretie), théâtre, opéra, salons littéraires et politiques (Juliette Adam, égérie du nationalisme revanchard), milieu de la presse (Albert Millaud), milieux artistiques (Edouard Bisson) et médicaux (Edouard Potain)..
1870 Pendant le siège de la Commune de Paris, Osiris met « toutes ses maisons de la rue La Bruyère à la disposition du maire du 9e arrondissement pour y installer des cantines et des asiles pour les réfugiés ». Il fait partie dans ce même arrondissement du Comité du Réfectoire populaire qui vient en aide aux nécessiteux..
1873 Osiris offre à sa ville natale de Bordeaux six fontaines Wallace, alors qu’il est en procès avec le Consistoire israélite..
1876 Osiris achète 65 ha d’un grand cru de Sauternes dans le domaine de la Tour Blanche à Bommes en Gironde ; il se fait viticulteur et effectue des recherches sur les micro-organismes, en liaison avec Louis Pasteur ; dans son dernier testament, il fait don à l’Etat de son domaine viticole, pour y ouvrir une école de viticulture ; elle fonctionne de nos jours en lycée agricole..
1877 A Paris, rue Buffault, inauguration de la synagogue financée par Osiris, élevée et offerte à la « communauté des Israélites du rite portugais »..
1879 A Arcachon, inauguration d’une synagogue privée, financée par Osiris, à l’indignation du Consistoire israélite de Bordeaux..
1880 Osiris commence l’oeuvre mûme de sa vie : son testament, qui sera maintes fois remanié ; son maître à penser est Jules Simon (professeur de philosophie et homme politique), qui prône une laïcisation modérée et le droit à la différence confessionnelle, les devoirs envers Dieu et la patrie, le souci d’améliorer la condition ouvrière et l’enseignement..
1887 Osiris est distingué de la Croix de Chevalier de l’ordre du Mérite agricole, en tant que viticulteur, propriétaire du domaine de la Tour Blanche (Gironde), grâce à sa contribution « à l’amélioration de la culture de la vigne, à la replantation des endroits phylloxérés »..
1888 Osiris s’adjoint les collaborations d’Eugène Clisson (journaliste à l’Evénement) et de Gabrielle Henry comme secrétaires et négociateurs de ses opérations philanthropiques..
1889 A l’occasion du centenaire de la Révolution et de l’Exposition universelle, instauration d’un Prix Osiris destiné à récompenser « l’oeuvre d’art, d’industrie ou d’utilité publique la plus remarquable » ; Osiris souffre de calculs rénaux, et subit une troisième intervention chirurgicale ; c’est l’objet du tableau réalisé par E. Bisson, commandé par Osiris et exposé à l’hôpital Necker ; il représente Osiris soigné par les médecins Félix Guyon, Paul Segond, Edouard Potain ; le testament définitif d’Osiris institue un prix Potain..
1890 A Nancy, inauguration de la statue équestre de Jeanne d’Arc, offerte par Osiris, réalisée par Frémiet..
1892 Osiris sollicite auprès du Préfet de la Seine le droit de procéder à ses frais à la restauration de sépultures d’hommes et de femmes illustres, tels : Bellini, la Dugazon, Fourcroy, Joseph Lakanal, Prud’hon, l’abbé Sicard, l’abbé Grégoire et de Rude, les maréchaux Sérurier et Pérignon, les frères Lameth, Camille Jordan, le chirurgien J. R. Tenon ; la statuomanie est une facette de son culte des morts..
1896 A Rueil-Malmaison, Osiris, par esprit bonapartiste, achète aux enchères l'ancienne maison de campagne de Joséphine de Beauharnais et de Bonaparte : le château de Malmaison, proche de la ruine et au domaine démembré; Osiris le fait restaurer par l’architecte Pierre Humbert et décorer par Marcel Jambon ; à Nancy, construction d’un Institut sérothérapique, financée par Osiris, réalisée d’après les plans de l’architecte Albert Jasson..
15/09/1896 Premier testament retrouvé, établi à Arcachon, sous forme de « testament mystique » ; projet de reconstitution du Temple de Jerusalem ; dessin d’Alexandre Bida, publié dans la presse sous le titre « Mur de Salomon »..
1897 Osiris est promu Chevalier de la Légion d’Honneur..
1898 Dans cette version de son testament, Osiris choisit comme légataire universel l’Institut Pasteur, après avoir envisagé l’Assistance publique, créée en 1886 ; un grand nombre d’associations ou oeuvres bénéficient d’une part de ses dons et legs : pavillon d’hôpital, prix de médecine, legs aux oeuvres caritatives (Société de l’allaitement maternel ; Société de protection de l’enfance abandonnée ; fondation d’un bateau-soupe à Bordeaux ; Oeuvre des sanatoriums maritimes ; Société amicale de prévoyance de la préfecture de police ; Société d’encouragement de l’escrime) ; les legs aux institutions juives sont supprimés au fil des codicilles, du fait de la loi de séparation de l’Eglise et l’Etat, excluant les dons aux fondations religieuses ; gratification de plusieurs legs et monuments à plusieurs municipalités : Paris, Bordeaux, Arcachon, Nancy, Lausanne..
1900 Osiris soutient l’Institut Pasteur par le biais du prix Osiris triennal. Parmi les lauréats du prix : Emile Roux (1903), André Chantemesse (1915), Charles Nicolle (1927).
31/05/1902 A Lausanne, douze ans après sa commande, inauguration de la statue de Guillaume Tell en remerciement à la Suisse pour l'accueil fait à l'armée du général Charles Bourbaki en 1871, offerte par Osiris, réalisée par Antonin Mercié ; la ville de Lausanne sera gratifiée par testament de dotations pour les écoles, de fonds pour construire une chapelle et une synagogue..
1903 Osiris offre le chôteau restauré de Malmaison à l'État français, en léguant sa collection au futur musée à créer..
17/09/1903 A Bruyères (proche d'Epinal, Vosges), inauguration d’une synagogue financée par Osiris..
09/12/1905 Loi concernant la séparation des Eglises et de l'Etat ; Osiris est promu officier de la Légion d’Honneur..
23/02/1906 A Paris, place du Théôtre-Français, inauguration du monument en hommage à Alfred de Musset, offerte par Osiris, réalisée par Antonin Mercié ; la statue est la cible des contempteurs de l’art officiel et de la statuomanie ; institution par testament du Grand Prix Osiris au profit du Conservatoire national de musique et de déclamation..
05/02/1907 Décès à Paris ; inhumation dans le caveau familial de 30 places, qu’Osiris fit édifier dans le cimetière Montmartre à Paris, à la limite des cimetières juif et chrétien ; l’édifice est surmonté d'une grande reproduction en bronze du Moïse de Michel-Ange. René Vallery-Radot représente le conseil d'administration de l'Institut Pasteur aux obsèques du mécène..
20/03/1907 A Paris, lors du Conseil d’Administration de l’Institut Pasteur, communication notariale du dernier codicille d’Osiris, qui sera plus ou moins observé : « àL’installation de nouveaux laboratoires devront porter le nom de « Laboratoires Osiris et seront ornés des bustes des savants qui se seront distingués dans les recherches poursuivies par l’Institut Pasteurà » ; L’aide financière d’Osiris donne une impulsion primordiale au développement de l’Institut (achat de terrains pour l’extension des locaux ; construction d’un bôtiment pour l’Institut du Radium ; maintien du fonctionnement des services pour plusieurs années)..
1908 Inaugurations de plusieurs synagogues conformément aux dispositions testamentaires de Daniel Osiris, à Tours et à Vincennes-Saint-Mandé (architecte Victor Tondu)..
1910 A Lausanne, inauguration de la synagogue dessinée par les architectes Charles Bonjour et Oscar Ouveley, conformément aux dispositions testamentaires de Daniel Osiris..
1911 La secrétaire d’Osiris, Gabrielle Henry, oubliée dans le testament, publie sous le pseudonyme de Gab, une biographie d’Osiris intitulée « Monsieur Osiris »..
1912 A Bordeaux, ouverture du « Bateau- Soupe Osiris », asile pour les ouvriers âgés et les indigents, conformément aux dispositions testamentaires de Daniel Osiris..
1912 A Paris 15e arrondissement, square Boucicaut, monument en hommage à Marguerite Boucicaut et à la baronne de Hirsch (donatrices au bénéfice de l’Institut Pasteur), conformément aux dispositions testamentaires de Daniel Osiris ; monument exécuté par Paul Moreau-Vauthier ; les dons de Mmes Boucicaut et de Hirsch ont permis la construction du pavillon de chimie biologique, au 28 de l’actuelle rue du Dr Roux..
1917 A Lausanne, inauguration d’une chapelle dédiée à Guillaume Tell, décorée de fresques d’Ernest Biéler..
1922 A Rueil-Malmaison, construction du pavillon Osiris, destiné à un musée national rassemblant la collection Osiris de l’hôtel de la rue La Bruyère, conformément aux dispositions testamentaires de Daniel Osiris..
1937 A Tunis, inauguration de la synagogue D. Osiris..
Références bibliographiques : Jarrassé (Dominique), « Osiris mécène juif nationaliste français », éditions Esthétiques du divers, 303 p. , Paris, Bruxelles, 2008.
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