Li Shaohong
| Naissance |
Suzhou, Jiangsu, Chine |
|---|---|
| Nationalité |
|
| Profession |
Réalisatrice Productrice |
| Films notables |
Hóngfěn Liàn'ài zhōng de bǎobèi |
Li Shaohong, née le à Suzhou dans la province du Jiangsu, est une réalisatrice et productrice chinoise. Elle appartient à la Cinquième Génération de réalisateurs[1],[2]. Son œuvre est marquée par l'expérience de la Révolution culturelle, les questions sociales, et la condition féminine en Chine.
Elle travaille dès l'âge de 14 ans au sein d'un hôpital militaire, avant d'être admise à l'Académie du film de Pékin en 1978, où elle devient réalisatrice. Plusieurs de ses films sont remarqués dans les festivals internationaux. Elle s'illustre en parallèle en Chine par une carrière de réalisatrice de séries télévisées, comme Dàmíng gōng cí (zh) ou Hónglóumèng (zh). Elle remporte plusieurs prix en Europe, dont la Montgolfière d'Or du Festival des Trois Continents 1992, pour Un matin couleur de sang, ainsi qu'un Ours d'argent à la Berlinale 1995, pour Hóngfěn. En 2005, elle remporte le Grand Coucal d'Or du Festival International du Film du Kerala, ainsi le prix du Meilleur film du Festival de TriBeCa, pour Shēngsǐ jié (en).
Jeunesse
[modifier | modifier le code]Li Shaohong est née le à Suzhou dans la province du Jiangsu. Lors de la Révolution culturelle, elle est incorporée, dès l'âge de 14 ans, à un hôpital militaire dans la province du Sichuan. La vie militaire lui déplaît pour son trop grand nombre de règles, et elle décide de s'engager dans la réalisation cinématographique. Elle est admise à l'Académie du film de Pékin en 1978, d'où elle sort diplômée en réalisation en 1982. C'est à l'Académie qu'elle rencontre son futur mari, le chef opérateur et réalisateur Zeng Nianping.
Carrière
[modifier | modifier le code]Réalisatrice pour le cinéma (1982 - 1995)
[modifier | modifier le code]À sa sortie de l'Académie du film, elle intègre le Beijing Film Studio en tant qu'assistante-réalisatrice sur de nombreux tournages. Elle passe à la réalisation en 1988, avec Yín shé móushā àn, et atteint une première reconnaissance internationale avec Un matin couleur de sang en 1990. Le film adapte la nouvelle de Gabriel García Márquez, Chronique d'une mort annoncée, à un petit village chinois. Le film est primé à Nantes au Festival des trois continents 1992. C'est un film représentatif de la cinquième génération de réalisateurs chinois, qui compte en particulier Zhang Yimou et Chen Kaige parmi ses représentants. Li Shaohong témoigne alors d'un attachement à la représentation et aux problèmes sociaux de la vie rurale chinoise.
Le succès international se poursuit avec Hóngfěn en 1994, adapté du roman éponyme de Su Tong qui raconte l'histoire de deux prostituées de Shanghaï pendant la révolution de 1949[3]. Le film est récompensé par un Ours d'Argent à la Berlinale 1995[4].
Carrière télévisuelle (1996 - 2003)
[modifier | modifier le code]Après une période de succès internationaux, Li Shaohong se tourne vers la production audiovisuelle nationale, et fonde Rosat Film, sa propre société de production basée à Pékin, en 1995, de concert avec son époux Zeng Nianping, chef-opérateur de la plupart de ses films.
Avec cette structure, Li Shaohong produit et réalise les séries Léi yǔ, Dàmíng gōng cí (zh) et Júzǐ hóngle (zh). Dàmíng gōng cí (zh) est l'une des séries les plus suivies en Chine dans les années 2000, et elle remporte de nombreux prix aux China TV Golden Eagle Award.
Retour au cinéma (2003 - )
[modifier | modifier le code]En 2003, Li Shaohong revient au cinéma avec Liàn'ài zhōng de bǎobèi, qui marque une rupture dans son œuvre, en introduisant des éléments du réalisme magique, qui remporte un franc succès domestique. L'année suivante, Shēngsǐ jié (en) lui vaut de nouveau une reconnaissance internationale, et reçoit des prix en Inde, en Italie et aux États-Unis. Ce film, tout comme le suivant, Mén, s'intéresse à la condition féminine en Chine dans un style poignant et naturaliste.
Pendant cette même période, la production audiovisuelle pour la télévision continue avec Hónglóumèng (zh), qui connaît un succès populaire en Chine.
Autres
[modifier | modifier le code]Li Shaohong a été élue en 2011 présidente de l'Association chinoise des réalisateurs.
Filmographie
[modifier | modifier le code]- 1988 : Yín shé móushā àn (银蛇谋杀案)
- 1990 : Un matin couleur de sang[5] (血色清晨), Montgolfière d'or du Festival des trois continents 1992
- 1992 : Sìshí bùhuò (四十不惑), Prix du jury œcuménique du Festival international du film de Locarno 1992
- 1994 : Hóngfěn (红粉), Ours d'argent à la Berlinale 1995, Paon d'or du Festival du Film indien 1996
- 1997 : Hóng xīfú (红西服)
- 1996 : Léi yǔ (雷雨)
- 1998 : Dàmíng gōng cí (zh) (大明宫词), série télévisée
- 2001 : Júzǐ hóngle (zh) (橘子紅了), série télévisée
- 2004 : Liàn'ài zhōng de bǎobèi (恋爱中的宝贝)
- 2005 : Shēngsǐ jié (en) (生死劫), Grand Coucal d'Or du Festival International du Film du Kerala 2005, Meilleur film[6] au Festival du film de Tribeca 2005
- 2006 : Mén (门)
- 2010 : Hónglóumèng (zh) (红楼梦), série télévisée
- 2019 : Mā gé shì zuò chéng (妈阁是座城)
- 2021 : Dà sòng gōng cí (zh) (大宋宫词), série télévisée
- 2022 : Shìjiān yǒu tā (世间有她), coréalisé avec Sylvia Chang et Joan Chen
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ "Blush from Novella to Film: The Possibility of Critical Art in Commodity Culture", (résumé de l'article en anglais), article complet paru dans Modern Chinese Literature and Culture, Vol. 12, No. 1 (SPRING, 2000), pp. 115-163.
- ↑ (en) Zhiwei Xiao et Yingjin Zhang, Encyclopedia of Chinese Film, Routledge, , 504 p. (ISBN 978-1-134-74554-8, lire en ligne)
- ↑ (en) Edward L. Davis, Encyclopedia of Contemporary Chinese Culture, Taylor & Francis, , 786 p. (ISBN 978-0-415-77716-2, lire en ligne), p. 790
- ↑ (en) « Prize Winners », Berlinale, (consulté le )
- ↑ « Un matin couleur de sang », sur cinematheque.fr
- ↑ Notice du film sur le site du Festival de TriBeCa
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à l'audiovisuel :