Amabirgina Arri
Amabirgiña arri ou Amabirjina-harria (« pierre de la Vierge » en basque) est un rocher calcaire situé au passage d'Igaratza, dans le massif d'Aralar, sur le chemin reliant les pâturages d'Igaratza au village d'Amezketa au Guipuscoa. Le rocher se situe près du col de montagne Errenaga et de la source Pardeluts.
Le site est connu dans l'ethnographie basque grâce aux recherches de l'ethnologue José Miguel de Barandiarán[1].
Les chemins d'accès sont : depuis Guipuscoa, par le vallon d'Arritzaga à Amezketa et en montant vers le col d'Errenaga. Depuis la Navarre, par Guardetxe jusqu'à Pagomari, puis à travers Igaratza vers le col d'Errenaga.
Étymologie
[modifier | modifier le code]Amabirgiña arri signifie littéralement « rocher de la Vierge Mère » en basque. Le suffixe -a correspond à l'article défini, si bien que arri-a se traduit par « le rocher ». Pour être plus précis, on pourrait écrire Amabirgiña-ko arria, le suffixe -ko indiquant ici l'appartenance, ce qui se traduit par « le rocher de la Vierge Mère ».
Légende
[modifier | modifier le code]Selon la tradition recueillie par Barandiarán, la Vierge Marie serait apparue sur ce rocher à un jeune berger originaire de la ferme de Loidi, à Amezketa. Elle lui aurait demandé de lui apporter trois planches et sept tuiles, en lui promettant que cette charge ne lui pèserait pas. Lorsque le garçon raconta l'événement à ses parents, ceux-ci refusèrent de le croire[1].
La pierre présente une cavité interprétée comme une empreinte de pied, que Barandiarán décrit comme ressemblant au pied droit d'une personne et mesurant environ 17,5 cm de longueur[2].
Pratiques populaires
[modifier | modifier le code]Barandiarán rapporte également que la pierre était considérée par certains bergers comme un ancien lieu d'offrandes, où l'on déposait des présents destinés aux ancêtres[1]. Certains bergers déposent des pièces sur le rocher pour retrouver un mouton perdu, en lien avec San Migel d'Aralar. Une image de la Vierge est également présente sur la pierre.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 (es) José Miguel de Barandiarán, Obras completas, vol. II, Bilbao, La Gran Enciclopedia Vasca, 1972-1983, 108-109 p., p. 108-109
- ↑ (es) José Miguel de Barandiarán, « Notas sobre la devoción popular en Aralar », Munibe. Antropologia-Arkeologia, vol. 47, no 1, , p. 25-27 (ISSN 1132-2217, lire en ligne, consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- José Miguel Barandiaran (trad. Olivier de Marliave, préf. Jean Haritschelhar, photogr. Claude Labat), Mythologie basque [« Mitología vasca »], Toulouse, E.S.P.E.R, coll. « Annales Pyrénéennes », , 120 p. [détail des éditions] (ISBN 2907211056 et 9782907211055, OCLC 489680103)
- Claude Labat, Libre parcours dans la mythologie basque : avant qu'elle ne soit enfermée dans un parc d'attractions, Bayonne; Donostia, Lauburu ; Elkar, , 345 p. (ISBN 9788415337485 et 8415337485, OCLC 795445010)
- Anuntxi Arana (trad. Edurne Alegria), De la mythologie basque : gentils et chrétiens [« Euskal mitologiaz : jentilak eta kristauak »], Donostia, Elkar, , 119 p. (ISBN 9788497838214 et 8497838211, OCLC 698439519)
- Wentworth Webster (trad. Nicolas Burguete, postface Un essai sur la langue basque par Julien Vinson.), Légendes basques : recueillies principalement dans la province du Labourd [« Basque legends »], Anglet, Aubéron, (1re éd. 1879), 328 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980805 et 9782844980809, OCLC 469481008)
- Jean-François Cerquand, Légendes et récits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, Aubéron, (1re éd. 1876), 338 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)