Pavillon de Marsan

Le pavillon de Marsan, élément du palais du Louvre, faisait partie du palais des Tuileries, à Paris.
Construction
[modifier | modifier le code]Première version
[modifier | modifier le code]Le pavillon de Marsan fut initialement construit entre 1659 et 1666 sous Louis XIV, d'après les plans de Louis Le Vau. Les façades étaient identiques à celles du pavillon de Flore, à l'extrémité Sud du palais des Tuileries, afin de respecter la symétrie du palais dont il constituait l'extrémité au Nord. Le pavillon de Flore avait, quant à lui, été construit par Jacques II Androuet du Cerceau entre 1595 et 1610 et achevée par Louis Le Vau. Le style en était un classicisme assez épuré marqué par l'ordre colossal, caractéristique du style de Jacques II Androuet du Cerceau.
Le Vau avait également construit l'aile Nord du palais des Tuileries pour abriter la galerie des machines du théâtre, avec des façades symétriques vis à vis de l'aile Sud construite par Androuet du Cerceau. Contre le côté oriental du pavillon de Marsan, Le Vau construisit aussi la première travée de l'aile Nord orientée vers le Louvre, en prévision de la réunion du Louvre et des Tuileries par le Nord. Cette travée copiait les travées de Jacques II Androuet du Cerceau de la galerie du bord de l'eau, pourtant distante de près de 300 mètres, afin de respecter la symétrie du palais dans toutes ses parties, même à grande échelle. Cette aile Nord n'a été continuée que sous Napoléon Ier par Charles Percier et Pierre Fontaine en recopiant toujours, pour la façade côté cour du Carrousel, le dessin d'Androuet du Cerceau.
- Façade côté jardin du pavillon de Marsan de Louis Le Vau, représenté sous Louis XIV.
- Vue du XVIIIe siècle sur le côté orientale du pavillon de Marsan, avec la première travée construite de l'aile Nord, construite par le Vau, devant le relier au Louvre par le Nord.
- Le pavillon de Marsan de Le Vau, après l'incendie de 1871.
Seconde version
[modifier | modifier le code]Le pavillon de Flore, le pendant symétrique au Sud, a été reconstruit sous Napoléon III par Hector-Martin Lefuel dans un style néo-Renaissance plus maniériste, mais en conservant presque exactement la même silhouette et le même volume. La même reconstruction était prévue pour le pavillon de Marsan, mais elle n'a pas été effectuée avant la chute du Second Empire.
Après l'incendie du palais des Tuileries de 1871, La IIIe République hésita durant une douzaine d'années sur le sort des ruines de palais des Tuileries. Il fut cependant rapidement décidé de conserver et restaurer le pavillon de Flore, et de reconstruire le pavillon de Marsan comme il était prévu avant l'incendie. Le pavillon de Marsan fut donc reconstruit par Hector-Martin Lefuel entre 1874 et 1879 dans le style néo-Renaissance maniériste comme l'avait été le pavillon de Flore avant l'incendie sous Napoléon III.
Lefuel rejetait l'ordre colossal d'Androuet du Cerceau qu'il estimait inadapté au Louvre et entrepris également de reconstruire, sous la IIIe République, l'aile Nord du Louvre (aile de Marsan) dans un style néo-Renaissance plus chargé, comme il l'avait fait sous Napoléon III avec l'aile Sud (Grande Galerie orientale en bord de Seine, aile de Flore). Cela n'est pas achevé car il devait aussi reconstruire la face Sud de l'aile de Rohan de manière symétrique au pavillon des Sessions et aux Grands Guichets pour rétablir la symétrie de la place du Carrousel. L'aile de Rohan reste dans son état du Ier Empire avec des pilastres d'ordre colossal, copiés par Percier et Fontaine de l'ancienne Grande Galerie occidentale d'Androuet du Cerceau.
Histoire
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Durant la Révolution française et le séjour de la famille royale au palais des Tuileries, Adelaïde de France, fille de Louis XV, occupa le rez-de-chaussée du pavillon.
Par un décret de 1801, Napoléon Bonaparte, qui réside au palais des Tuileries, fait expulser les artistes et autres personnes qui résident au Louvre. Les maisons établies à l'intérieur de l'emprise du Louvre sont détruites. Les architectes Charles Percier et Pierre Fontaine sont chargés de la conduite des opérations et travaux à la fois aux Tuileries et au Louvre. Ils achèvent les façades de la cour. L'aile nord est prolongée du pavillon de Rohan au pavillon de Marsan qui devient le pavillon d'angle des Tuileries. Pour avoir une unité architecturale, on construit une réplique de la façade d'Androuet du Cerceau sur la galerie du bord de l'eau. Percier démissionnant en 1812, Fontaine reste l'architecte du Louvre jusqu'en 1848.

Le pavillon de Marsan se trouve à l'extrémité nord-ouest du palais du Louvre, faisant simultanément partie du palais des Tuileries, dont il était un des deux points de raccordement avec le pavillon de Flore au sud. Il a été détruit lors de l'incendie des Tuileries en 1871, puis reconstruit à partir de 1874. Le pavillon de Flore sert de modèle au pavillon de Marsan qui remplace celui de Le Vau. Le long de la rue de Rivoli, l'aile nord du Louvre double alors en largeur.

Depuis 1905, le pavillon de Marsan et les bâtiments attenants accueillent le musée des Arts décoratifs.
Origine du nom
[modifier | modifier le code]Le pavillon de Marsan (à l'origine pavillon de Pomone) doit son nom[1] à la comtesse de Marsan, Marie-Louise de Rohan, fille unique du prince Jules de Rohan-Soubise. Elle avait épousé le Gaston de Lorraine, comte de Marsan, né le (ce dernier décédant prématurément en 1743).
En effet, cette partie du palais servit longtemps d’habitation à la comtesse de Marsan, qui, en 1754, fut gouvernante des enfants de France, notamment des futurs rois Louis XVI et Louis XVIII. Elle décéda en 1803 à l’âge de 83 ans.
Occupants
[modifier | modifier le code]- (1789 - 1790) Adélaïde de France dite Madame Adélaïde, fille de Louis XV (1732 - 1800).
- (1820 - 1830) Marie-Caroline des Deux-Siciles, duchesse de Berry, belle-fille de Charles X (1798 - 1870).
- (1820 - 1830) Louise d’Artois, duchesse de Parme, fille de la précédente (1819 - 1864).
- (1821 - 1830) Henri d’Artois, comte de Chambord, frère de la précédente (1819 - 1883).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- G. Lenotre, Les Tuileries. Fastes et maléfices d’un palais disparu, Paris, Firmin-Didot, (lire sur Wikisource).
Liens externes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Lenotre 1933, p. 67.