Nadia Roukhelman (1890-1944)

repères biographiques

 


 

Pharmacienne et biochimiste française d’origine russe
04/01/1890 Naissance à Odessa (Ukraine, Empire russe).. Issue d'une famille juive, la date exacte de l’émigration en France de Nadia Roukhelman n’est pas connue ; il est probable que, suite aux pogroms sévissant notamment à Odessa après la révolution de 1905, sa famille ait trouvé refuge en Europe occidentale, où Nadia Roukhelman aurait effectué ses études de pharmacie..
09/1915 Entrée à l’Institut Pasteur de Paris (France) ; dans le laboratoire de Félix Mesnil, N. Roukhelman participe aux travaux sur la pathogénie des espèces parasites ; en collaboration avec André Lwoff, elle réussit à entretenir des cultures pures de divers protozoaires ciliés sur des solutions nutritives sans éléments figurés, permettant ainsi de préciser le métabolisme azoté des infusoires..
1926 Elle travaille comme assistante scientifique au service des fermentations de l’Institut Pasteur de Paris, étant reçue successivement par Auguste Fernbach, Moïse Schoen et Rachel Schoen, Maurice Lemoigne..
1930 En collaboration avec Ernst Friedheim, elle participe, en tant qu’experte, à l’analyse des substances métaboliques : recherches sur le métabolisme des glucides dans des tissus animaux en culture et sur l’effet de l’insuline sur ces tissus..
1937 A l’Institut Pasteur et au laboratoire de botanique de la Sorbonne, elle étudie la structure d’un nouveau champignon à pigment noir du genre Torula (T. schoenii) ; elle en caractérise la cytologie et la biochimie, notamment celle de son pigment..
1937 Au service des fermentations, en collaboration avec Berthe Delaporte, une autre assistante de l’Institut Pasteur, N. Roukhelman entreprend l’extraction, la séparation et la purification des acides nucléiques de la levure (identifiés par l’analyse de la composante thymine) ; la présence simultanée de l’ADN et de l’ARN est ainsi démontrée au moins chez les végétaux, infirmant la théorie en cours jusqu’en 1935, selon laquelle l’ARN (baptisé «acide zymonucléique » parce qu’extrait de la levure) était spécifique du règne végétal, alors que l’ADN (baptisé « acide thymonucléique ») était spécifique du règne animal ; ces résultats corroborent ceux obtenus grôce aux progrès de la cytologie (coloration à la fuschine de Feulgen), établissant la présence ubiquitaire de l’ADN, y compris dans les cellules végétales..
1940 Etude du métabolisme des microorganismes du sol ; N. Roukhelman et M. Lemoigne découvrent les lipides bûta-hydroxy- butyriques, hauts-polymères produits du métabolisme de nombreux microorganismes du genre Bacillus, entre autres B. Megaterium..
1943 Première arrestation par la Gestapo à son domicile et transfert au camp de Drancy ; N. Roukhelman est libérée avec l’aide de Jacques Tréfouël, alors directeur de l’Institut Pasteur, arguant auprès des occupants qu’elle est indispensable à la fabrication de vaccins..
22/01/1944 Seconde arrestation et transfert à Drancy sous le matricule 12119 ; déportation à Auschwitz par le convoi N°67 du 3 février 1944 ; son nom figure sur le mur du mémorial des Juifs victimes de la Shoah, inauguré en 2005 à Paris..

Principaux travaux scientifiques : Variations de quelques formes d’azote dans une culture pure d’infusoires ; action de l’insuline étudiée en culture de tissus ; sur la consommation du glucose par des tissus cultivés in vitro ; études cytologique et biochimique de la structure d’un nouveau champignon à pigment noir du genre Torula (T. schoenii) ; recherches cytologiques et chimiques pour la détection de la thymine dans l’acide nucléique extrait de la levure ; variations et caractérisation chez les microbes d’un produit de polymérisation de l’acide bûta- hydroxybutyrique.

Publications en collaboration avec : Berthe Delaporte, Ernst Friedheim, Maurice Lemoigne, André Lwoff

Références bibliographiques : - Notice bibliographique : FR AIP Bio.27 ; « Nadia Roukhelman, un témoignage », écrit par Claude Péaud-Lenoël (1918-2016), Paris, circa 2005. - Fonds d’archives de l’Institut Pasteur : FR AIP DIR.TRE.DS.111 - Fonds d’archives de l’Institut Pasteur : FR AIP DIR.per 1

 

Pôle Archives du CeRIS (Institut Pasteur)