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Acionna

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Acionna
Déesse de la mythologie celtique
Caractéristiques
Fonction principale déesse des eaux
Lieu d'origine Orléanais
Période d'origine Antiquité celte et gauloise

Acionna est une divinité de la Gaule romaine, liée aux eaux. Son existence est attestée dans l'Orléanais.

La stèle d'Acionna

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En 1822, Jean-Baptiste Jollois, un des « inventeurs » de l'archéologie orléanaise, réalisa des sondages sur l'emplacement de la « fontaine de l'Étuvée », une ancienne source artificiellement tarie qu'il était alors question de redécouvrir pour alimenter en eau les fontaines publiques de la ville[1]. Il mit au jour, dans ce qui lui paraissait être un ancien puisard, une stèle approximativement carrée (0,60 × 0,55 m) portant une inscription votive. D'après son style, elle pourrait dater du IIe siècle. La gravure en est soignée et la lecture ne présente aucune difficulté :

AUG(ustae) ACIONNAE
SACRUM
CAPILLUS ILLIO
MARI F(ilius) PORTICUM
CUM SUIS ORNA
MENTIS V(otum) S(olvit) L(ibens) M(erito)
« Consacré à Augusta Acionna, Capillus fils d'Illiomarus, (a offert) ce portique avec ses ornements. Il s'est acquitté de son vœu de bon gré, comme il est juste »

Une divinité des eaux

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Étymologie

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Acionna est inconnue par ailleurs, mais la finale en -onna indique indiscutablement un nom gaulois latinisé. La découverte de sa stèle dans une ancienne fontaine suggère une divinité liée aux eaux. Son nom peut être rapproché du nom de l'Essonne - Axiona, Exona, dans les textes médiévaux - qui prend sa source dans la déclivité nord de la forêt d'Orléans. (Le cours supérieur de cette rivière s'appelle aujourd'hui l'Œuf » et ne prend le nom d'« Essonne » qu'après sa jonction avec la Rimarde). Une autre rivière de la forêt d'Orléans, l'« Esse » ou « Ruisseau des Esses » qui, elle, s'écoule vers le sud, porte peut-être le même nom. L'Esse se jette dans la Bionne, au nom certainement celtique. L'École appelée autrefois Escolle est une rivière qui suit un cours parallèle à l'est de celui de l'Essonne[2].

Acionna avait probablement son sanctuaire à la Fontaine de l'Etuvée sur la commune d'Orléans. En effet, les vestiges d'un temple gallo-romain, ainsi qu'un tronçon d'aqueduc, ont été mis au jour en 2007, lors de fouilles archéologiques. Cette déesse a été vénérée à la source de ces eaux curatives sacrées de la Gaule pendant des millénaires.

Si le premier sanctuaire de l'Étuvée, du Ie siècle av. J.-C., se réduit à un enclos, il est remplacé au Ier siècle ap. J.-C. par un fanum, temple carré à galerie périphérique. Les archéologues ont découvert une série d’ex-voto sous forme de plaquettes en tôle de bronze représentant des yeux, des organes internes ou plus rarement des visages. Ces représentations servaient d'offrandes ou de remerciements à la déesse Acionna pour une guérison. À cela s’ajoutent des instruments destinés aux soins du corps, comme par exemple un miroir, une pince à épiler, un cure-ongle, etc. Leur présence permet d’identifier un sanctuaire guérisseur, souvent en lien avec une source en Gaule romaine. Au IIe siècle ap. J.-C., on observe la construction d’un bassin et d’une cour à portique monumental, mentionné dans l’inscription sur la stèle, mais également du réseau d’aqueducs souterrains. Cette composition architecturale marque simultanément la permanence d’un culte gaulois et son adaptation à la culture romaine[3].

Panthéon des déesses gauloises des eaux

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Plusieurs déesses et nymphes gauloises sont liées aux fleuves et rivières comme Sequana aux sources de la Seine, Icaunis à la source de l’Yonne, Sirona à la source du Suran. parfois leur culte est rendu tout au long de la rivière comme Sagona le long de la Saône, Segeta le long de la Loire, Vesunna à Périgueux au bord de la Dordogne. Chaque source thermale vénère sa déesse ainsi Belisama à Blesme, Bormona à Bourbon-Lancy, Divona à Divonne-les-Bains. Damona a son culte à Bourbonne-les-Bains[4].

Capillus fils d'Illiomarus

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On notera aussi que Capillus — nom latin — est le fils d'un Illiomarus au nom nettement gaulois. À se fier à l'anthroponymie, Capillus peut apparaître comme représentant la seconde génération d'une lignée de notables romanisés, mais qui n'a pas oublié, en cas de nécessité, le recours aux divinités traditionnelles.

La stèle d'Acionna, déposée au jeune Musée historique d'Orléans après sa découverte, a disparu. Mais Jollois l'avait fait dessiner et reproduire en lithographie. Surtout, le Musée des Antiquités nationales a eu le temps d'en prendre un moulage qui se trouve aujourd'hui au musée d'Orléans.

Bibliographie

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  • Jollois, J.-B.- Notice sur les nouvelles fouilles entreprises dans l'emplacement de la fontaine de l'Étuvée et sur les antiquités qu'on y a découvertes, in : Annales de la Société royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts d'Orléans, tome 7, 1824, pp. 143-167 - (publication princeps de l'inscription et reproduction lithographiée) ;
  • CIL, XIII, 3063 ;
  • Debal, J.- Cenabum, Aurelianis, Orléans.- Presses universitaires de Lyon, 1996 - (coll. Galliæ civitates) (ISBN 978-2-7297-0554-1)

Articles connexes

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Références

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  1. ↑ Moulage de la stèle dédiée à Acionna provenant du sanctuaire de l'Etuvée (crédits : Ch. Camus, Musées d'Orléans, 2019)
  2. ↑ Moigny-sur-Ecole, « La vallée de l'Ecole », (consulté le )
  3. ↑ Musées d'Orléans, « Le moulage de la stèle dédiée à Acionna », (consulté le )
  4. ↑ Nicole Jufer, Les dieux gaulois : Répertoire des noms de divinités celtiques connus par l'épigraphie, les textes antiques et la toponymie, Paris, Errance, , 132 p. (ISBN 2-87772-200-7, lire en ligne)