Griffintown
| Griffintown | |
Habitations sur la rue de la Montagne. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Province | |
| Municipalité | Montréal |
| Statut | Quartier |
| Arrondissement | Le Sud-Ouest, Ville-Marie |
| Démographie | |
| Langue(s) parlée(s) | Français, Anglais |
| Géographie | |
| Coordonnées | 45° 29′ 14″ nord, 73° 34′ 17″ ouest |
| Divers | |
| Site(s) touristique(s) | Canal de Lachine, Cité du multimédia, bassin Peel, Victoriatown, Brasserie Dow, École de technologie supérieure, CGI, Rue McGill |
| Localisation | |
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Griffintown est un quartier anciennement ouvrier du Sud-Ouest de Montréal.
Le quartier est circonscrit par la rue Notre-Dame (nord), le canal de Lachine (sud), le boulevard Georges-Vanier (ouest) et le boulevard Robert-Bourassa (est)[1].
Historiquement la limite est du quartier s'étendait jusqu'à la rue McGill[2]. La section entre le boulevard Robert-Bourassa et la rue McGill fait maintenant partie du Vieux-Montréal dans l'arondissement de Ville-Marie.
Origines du quartier
[modifier | modifier le code]Le , la Société Notre-Dame de Montréal accordent aux Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph le fief Nazareth. Les Sœurs transfèrent le fief en 1791 à Thomas McCord (en) via un bail de 99 ans. Le développement urbain du fief demeurera limité jusqu'au début du 19ième siècle[3].
Les associés de McCord revendent frauduleusement le fief en 1796 à Mary Griffin, épouse du marchand de savon Robert Griffin, alors que McCord était absent pour plusieurs années en Grande-Bretagne. Vers 1905 Mary Griffin mandate l'arpenteur Louis Charland pour développer un plan de lotissement pour le fief, qui est nommé "Griffintown" en l'honneur de Mary[3].
Suite à son retour à Montréal Thomas McCord intente un procès pour récupérer la propriété du fief, et en reprend finalement la possession en 1814. Il efface le nom de la rue Griffin (actuellement Wellington), mais le nom Griffintown demeurera dans la mémoire collective comme nom du quartier.
Développement et industrialisation au 19ième siècle
[modifier | modifier le code]La construction du canal de Lachine, ouvert en 1825, accélère l'arrivée de nouveaux résidents et le développement du quartier. L'ouverture du canal favorise l'établissement d'usines et d'entrepôts, accélérant le développement industriel du quartier.
En 1832, le quartier Sainte-Anne qui inclut Griffintown est constitué[4].
Il a été peuplé par des Irlandais débarqués à Grosse-Île en 1847. Fuyant la famine de leur pays d'origine, plusieurs furent attirés par les possibilités de vie meilleure au Canada. La proximité du port, le canal de Lachine et les voies ferrées favorisent la création d'industries, d'entrepôts, de manufactures qui embauchent les Irlandais dans des conditions de travail pénibles et insalubres. Ils ont fortement contribué à la construction du pont Victoria et du canal de Lachine. Une bonne endurance physique et la tolérance à des journées de travail de quinze heures étaient les principales exigences. Plusieurs ouvriers travaillèrent au port, dans les usines, ou à la construction du chemin de fer Grand Trunk. La communauté irlandaise se rassemblait au square Gallery, nommé d'après les frères Gallery, John et Daniel Gallery, avec son chalet construit en 1930 dont il reste quelques vestiges, et à l'église St. Ann, construite en 1854 et détruite en 1970.
- Plan du fief Nazareth, 1805.
- Griffintown en 1896.
- L'Église St. Ann au XXe siècle.
- Parc de Griffintown St. Ann.
Le développement rapide du secteur au XIXe siècle n’est pas entièrement positif : beaucoup de maisons ont été construites rapidement pour loger les ouvriers des nouvelles usines. Ces maisons, manquant d’entretien, deviennent des taudis. Se pose aussi un problème de surpeuplement : les appartements sont parfois subdivisés pour accueillir d’autres familles.

Le secteur est mal desservi par le réseau d’aqueduc et il est régulièrement frappé par des incendies, des inondations et des épidémies. Une première grave épidémie de typhus tue ainsi 6 000 Irlandais en 1847.
Déclin du quartier au 20ième siècle
[modifier | modifier le code]Le quartier a connu un déclin important au 20ième siècle, passant de près de 30,000 résidents au début du 20ième siècle[5] à 546 en 1974.
Plusieurs facteurs contribuent à ce déclin, incluant:
La construction d'infrastructures qui défigurent le quartier, particulièrement la construction du viaduc du Canadien National en 1931 et de l'autoroute Bonaventure en 1965. La construction de ceux-ci coupa le quartier en deux et força le démolition d'une centaine de logements dans chacun des cas.
Le déclin de l'activité industrielle autour du canal de Lachine après l'ouverture de la voie maritime en 1959.
Le rezonage du quartier en 1963, par la Ville de Montréal pour un usage industriel, empêchant tout développement (ou redéveloppement) résidentiel[3].
Le parc immobilier vieillissant et désuet, qui manquait souvent des commodités devenues essentielles au 20ième siècle, comme l'eau chaude et un raccordement au réseau d'aqueduc.
Dans la culture populaire
[modifier | modifier le code]Richard Burman a réalisé un documentaire en 2003 intitulé Ghosts of Griffintown. Il raconte l'histoire de Mary Gallagher, une prostituée qui fut brutalement assassinée en 1879 et dont la légende veut qu'elle revienne à tous les sept ans sur la rue William à la recherche de sa tête. Le documentaire explore aussi l'histoire du quartier en utilisant cette légende comme métaphore reflétant le fait que la communauté a disparu comme un fantôme[6].
Alan Hustak a écrit un livre intitulé The Ghost of Griffintown qui explore en détail le meurtre de Mary Gallagher[7].
Le réalisateur Michel Régnier a réalisé un film sur le sujet en 1972. David O'Keefe (en) a écrit une émission de télévision documentaire en anglais intitulé The Ghosts of Griffintown[8].
Lisa Gasior a créé le projet Sounding Griffintown, qui est une promenade conçue pour être faite individuellement. Ce projet présente une description et des entrevues sur le paysage changeant de l'endroit[9].
Il reste peu de vestiges de l'époque. Mentionnons le Griffintown Horse Palace, écuries datant de 1860, et une rangée de maison sur la rue de la Montagne. Une d'elles a été intégrée à un projet de condominiums.
Projet de l'autoroute Bonaventure
[modifier | modifier le code]En , le maire de Montréal, Gérald Tremblay, avec la collaboration de la Société du Havre, a annoncé la transformation de l'autoroute Bonaventure en boulevard urbain, ce qui serait une des phases d'un immense projet pour faire revivre le quartier Griffintown. Ce dernier comprendrait de nouvelles tours à bureaux, des condos, des résidences universitaires ainsi qu'une ligne de tramway.
Projets immobiliers
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Des projets immobiliers sont entamés dès 2003. Un promoteur rénove des anciennes usines de chocolat Lowney (Cherry Blossom), une icône du quartier[10], ajoutant au fil des années 1 625 unités d'habitation[11].
En , le promoteur Devimco annonce des investissements de 475 millions de dollars d'une première phase de 4 tours comprenant 1 375 logements, des commerces et un hôtel[12].
Le , le maire d'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais rapporte que Griffintown est la convoitise de plusieurs promoteurs immobiliers car ceux-ci veulent construire vingt-trois projets immobiliers, soit 6 500 logements, du jamais vu à Montréal[13]. L'essor est également favorisé par l'arrivée de l'École de technologie supérieure, la Cité du Multimédia et le Quartier de l'innovation.
Un projet de 1 800 logements certifié LEED vient s'ajouter en 2012 sur l'ancien site de tri postal de Postes Canada[14].
En 2012, le Centre islamique d'Aisha acquiert un immeuble au 425 rue de l'Aqueduc afin d'y établir une mosquée permanente, après avoir débuté en 2005 comme projet local d'organisation de la prière du vendredi à Griffintown[15],[16].
En 2013, un autre projet vient ajouter 257 logements et des espaces commerciaux au rez-de-chaussée[17].
Le 900 Saint-Jacques est un gratte-ciel de 63 étages en construction aux limites de Griffintown[18].
Le , l'administration Plante annonce qu’elle compte modifier son règlement d’urbanisme pour simplifier le travail des promoteurs résidentiels dans le quartier Griffintown[19].
Galerie
[modifier | modifier le code]- District Griffin sur le Parc
- ETS Résidences étudiantes Phase 4
- Édifice Cognicase
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Programme Particulier d'Urbanisme - Secteur Griffintown », sur mtl.ged.montreal.ca (consulté le )
- ↑ « Cartes de Griffintown Maps », sur www.griffintown.org (consulté le )
- 1 2 3 David B. Hanna, « GRIFFINTOWN : SON HISTOIRE ET SON CADRE BÂTI », (consulté le )
- ↑ ville.montreal.qc.ca
- ↑ (en) « Histoire de Griffintown », sur Griffinworks (consulté le )
- ↑ (en) Nick Hune-Brown, « Going Down to Griffintown », sur McGill Daily,
- ↑ (en) Kristian Gravenor, « Headless hooker haunts anew », Montreal Mirror, .
- ↑ (en) « Taking History to the Screen: Learn about historical documentary-making | Arts », sur uwaterloo.ca (consulté le ).
- ↑ (en) Lisa Gasior, « Sounding Griffintown: A Listening Guide of a Montreal Neighbourhood », sur griffinsound.ca
- ↑ Simon Diotte, « Prével poursuit la revitalisation de Griffintown », La Presse, (lire en ligne).
- ↑ Étienne Plamondon Emond, « Lowney sur ville - Un édifice de vingt étages dans Griffintown », Le Devoir, (lire en ligne).
- ↑ Martin Croteau, « La nouvelle version de Griffintown dévoilée », La Presse, (lire en ligne).
- ↑ Martin Croteau, « Griffintown: un boom immobilier « jamais vu » à Montréal », La Presse, (lire en ligne).
- ↑ Danielle Bonneau, « Un quartier LEED ND en bordure du canal de Lachine », La Presse, (lire en ligne).
- ↑ « Histoire du Centre islamique Aisha », sur Aisha Islamic Centre (consulté le )
- ↑ « Downtown Montreal Center », sur ANFIQ (consulté le )
- ↑ « L'Hexagone à Montréal : premier immeuble d'envergure à vocation locative résidentielle depuis une décennie », sur Newswire, (consulté le ).
- ↑ André Dubuc, « Centre-ville: Montréal autorise la construction d’une tour de 63 étages », La Presse, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Philippe Teisceira-Lessard, « Quartier Griffintown: Montréal protégera le développement résidentiel contre les tentatives de blocage », La Presse, (lire en ligne, consulté le ).
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la musique :
- Griffintown (Ville de Montréal)
- (mul) Comité pour le sain redéveloppement de Griffintown
- (en) Save Griffontown
- Mémoires des Montréalais : Griffintown