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Suita rustica

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La Suita rustica est une œuvre orchestrale de la compositrice tchèque Vítězslava Kaprálová, écrite en 1938.

Contexte et création

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Vítězslava Kaprálová commence les esquisses de la Suita rustica le 15 octobre 1938[1]. Elle achève les esquisses le 2 novembre et termine l'orchestration le 10 novembre[1]. C'est dans une atmosphère où l'occupation de la Tchéquie par l'Allemagne du Troisième Reich qu'elle compose avec rapidité et acharnement cette page orchestrale[1]. L'œuvre est créée à la Radio tchèque de Brno par le chef Břetislav Bakala le [2]. La création est passée apparemment inaperçue dans la presse[2].

L'œuvre comprend trois mouvements :

  1. Allegro rustico
  2. Lento
  3. Allegro ma non troppo

Allegro rustico

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La partition comporte une forte influence d'Igor Stravinsky[1]. La partition s'ouvre sur un Allegro rustico qui fait un rappel de la menace allemande en donnant le thème de la chanson morave Il y aura la guerre[1]. Cette chanson est d'abord donnée par les trompettes sur des secondes majeures données aux cordes[1]. L'atmosphère rappelle celle de La Fête populaire de la semaine grasse[1]. Le ton change rapidement lorsque le deuxième thème, qui est celui de la chanson Le Rossignol survole Javorník, plus apaisée, est donné d'abord par la clarinette, puis par les cors et les violons[2]. Un glissendo de la harpe ramène le premier thème pour deux mesures avant de déboucher sur la mélodie slovaque Qui est-ce, dans ce petit champ en friche ?[2]. Une coda sur le premier thème se fait dans un mouvement de fanfare[2].

Le deuxième mouvement présente une version orchestrée de l'air silésien J'ai un pigeon caché dans une boîte, où les cordes varient le thème tandis que les bois imitent les pépiements d'oiseaux[2]. La partie centrale, notée vivo, a des allures de furiant, orchestrée à la manière des Danses slaves d'Antonín Dvořák[2]. Sur la mélodie Paysan, Paysan, Paysan, qui vient de la Bohème occidentale, le thème et l'instrumentation se disloquent avant de devenir néo-baroque avec des dissonances bitonales[2]. La reprise du premier thème du premier mouvement amène une coda brève de huit mesures qui se conclut avec un accord de septième non résolu[2].

Allegro ma non troppo

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Le troisième et dernier mouvement débute par un épisode aux rythmes proches du Sacre du printemps d'Igor Stravinsky[2]. Les trompettes et trombones en émergent pour donner une citation grotesque de Je ne t'appartiens pas encore, d'abord énergique puis bucolique le temps de quelques mesures notées meno mosso[2]. Les cors entament ensuite la comptine Bonne nuit petite Anne, les étoiles sont haut dans le ciel, berceuse slovaque que la compositrice place sur un tapis de cordes[2]. Le retour du premier thème interrompt la berceuse avant d'être transformée en fugue[2]. Le premier thème du premier mouvement refait une dernière apparition pour clore l'œuvre de façon théâtrale[2].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Derny 2015, p. 118.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Derny 2015, p. 119.

Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Nicolas Derny, Vitĕzslava Kaprálová: portrait musical et amoureux, le Jardin d'essai, (ISBN 978-2-911822-85-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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