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Marine Périn

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Marine Périn
Biographie
Formation
Activité
Prononciation
Œuvres principales
Marinette — Femmes et féminisme (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Marine Périn est une vidéaste, réalisatrice et journaliste francophone, connue notamment pour sa chaîne YouTube Marinette - femmes et féminisme et ses films documentaires, dans lesquels elle aborde de nombreuses thématiques féministes.

Elle a remporté plusieurs prix, dont le prix EllesFontYouTube en 2019, le prix d'éloquence Gisèle Halimi en 2020, ainsi que la première bourse Albert Londres dans la catégorie « web vidéo » en 2022.

Après des études de lettres à la Sorbonne où elle prépare sa licence, Marine Périn intègre l'École de journalisme et de communication d'Aix-Marseille de 2011 à 2013[1].

Passionnée par le domaine des images, elle effectue plusieurs stages en télévision, puis est recrutée comme responsable éditoriale sur le site web participatif maVéritésur.com, jusqu'en 2015[1].

Marine Périn décide ensuite de créer sa chaîne YouTube Marinette - femmes et féminisme, où elle aborde notamment des thèmes en rapport avec la défense des droits des femmes[1],[2].

En 2018, elle collabore avec le Centre Hubertine Auclert, espace destiné à la promotion de l'égalité femmes-hommes en région parisienne, qui abrite l'observatoire de l'égalité, et prend connaissance de leur rapport spécifique sur les cyber violences conjugales[3]. En 2019, elle obtient une bourse et 3 jours de résidence, lui permettant de réaliser un documentaire sur cette thématique : intitulé Traquées, il remporte le prix EllesFontYouTube et fait l'objet d'une programmation télévisuelle[4],[5],[6].

Elle est porte-parole de l'association Prenons la une, issue d'un collectif de journalistes féministes, de 2019 à 2022[7].

Elle remporte en 2020 le prix d'éloquence Gisèle Halimi, organisé par la Fondation des femmes, pour un discours sur le thème de la "mère parfaite"[8].

En 2022, elle publie Dans la place, une série documentaire consacrée à quatre jeunes filles issues de l'immigration et de milieux modestes, Mahadi Gary, Mariama Fofana, Amina Azzaoui et Fanta Minte. La série, divisée en quatre épisodes, est coréalisée avec elles[9],[10].

En , elle remporte la première bourse Albert Londres "web vidéo" pour son projet The Rabbit Hole, une série d'enquête et d'infiltration sur la sphère masculiniste destinée à être publiée sur les réseaux sociaux TikTok et Instagram[9],[11],[12].

En , elle signe une tribune appelant à voter « contre l’extrême droite et pour le Nouveau Front Populaire » aux élections législatives anticipées des et [13].

Elle est active sur Instagram et TikTok, où elle vise une audience plus jeune. En 2025, elle dit obtenir ses audiences les plus importantes sur Tiktok. Elle est également présente sur Twitch, où elle anime des lives et présente une revue de presse féministe[9].

En tant que féministe engagée sur internet, elle est parfois victime de cyber-harcèlement, insultée ou menacée de viol ou de mort[14].

Vie privée

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Enfant, elle passe une importante partie de sa vie chez ses grands-parents[1]. Fantasmant un métier lui permettant d’associer voyages et écriture, elle souhaite, déjà à l’époque, devenir journaliste[1]. Dès ses 15 ans, elle devient progressivement autonome[1].

Alors qu’elle est étudiante en journalisme, elle se fait agresser dans une rue de Marseille[1].

Elle est confrontée à du harcèlement sexuel lors d’un emploi pour une chaîne télévisée[15].

Le , elle dénonce publiquement un homme sur son compte Twitter pour le harcèlement qu’il lui fait subir durant ses entrainements de jogging depuis plusieurs mois[16]. Dans ses tweets, elle explique les faits et encourage les femmes qui subissent ce type de violence à en parler[16].

À ses débuts sur YouTube, Marine Périn produit ses vidéos à l'aide de deux appareils photos, d'un enregistreur de son et effectue ses montages sur Final Cut[15]. Ses réalisations, tournage et montage inclus, lui prennent alors entre deux heures (pour la vidéo sur le harcèlement au travail) et deux journées et demie (pour celle sur l'IVG)[15].

Sa chaîne YouTube Marinette - femmes et féminisme est pour elle un lieu d'expérimentation lui permettant d'aborder des thématiques potentiellement exploitables par les médias traditionnels, tels que des sujets culturels ou politiques, mais qu'elle traite dans une perspective féministe[15]. Son activité de Youtubeuse lui permet ainsi de choisir les thématiques de ses vidéos mais également l'angle sous lequel les questionner[14]. La publication sur YouTube lui permet en fait d'intégrer des codes journalistiques à ses reportages, sans toutefois dépendre des formats des médias traditionnels[15]. De plus, selon elle, contrairement aux médias traditionnels, ce média social permet de toucher davantage les jeunes, public qu'elle souhaite en particulier sensibiliser à travers ses vidéos[6].

Alternant expériences personnelles, témoignages, avis d'expertes et références sociologiques et anthropologiques, ses vidéos articulent des contenus à la fois intimes et informatifs[14]. Marine Périn y aborde des thèmes tels que l'avortement, la musculature ou la pilosité chez les femmes, les œuvres littéraires féministes, l'écriture inclusive et les violences conjugales[6].

En 2022 et 2023, elle publie 12 épisodes de Punchlineuses, un format de vidéos de 3 à 5 minutes consacrées à des phrases marquante des luttes féministes, qui permettent d'explorer des concepts issus de ces dernières[17].

La montée en popularité de sa chaîne s'est notamment produite grâce au relais de certaines de ses vidéos par des Youtubeuses et au sein du milieu féministe[15]. En , ses vidéos sont visionnées quelques milliers de fois et sa chaîne comptabilise 700 abonnés[15]. En , la communauté qui la suit se compose à 80% de femmes et le nombre d'abonnés total est de 26 000[14]. Sa chaîne compte, en , 27 000 abonnés[5]. En , elle atteint plus de 43 000 abonnés.

Marine Périn est notamment connue pour son documentaire YouTube de 70 minutes Traquées dans lequel elle traite de l'usage de nouvelles technologies en tant qu'outils de contrôle, d'emprise et de violence dans le cadre de violences conjugales[1]. Dans cette enquête, elle met principalement en lumière quatre formes de cyberviolences conjugales : le harcèlement par SMS, la cybersurveillance, le revenge porn et les violences administratives[6]. Elle tente d’illustrer que certaines nouvelles technologies sont utilisées par leurs auteurs comme des moyens de prolonger la domination, leur permettant de l'exercer même à distance de leurs victimes[4]. Toutefois et paradoxalement, la réalisatrice met en avant dans ce documentaire le fait que les dispositifs numériques se révèlent parfois d’une aide précieuse pour certaines femmes subissant des violences conjugales qui parviennent par leur biais à s’informer et à trouver de l’aide[1], notamment sur internet[5]. Outre les témoignages mobilisés dans ce documentaire, Marine Périn prend le parti de se mettre elle-même en scène en tant que réalisatrice pour rendre compte du travail de réflexion qu’elle a mené durant le tournage et des difficultés qu’elle a rencontrées dans ce contexte[5].

Sa distinction dans le cadre d’EllesFontYouTube lui permet de se faire prêter du matériel de tournage et de financer l’engagement d’une équipe qui l’accompagne alors durant la réalisation de ce documentaire dont le tournage dure plusieurs mois[1],[9].

Pour documenter son film, Marine Périn contacte, dans un premier temps, les associations référencées dans un rapport du centre Hubertine Auclert sur les cyberviolences conjugales[6]. Puis, elle lance un appel par le biais de son compte Twitter pour recueillir des témoignages de femmes ayant subi des violences conjugales[6]. Ces derniers lui révèlent qu’applications sur smartphones, jeux vidéos, outils de géolocalisation ou maisons connectées[5] mais aussi réseaux sociaux, comptes administratifs en ligne ou logiciels espions sont autant de moyens détournés d’exercer les violences conjugales[4]. Parmi les 25 retours qui font suite à son appel à témoin, elle sélectionne quatre femmes pour le tournage[6]. En outre, des hommes auteurs de violences conjugales la contactent également et leurs témoignages sont présentés dans le documentaire[5]. Elle prend par ailleurs contact avec des travailleuses sociales et choisit de donner la parole à l’une d’entre elles, expérimentée dans le soutien des victimes de violences conjugales[4].

Sidération psychique

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Marine Périn consacre deux de ses vidéos Youtube à la sidération psychique : Violences sexuelles : la sidération psychique et La sidération : pour aller plus loin [18]. Celles-ci présentent le témoignage de Marine Périn, elle-même ayant fait l’expérience de la sidération lors d’une agression[19], ainsi qu’une interview de la spécialiste Muriel Salmona[18]. La psychothérapeute Marianne Kuhni a retranscrit ces vidéos[18],[19], soulignant la richesse des documentaires de la youtubeuse sur la question, tant en termes d’outils conceptuels pour la prise en charge des victimes par des professionnels que de ressources thérapeutiques pour les personnes victimes de violences sexuelles[18].

Réalisations

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Vidéos en 2016

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  1. Docu — IVG : Ma grand-mère, ma mère et moi
  2. Édito — De la musculature des femmes
  3. Édito — Harcèlement sexuel au travail : mon expérience
  4. Focus — Violences sexuelles : la sidération psychique
  5. Focus — La sidération : pour aller plus loin
  6. Édito — Du viol et de la responsabilité journalistique

Vidéos en 2017

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  1. Docu — Compostelle : un bout de chemin avec elles
  2. Édito — Des poils et des femmes
  3. Docu — IVG : L'accès au droit
  4. Décryptage — Les Survivants ou la lutte anti-IVG 2.0
  5. Culture — De la littérature féministe
  6. Podcast — Ces femmes qui voyagent seules
  7. Débat — L’écriture inclusive, à quoi ça sert ?

Vidéos en 2018

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  1. Fact-Checking — La justice familiale est-elle matriarcale ?
  2. Militantes Badass — Les Femmes du Don (Russie)

Vidéos en 2019

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  1. Sauriez-vous reconnaître des violences conjugales ? (probablement pas)
  2. Vlog corps #1 : femme objet
  3. Le patriarcat nique la sexualité - ft. Noémie Renard
  4. Documentaire - Les cyberviolences conjugales
  5. La sororité, arme politique - ft. les colleuses

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Youtubeur·se du mois - Marine Périn, journaliste au service des droits des femmes », sur Les Inrocks, (consulté le ).
  2. « Les 5 youtubeuses féministes incontournables - Elle », sur elle.fr, (consulté le ).
  3. « Cyberviolences conjugales : l'écran frappe à coups de SMS et vidéos », sur www.journaldesfemmes.fr (consulté le )
  4. 1 2 3 4 « Les cyberviolences conjugales sont une manière de prolonger la domination » Marine Périn, réalisatrice de « Traquées », sur NEON, (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 6 « "Traquées", le documentaire YouTube sur les cyberviolences conjugales », sur RTL.fr (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 7 « Les cyberviolences conjugales « aggravent l’isolement » selon Marine Périn », sur www.20minutes.fr (consulté le ).
  7. Acrimed, « Jeudi d'Acrimed (reporté) – Les médias depuis #MeToo : où en est le sexisme ? », sur Acrimed | Action Critique Médias (consulté le )
  8. « Prix Gisèle Halimi 2022 : dénoncer le sexisme par le verbe », TV5MONDE - Informations, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  9. 1 2 3 4 Marianne Rigaux, « Marine Périn, journaliste punk et féministe », sur La Scam : Société civile des auteurs multimédia, (consulté le )
  10. « « Dans la place » : ces jeunes filles qui veulent faire entendre leur voix - Elle », sur elle.fr, (consulté le )
  11. « Les premières lauréates 2024 des bourses Albert Londres sont connues », sur La lettre de l'audiovisuel, (consulté le )
  12. « Les premières lauréates des bourses Albert Londres », sur La Scam : Société civile des auteurs multimédia, (consulté le )
  13. « Plus de 300 personnalités d’internet appellent à se mobiliser : l’histoire nous regarde ! », sur Le Club de Mediapart, (consulté le )
  14. 1 2 3 4 « Être féministe sur YouTube : le témoignage de Marine Périn », sur Cosmopolitain.fr, (consulté le )
  15. 1 2 3 4 5 6 7 « Marinette, YouTubeuz journaliste et féministe », sur mademoiselle.com, (consulté le )
  16. 1 2 Violette Salle, « Harcelée pendant son jogging, elle dénonce son harceleur sur Twitter d'une manière géniale », sur aufeminin.com, (consulté le )
  17. « Les Punchlineuses, sur YouTube : la lutte féministe par ses phrases chocs », sur www.telerama.fr, (consulté le )
  18. 1 2 3 4 Marianne Kuhni, « Transcription de l’interview de Muriel Salmona par Marine Périn », sur mariannekuhni.com, (consulté le )
  19. 1 2 Marianne Kuhni, « La sidération traumatique : une victime paralysée et dissociée pour survivre à l’effroi », sur mariannekuhni.com, (consulté le )

Liens externes

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