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Colonne de Léon

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Colonne de Léon
Vestige de l'imposte de la colonne.
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Coordonnées
Carte

La colonne de Léon est une colonne honorifique de la Victoire romaine du Ve siècle, située à Constantinople. Édifiée en l’honneur de Léon Ier, auguste de l’Empire d’Orient du au , la colonne se dresse sur le forum de Léon, également appelé Pittakia. Il s’agit d’une colonne en marbre, dépourvue de cannelures, composée de tambours et surmontée d’un chapiteau corinthien, au sommet duquel se trouve une statue de l’empereur[1].

La colonne n’existe plus, mais plusieurs fragments lui appartenant ont été mis au jour au milieu du XXe siècle dans l’enceinte du palais de Topkapı. Ces vestiges comprennent le chapiteau et le bloc d’imposte qui le surmontait, un tambour complet et des fragments d’un second, ainsi que le piédestal de la statue, initialement séparé de l’imposte par un socle aujourd’hui disparu. Les vestiges sont visibles dans la seconde cour du complexe de Topkapı[2]. Le soubassement, le piédestal et la base de la colonne sont perdus. La statue elle-même pourrait également avoir disparu, ou correspondre au bronze aujourd’hui connu sous le nom de colosse de Barletta, conservé en Italie[1].

Références littéraires

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L’existence de la colonne de Léon sur le forum de Léon, à proximité du palais de Topkapı, est attestée par plusieurs textes byzantins en grec médiéval : les Patria de Constantinople, les Parastaseis syntomoi chronikai[3], ainsi que Georges Cédrène. Selon Jean le Lydien, le forum de Léon, où se trouve la colonne, est situé au pittakia[4]. D’après les Patria, la colonne de Léon aurait été dédiée en son honneur par sa sœur nommée Euphemia[5],[6], tandis que Cédrène mentionne l’épouse de Léon, Vérine[7]. Aucun témoignage ne mentionne l’existence d’une inscription dédicatoire conservée[1]. La colonne n’existe déjà plus lorsque Pierre Gilles rédige son De Topographia Constantinopoleos et de illius antiquitatibus libri IV dans les années 1540[8].

Reconstitution

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Le colosse de Barletta qui pourrait avoir surplombé la colonne.

Après la découverte des différents fragments autour de l’emplacement de la colonne, le byzantiniste et archéologue Urs Peschlow démontra qu’ils appartenaient à un même monument et publia en 1986 une reconstitution de la colonne de Léon. Il soutint que le colosse de Barletta, une statue impériale tardive en bronze largement restaurée, provenait à l’origine du sommet de la colonne, en raison de son adéquation proportionnelle avec la structure reconstituée[9]. Il a également été suggéré que le dessin réalisé en 1561 par Melchior Lorck représentant les reliefs d’un piédestal de colonne honorifique — généralement interprété comme celui de la colonne de Constantin — pourrait en réalité représenter le piédestal disparu de la colonne de Léon[10].

Selon la reconstitution de Peschlow, la colonne aurait mesuré entre 21 et 26 m de hauteur sans la statue, avec un fût d’environ 15 m composé de huit tambours, reposant sur un socle, un piédestal et une base atteignant près de 7 m de hauteur[9],[1]. Ces proportions sont établies par analogie avec la colonne de Marcien. La colonne de Léon comportait probablement huit tambours ; le tambour conservé porte la lettre grecque Η, correspondant au chiffre « 8 », ce qui indiquerait qu’il s’agissait du huitième tambour[9]. Sa face supérieure est légèrement concave afin de recevoir le chapiteau. Des représentations sculptées de couronnes de laurier entouraient les joints des tambours. Chaque couronne comportait en son centre un médaillon orné d’un symbole chrétien lié au chrisme et rappelant le monogramme IX[1].

Le chapiteau, haut de plus de deux mètres et large de près de trois, se rétrécissait vers un diamètre inférieur de 1,78 m, proche de celui des tambours sous-jacents. Il présentait des protomes de visages humains saillants au centre de chaque face, entre les volutes, à l’emplacement habituel d’un fleuron[1].

Le forum de Léon

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Le forum de Léon est le dernier forum édifié dans une capitale romaine[11]. Sa localisation exacte demeure incertaine[11]. Une traduction latine du XVe siècle d’un texte de Manuel Chrysoloras indique qu’il se situe « sur la colline de Byzance, à droite du temple de la Paix » (latin : super Byzantiorum tumulo ad dexteram templi Pacis)[11]. Le templum Pacis correspond à l’église de Sainte-Irène, tandis que la « colline de Byzance » désigne l’acropole de la ville préconstantinienne de Byzance[11]. Le site fut ultérieurement occupé par le palais de Topkapı[11].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 (en) Ulrich Gehn, « LSA-2462 Remains of column, once crowned with colossal statue, almost certainly of Leo I, emperor. Constantinople, Forum of Leo I ('Pittakia'). 457-474. », laststatues.classics.ox.ac.uk, (consulté le )
  2. (en) K.R. Dark et A.L. Harris, « The Last Roman Forum: the Forum of Leo in Fifth-century Constantinople », Greek, Roman and Byzantine Studies, vol. 48, , p. 57-69.
  3. Parastaseis 67 : Ὁ Πιττάκης ὁ λεγόμενος Λέων ὁ μέγας ἐστὶν. « Le Pittakis ainsi nommé est Léon l’Ancien. »
  4. (de) Franz Bauer, Stadt, Platz und Denkmal in der Spätantike: Untersuchungen zur Ausstattung des öffentlichen Raums in den spätantiken Städten Rom, Konstantinopel und Ephesos, Mayence, P. von Zabern, , 215–217 p. (ISBN 9783805318426)
  5. Patria II, 31 : Ὁ δὲ λεγόμενος Πιττάκης στήλη ἐστὶν τοῡ μεγάλου Λέοντος τοῡ Μακέλλη, ἣν ἀνήγειρεν Ἐυφημία ἡ τούτου ἀδελφή, « Le Pittakis ainsi nommé est une statue du grand Léon, le Tueur, qu’érigea sa sœur Euphemia. »
  6. John R. Martindale, « Euphemia 3 », dans The Prosopography of the Later Roman Empire: Volume II, AD 395–527, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-20159-4)
  7. Georges Cédrène, I, 563, 18 : Ὅτι ὁ εἰς τὰ Πιττάκια κίων στήλην ἔχει Λέοντος τοῦ τῆς Βερίνης ἀνδρός, « La colonne du Pittakia porte une statue de Léon, l’époux de Vérine. »
  8. (en) Pierre Gilles, The Antiquities of Constantinople, Good Press, (lire en ligne)
  9. 1 2 3 (de) U. Peschlow, « Eine wiedergewonnene byzantinische Ehrensäule in Istanbul. », dans Studien zur Spätantiken und Byzantinischen Kunst, Friedrich Wilhelm Deichmann Gewidmet, Teil 1., Bonn, Habelt, coll. « Monographien / Römisch-Germanisches Zentralmuseum. Forschungsinstitut für Vor- und Frühgeschichte », , p. 21–34
  10. (it) J. Engemann, Quaeritur inventus colitur. Miscellanea in onore di padre Umberto Maria Fasola, Vatican, Pontificio Istituto di archeologia cristiana, coll. « Studi di antichità cristiana, 40 », , p. 249–265
  11. 1 2 3 4 5 Dark et Harris 2008, p. 57-69.

Bibliographie

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  • (en) K.R. Dark et A.L. Harris, « The Last Roman Forum: the Forum of Leo in Fifth-century Constantinople », Greek, Roman and Byzantine Studies, vol. 48, , p. 57-69.