Claude Péaud-Lenoël (1918-2016)

repères biographiques | notice de fonds

 


 

Agronome et biologiste français né à Paris le 15/10/1918. Son père adoptif Louis Adolphe Lenoël, originaire du Calvados, est chirurgien. Sa mère Claudine Péaud est créatrice de mode chez Worth ; née dans l'Ain, son grand-père maternel du nom de Claude Bernard est un cousin éloigné du physiologiste Claude Bernard.
1930-1937 Fait ses études secondaires au Lycée Masséna, à Nice.
1937 Obtient son baccalauréat A de mathématiques élémentaires.
1937-1939 Fait ses classes préparatoires au Lycée Henri IV à Paris.
1938 Mort de sa mère à l'âge de 48 ans.
1939-1941 Est appelé sous les drapeaux le 15/11/1939. Incorporé au 28e Régiment du Génie à Montpellier, rejoint la compagnie des Transmissions de l'Ecole du Génie de Versailles pour son stage EOR (élève officier de réserve). Le 10/06/1940, devant l'avancée de l'armée allemande, quitte Versailles avec sa compagnie en direction du sud de la France pour aboutir fin juin à Rabastens dans le Tarn. Après dissolution de sa compagnie fin juillet, est affecté à Châteauroux. Est démobilisé en octobre 1941. Sans laissez-passer, réussit à traverser la ligne de démarcation et à rejoindre Paris après un périple mettant plusieurs fois sa vie en jeu. Peut reprendre une inscription en classe préparatoire à l'Agro au Lycée Louis-le-Grand.
1942 Est reçu au concours d'entrée à l'Institut national agronomique.
1944 Obtient son diplôme d'Ingénieur agronome et devient boursier du CNRS.
1944 Epouse Mlle Madeleine Poullen avec laquelle il aura trois enfants.
1945 Obtient un diplôme de chimie agricole de l'Institut national agronomique.
1945-1958 Rejoint le Service des fermentations de M. Lemoigne à l'Institut Pasteur.
1946-1949 Inscrit à la Faculté des sciences de Paris-Sorbonne, obtient sa licence ès sciences.
1948 Soutient sa thèse d'ingénieur docteur sur l'étude de la fermentation butyrique chez Clostridium acetobutylicum. Nommé attaché de recherche CR2 au CNRS.
Mort de son père à l'âge de 65 ans.
1948-1952 Poursuit son travail, au Service des fermentations de l'Institut Pasteur, sur le métabolisme de l'acide bêta-hydroxybutyrique et de son produit de polymérisation chez Bacillus megaterium.
1948-1956 Participe à la naissance du Syndicat national des chercheurs scientifiques aux côtés de N. Grelet, A. Képès, R. Dedonder.
1950 Effectue un stage de 8 mois aux USA en tant que boursier du Seagram's International Fellowships Program à Louisville (KY).
1952-1953 Se rend à Cuba sur mission du ministère des Affaires étrangères. Est nommé professeur titulaire de Microbiologie industrielle à la Faculté des sciences d'Oriente de Santiago de Cuba. Parmi ses élèves on compte Vilma Espin Guillois, future épouse de Raul Castro. Réalise l'installation d'un laboratoire d'enseignement et de recherches. Quitte Santiago en septembre 1953, peu de temps après l'attaque par Fidel Castro et ses camarades de la caserne de Moncada à Santiago.
1953-1957 De retour au Service des fermentations à l'Institut Pasteur, entreprend d'étudier la biosynthèse des lévanes chez Bacillus subtilis, en collaboration avec R. Dedonder.
01/1957 Soutient sa thèse de doctorat d'Etat ès sciences physiques sur La préparation et le mode d'action de la lévane-sucrase : un enzyme de Bacillus subtilis.
1956 Nommé chargé de recherche CR1 au CNRS.
1958-1959 Chargé d'un cours de microbiologie à la Faculté des sciences de Paris.
1960 Co-organise avec J.-E. Courtois et R. Dedonder, le Colloque international du CNRS sur la Biochimie des Glucides à Gif-sur-Yvette. Nommé maître de recherche DR2 au CNRS.
1958-1972 Crée une unité de recherche sur la Biochimie des plantes au sein du Laboratoire de photosynthèse du CNRS à Gif-sur-Yvette, dirigé par A. Moyse. Entreprend l'étude de la biosynthèse des polysaccharides de la paroi cellulaire végétale et de leurs précurseurs, notamment celle de la cellulose, ainsi que la caractérisation et la localisation intracellulaire des glycosyltransférases membranaires. Parallèlement à ces travaux, développe un programme d'étude du mécanisme d'action des hormones végétales (auxine et cytokinine). Fort de son expérience pastorienne de la culture des microorganismes, est pionnier en France de l'utilisation de cultures de cellules végétales en milieu liquide. A l'aide de ces systèmes modèles simplifiés, démontre notamment le rôle essentiel de l'hormone cytokinine dans le déclenchement de la phase M du cycle cellulaire. Développe la mutagénèse somatique in vitro. Fait la découverte, sans l'avoir nommée, de la variation somaclonale végétale.
1962-1966 Membre du Comité national du CNRS, Section de chimie biologique.
1966-1972 Responsable d'un programme de Recherche Coopérative sur Programme du CNRS (RCP 142) portant sur les mécanismes moléculaires de l'activité des régulateurs de croissance des végétaux, réunissant plusieurs équipes, dont le groupe de J. Guern à la Faculté des sciences de Paris et le groupe de G. Morel de l'INRA de Versailles.
1971 Se voit confier la direction d'une équipe de recherche CNRS (ER 104).
1973 Nommé directeur de recherche DR1 au CNRS.
1972-1986 Délocalise son équipe sur le campus de Marseille-Luminy, nouveau pôle de Sciences végétales, au sein du Département de biologie présidé par J. Ricard. Réalise l'installation du Laboratoire de biochimie fonctionnelle des plantes dont il prend la direction. Poursuit avec ses collaborateurs venus de Gif-sur-Yvette, les deux principaux thèmes de recherche déjà initiés, le premier qui concerne la synthèse des polysaccharides de la paroi végétale ainsi que l'étude des relations biosynthétiques entre glycolipides et bêta-glycanes. Privilégie le second thème que constitue l'approche moléculaire de l'action hormonale des cytokinines, dans deux systèmes modèles, la division cellulaire et la différenciation cyclique des chloroplastes. A partir des années 80, met en oeuvre les approches modernes de la biologie moléculaire et initie un programme de recherches sur le contrôle de l'expression génique exercé par ces hormones.
1974 Mort accidentelle de son fils Daniel Yves, âgé de 27 ans. Recueille son petit-fils qu'il élèvera avec sa compagne Michèle Axelos.
1975 Réalise un film micro-cinématographique sur la division cellulaire végétale pour l'exposition Images de la recherche à Marseille (http://videotheque.cnrs.fr/index.php).
1980 Co-organisateur avec J. Guern du Colloque international du CNRS sur le métabolisme et les activités moléculaires des cytokinines, à Gif-sur-Yvette.
1979-1986 Participe à la création du Conseil scientifique de biologie physico-chimique et cellulaire regroupant les laboratoires de biologie de la Faculté de Luminy. Participe à la création d'un Groupement de recherches coordonnées du CNRS (GRECO 31) présidé par R. Mache, regroupant des formations de recherches de Gif-sur-Yvette, Grenoble, Orsay, Marseille et Strasbourg.
1983-1986 Est nommé membre de la Commission des bourses de biotechnologie auprès du ministère de l'Industrie et de la Recherche, membre de la Commission des biotechnologies de l'INRA et membre de la Section 38 du Conseil supérieur des universités.
1987 Retraité du CNRS, quitte Marseille et s'installe à Toulouse et à Rabastens dans le Tarn. Se consacre désormais à l'histoire de l'Antiquité tardive et du Haut Moyen-Age.
1988-2016 Membre de la Société archéologique du Midi de la France (Toulouse).
1995 Epouse sa compagne Michèle Axelos, chargée de recherche CR1 au CNRS.
11/08/2016 Mort à Albi.

Publications en collaboration avec : M. Croson, R. Dedonder, A. Képès, M. Lemoigne (pour la période 1946-1959) ; S. Aké, M. Axelos, J. Barbet, C. de Gournay-Margerie, A.D. Hanson, J-P. Jouanneau, B. Kouassi, G. Labourel, B. Lejeune, A-M. Lescure, D. Marty, P. Seyer, M.M. Smith, N. Tandeau de Marsac, B. Teyssendier de la Serve (pour la période 1959-1987).

- Biographie de Claude Péaud-Lenoël par Michèle Axelos Péaud-Lenoël (2017).

 

Pôle Archives du CeRIS (Institut Pasteur)