Khekeretnebty
| Khekeretnebty | ||||||
Statue en bois de la princesse Khekeretnebty, trouvée dans son mastaba d'Abousir - Musée Náprstek de Prague | ||||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Transcription | H̱kr.t-Nb.ty | |||||
| Période | Ancien Empire | |||||
| Dynastie | Ve dynastie | |||||
| Famille | ||||||
| Père | Djedkarê Isési | |||||
| Enfant(s) | ♂ Tisethor | |||||
| Fratrie | ♂ Ounas (?)♂ Néserkaouhor♂ Rêmkoui♂ Isésiânkh (?)♂ Kaemtjenent (?)♀ Hedjetnebou♀ Meret-Isési (?)♀ Nebtyemnéferes (?)♀ Kentkhaous (?) | |||||
| Sépulture | ||||||
| Nom | Mastaba B | |||||
| Type | mastaba | |||||
| Emplacement | Abousir | |||||
| Découvreur | Université Charles | |||||
| Objets | Momie Vases canopes Table d'offrande Vaisselle rituelle Appui-tête en albâtre Ustensiles en cuivre et outils lithiques offrandes alimentaires Statue en bois |
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Khekeretnebty ou Khekeretnebti est une princesse égyptienne, fille de Djedkarê Isési, roi de la Ve dynastie.
Attestation
[modifier | modifier le code]La princesse n'est attestée que par sa tombe, située dans une zone de six mastabas à 150 m à l'est de la pyramide de Khentkaous II, avec entre autres le mastaba K de la princesse Hedjetnebou et le mastaba C du prince Néserkaouhor[1]. Un relief de ce tombeau a été prélevé et a été acheté par le Brooklyn Museum (inv. 64.148.2[2]).
La princesse porte les titres suivants[1] :
- « Fille du roi » (sȝ.t nsw.t),
- « Fille du roi de sa chair » (sȝ.t nsw.t nt ẖt=f),
- « Fille du roi de sa chair sa bien-aimée » (sȝ.t nsw.t nt ẖt=f mr.t=f),
- « Sa bien-aimée de tous les jours » (mrr.t=f nb),
- « Aimée d'Isési » (mrr.t (n.t) Jssj),
- « Révérée par Isési » (jmȝḫ.t ḫr Jssj),
- « Révérée par le roi » (jmȝḫ.t ḫr nsw.t),
- « Révérée par le Grand Dieu » (jmȝḫ.t ḫr nṯr ˁȝ).
Généalogie
[modifier | modifier le code]Les titres qu'elle porte permettent de faire de cette femme la fille du roi Djedkarê Isési de manière certaine. Le nom de sa mère est cependant inconnu ; Miroslav Verner propose que cette reine soit une fille du roi Niouserrê, ce qui expliquerait la localisation à Abousir de la tombe de cette princesse, ainsi que de la princesse Hedjetnebou et du prince Néserkaouhor[3].
Khekeretnebty est en tout cas la mère de Tisethor[4], jeune femme enterrée dans un autre caveau de la tombe, agrandie à cet effet[1]. L'époux de Khekeretnebty et père de Tisethor n'est cependant pas connu.
Sépulture
[modifier | modifier le code]Khekeretnebty fut inhumée dans un mastaba édifié dans la nécropole royale d'Abousir au sud-est du temple funéraire de Niouserrê.
Ce monument de 18,70 m de longueur pour 10,42 m de largeur et 2,78 m de hauteur a été bâti en pierre calcaire et en briques crues[5]. Il comporte un accès unique centré sur sa face orientale qui donne accès à un ensemble de pièces disposées en enfilade. Une chapelle centrale sert de vestibule et donne au sud à la chapelle de culte de Khekeretnebty munie de sa stèle fausse-porte ainsi que d'un serdab qui contenait la statue funéraire de la princesse, et au nord à la chapelle de culte et la stèle fausse-porte de Tisethor[6].
Derrière cet ensemble de pièces accessibles pour rendre le culte funéraire se trouvent les puits aboutissant aux deux chambres funéraires des défuntes[5]. Si la chambre funéraire de Tisethor a été largement pillée, celle de Khekeretnebty, accessible à partir d'un puits de 5 m de profondeur, fut partiellement protégée par l'effondrement du plafond de la chambre à la suite de la percée pratiquée par les pillards de l'Antiquité. Cet incident a ainsi préservé une partie du viatique funéraire de la princesse dont les quatre vases canopes en calcaire, un ensemble de vaisselle votive en cuivre et en albâtre, des ustensiles en cuivre destinés au rite de « l'ouverture de la bouche », une tablette aux sept huiles sacrées également en albâtre, un appui-tête dans le même matériau, une table d'offrande en bois ainsi que les céramiques destinées à recevoir les offrandes alimentaires destinées à accompagner la défunte dans son voyage dans l'au-delà[7].
Outre ces éléments du mobilier funéraire, la fouille a également mis au jour les restes humains des deux princesses ; leur étude anthropologique a confirmé qu'il s'agissait d'une mère et d'une fille, l'une étant âgée d'un peu plus d'une trentaine d'années au moment de sa mort, la seconde ayant à peine atteint l'âge de la puberté[8].
Si les causes de ces deux décès n'ont pu être établis, il n'en reste pas moins qu'ils ont surpris les deux princesses dans la fleur de l'âge et que cet évènement interrompit la décoration du tombeau qui fut laissée inachevée. Ce malheur qui frappa la famille royale permet aujourd'hui de suivre sur les murs du mastaba les techniques employées par les artisans du roi dans l'exécution des décors depuis le simple dessin au trait rouge surligné de noir à la mise en relief des scènes abouties, en passant par une première mise en couleur des principaux sujets.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 Verner et Callender 2002, p. 13.
- ↑ (en) « Relief du Brooklyn Museum (64.148.2) »
- ↑ Verner 2014, p. 82.
- ↑ Baud 2005, p. 561.
- 1 2 Verner et Callender 2002, p. 15.
- ↑ Verner et Callender 2002, p. 16.
- ↑ Verner et Callender 2002, p. 21-23.
- ↑ Verner et Callender 2002, p. 53.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Miroslav Verner, « The False-door of Khekeretnebty », Zeitschrift für ägyptische Sprache und Altertumskunde, Berlin, no 109, , p. 73–74 ;
- (en) Eugen Strouhal, « Princess Khekeretnebty and Tisethor: Anthropological Results », Zeitschrift für ägyptische Sprache und Altertumskunde, Berlin, no 111, , p. 41-44 ;
- (en) Miroslav Verner, « A Late Dynasty 5 Cemetery at Abusir », Zeitschrift für ägyptische Sprache und Altertumskunde, Berlin, no 117, , p. 72–78 ;
- (en) Eugen Strouhal, « Anthropological and archaeological identification of an ancient Egyptian Royal family (5th Dynasty) », International Journal of Anthropology, Springer Netherlands, vol. 7, no 3, ;
- (en) Miroslav Verner et Vivienne G. Callender, Abusir VI : Djedkare's Family Cemetery, Prague, Czech Institute of Egyptology, , 164 p. (ISBN 80-86277-22-4, lire en ligne) ;
- (en) Miroslav Verner, Sons of the Sun : Rise and Decline of the Fifth Dynasty, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 308 p. (ISBN 978-80-7308-541-4) ;
- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
- Bretislav Vachala, Guide des sites d’Abousir, IFAO - Bibliothèque générale, , 112 p. (ISBN 978-2724703269).