Trieux (fleuve)
| Trieux | |
Le Trieux près du château de La Roche-Jagu. | |
Cours du Trieux. | |
| Caractéristiques | |
|---|---|
| Longueur | 72,1 km [1] |
| Bassin | 854 km2 [1] |
| Bassin collecteur | Trieux |
| Débit moyen | 5,37 m3/s (Saint-Clet) [2] |
| Nombre de Strahler | 5 |
| Régime | pluvial océanique |
| Cours | |
| Source | près du lieu-dit Kerscouédec (260 m) |
| · Localisation | Kerpert |
| · Altitude | 263 m |
| · Coordonnées | 48° 23′ 09″ N, 3° 09′ 26″ O |
| Embouchure | Manche (archipel de Bréhat) |
| · Localisation | entre Kermouster et Loguivy-de-la-Mer |
| · Altitude | 0 m |
| · Coordonnées | 48° 45′ 34″ N, 3° 07′ 15″ O |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive gauche | Sullé, Ront ar Hor |
| · Rive droite | Leff, Frout, Avaugour |
| Pays traversés | |
| Région | Bretagne |
| Département | Côtes-d'Armor |
| Principales localités | Guingamp, Pontrieux, Lézardrieux, |
| Sources : SANDRE :« J1--0170 », Géoportail, Banque Hydro | |
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Le Trieux (Trev en breton) est un fleuve côtier français qui coule dans le département des Côtes-d'Armor en Bretagne. Il prend sa source dans la commune de Kerpert et se jette dans la Manche entre Lézardrieux et Ploubazlanec.
Toponymie
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Le Trieux a donné son nom aux communes de Pontrieux (pont du Trieux), Plouëc-du-Trieux et Lézardrieux (en breton Lezardrev, « château près du Trieux ») [3].
Quant à l'étymologie de ce nom, on peut émettre plusieurs hypothèses[réf. nécessaire]. Il peut être issu
- soit du mot breton trev (son nom breton), mot brittonique qui, en général, vient de trebo et signifie « village » ou « trève » (section de paroisse). On le retrouve dans les nombreux toponymes de Bretagne commençant par Tre- ;
- soit d'une forme Trit- venant du mot latin Triticum[Quoi ?][réf. nécessaire].
Le toponyme « Trieux » se retrouve ailleurs en France et dans les régions francophones proches : Trieux (sous-affluent de la Charente), Trieux (Isère), Trieux (Meurthe-et-Moselle). Il existe aussi un Trieux situé à la limite des départements de la Charente, de la Dordogne et de la Haute-Vienne[réf. nécessaire].
En Wallonie, le mot trieux vient du mot néerlandais driesch (jachère).
Géographie
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Le cours du Trieux
[modifier | modifier le code]D'une longueur de 72,1 km[1], il coule du sud au nord dans le pays du Trégor, traversant la ville de Guingamp, puis Pontrieux, jusqu'où la mer remonte. Son estuaire (ria) commence au nord de Pontrieux, laissant Lézardrieux sur la rive gauche, Paimpol et Ploubazlanec (quartier de Loguivy) sur la rive droite.
L'embouchure du Trieux est située dans l'archipel de Bréhat.
Le Trieux est navigable sur 17 km, depuis l'écluse à sas de Pontrieux jusqu'à la mer.
Communes et cantons traversés
[modifier | modifier le code]Coulant uniquement dans le département des Côtes-d'Armor, le Trieux traverse ou longe vingt-trois communes[1] et neuf cantons :
- Communes d'amont en aval : Kerpert (source), Saint-Connan, Plésidy, Senven-Léhart, Saint-Fiacre, Saint-Péver, Saint-Adrien, Ploumagoar, Coadout, Grâces, Guingamp, Plouisy, Pabu, Trégonneau, Pommerit-le-Vicomte, Squiffiec, Saint-Clet, Plouec-du-Trieux, Pontrieux, Ploëzal, Quemper-Guézennec, Pleudaniel, Plourivo, Paimpol, Lézardrieux, Ploubazlanec (embouchure) ;
- Cantons d'amont en aval : Saint-Nicolas-du-Pélem (source), Bourbriac, Plouagat, Guingamp, Bégard, Lanvollon, Pontrieux ; il rejoint la Manche entre les Lézardieux et Paimpol.
Bassin versant
[modifier | modifier le code]Le Trieux traverse les cinq zones hydrographiques « Le Trieux du ruisseau du Bois de la Roche (C) au Leff » (J172), « Le Trieux du Ruisseau de la Sulle (C) au Ruisseau du bois de la Roche (NC) » (J171), « Le Trieux de sa source au Ruisseau de Sulle (NC) » (J170), « Le Trieux du Leff (NC) à la mer » (J190), « Le Leff du Goazel (C) au Trieux (NC) » (J181), pour une superficie totale de 854 km2[1].
Géologie
[modifier | modifier le code]La vallée du Trieux permet d'observer différentes formations géologiques rattachées à l'orogenèse cadomienne : tufs de Tréguier, spilites de Paimpol, diorite de Keralain, rhyolites ignimbritiques de Lézardrieux[4].
Hydrologie
[modifier | modifier le code]Affluents
[modifier | modifier le code]Son principal affluent est le Leff, qu'il reçoit à Quemper-Guézennec.
Le Trieux a dix-huit tronçons affluents référencés dont :
- le Sullé, 16 km (gauche)
- le ruisseau d'Avaugour, 10 km (droit)
- le ruisseau de Pont-Lojou, 4,9 km (gauche)
- le ruisseau de Ront ar Hor (ou ruisseau du Bois de la Roche), 14,8 km avec 4 affluents (gauche)
- le ruisseau du Touldu, 9,1 km (gauche)
- le ruisseau de Prat-an-lan, 6,2 km (gauche)
- le ruisseau de Kerprigent, 2,8 km (gauche)
- le Frout, 11,5 km (droit)
- le ruisseau de Trégonneau, 5,1 km (gauche)
- le ruisseau de l'étang de Launay, 3,9 km (gauche)
- le ruisseau de la Fontaine Kargaver (droit)
- le ruisseau du moulin de Kerdic (droit)
- la rivière le Leff, 62,4 km (droit) de rang de Strahler quatre.
Le rang de Strahler est donc de cinq.
Régime hydrologique à Saint-Clet
[modifier | modifier le code]Étiage
[modifier | modifier le code]À l'étiage le débit peut descendre jusqu'à 0,40 m3/s en période quinquennale sèche.
Crues
[modifier | modifier le code]Le débit instantané maximal a été mesuré le à 4 h 30 et était de 86,50 m3/s.
Lame d'eau et débit spécifique
[modifier | modifier le code]La lame d'eau écoulée dans son bassin versant annuellement est de 408 millimètres. À titre de comparaison cette valeur est nettement inférieure à celle du bassin de l'Elorn à Plouédern (679 mm/an) mais très supérieure à celle du bassin de la Rance à Guenroc (214 mm/an). Il s'agit d'une valeur intermédiaire entre les valeurs élevées que présentent les bassins versants de l'extrémité ouest de la péninsule et les faibles valeurs de ceux de l'extrémité est.
Histoire
[modifier | modifier le code]Un rapport de 1892 écrit que de nombreux bancs naturels d'huîtres s'étendaient autrefois de l'embouchure du Trieux jusqu'à Pleudaniel, mais qu'ils ont été dévastés[5].


Le Trieux est très utilisé en tant que voie de commerce au début du XXe siècle. De nombreux voiliers de commerce l'empruntent afin de livrer leur cargaison de maërl, graines de lin, spiritueux… Le fleuve délimite les régions du Goëlo et du Trégor et lie l'Armor et l'Argoat.
Le port de Lézardrieux a été un port de guerre à la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs navires allemands furent coulés dans l'estuaire du Trieux par l'aviation britannique dont le le caboteur Xaver Dorsch et quatre autres plus petits navires[6]. Replié dans l'estuaire, le Xavier Dorsch assurait pendant la guerre les liaisons entre le continent et les îles Anglo-normandes occupées. Le , le Ludwig Janssen, un chalutier transformé en chasseur de mines est coulé, non loin de l'épave du Xaver Dorsch[7].
Aménagements et écologie
[modifier | modifier le code]Une écluse à sas est en service à Pontrieux.

62 moulins ont été recensés dans le bassin du Trieux, mais beaucoup ont disparu[8].
- Pontrieux ː le moulin de Châteaulin sur le Trieux vers 1920 (carte postale).
Il reste de nombreux lieux-dits avec moulin à eau : le moulin à Mer, moulin de Traou Meur, moulin de Châteaulin, moulin de la Vache, moulin Neuf, moulin de Kerglaz, moulin de Brelidy, moulin de Kernavalet, et un ancien moulin, moulin à farine de Restmeur, moulin de Kerhonn, moulin du Perron, moulin à farine de Pommerit, moulin Barzic, le moulin Neuf, moulin du Perrier, le moulin du Pont, le moulin de Rucaër, le moulin à Fouler, le moulin de l'Ermite, le moulin de Kerauffret, le moulin d'Avaugour, le moulin des Forges, le moulin de Toulborzo, le moulin de Kerloc, le moulin du Trieux (2), le moulin de Kerprat, le moulin de Kerankou (en dessous de l'étang Neuf et d'un élevage piscicole), le moulin de Kerpert (près d'une source auxiliaire sur la commune origine de Kerpert).
L'ostréiculture est pratiquée dans l'embouchure près du lieu-dit Toull ar Huiled.
Tourisme
[modifier | modifier le code]Un train touristique (le "Vapeur du Trieux"), avec locomotive à vapeur, circule sur le plateau dominant la rive droite du Trieux entre Paimpol et Pontrieux pendant la saison touristique.

Organisme gestionnaire
[modifier | modifier le code]Galerie
[modifier | modifier le code]- Henri Rivièreː Le Trieux à Kermarie (estampe, 1912).
- Paul Signac : L'estuaire du Trieux. Bretagne.
- Gustave Cariot : Barrage sur le Trieux, Guingamp
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la géographie :
- Les rivières et canaux de France dans le Projet Babel : le Trieux
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Trieux (J1--0170) » (consulté le )
- 1 2 Banque Hydro - Ministère de l'Écologie, « Synthèse de la Banque Hydro - Le Trieux à Saint-Clet (J1721720) » (consulté le )
- ↑ L'étymologie est différente dans le cas de Saint-Quay-Portrieux (Port Oriol, 1370), localité située à une vingtaine de kilomètres à l'est de l'estuaire.
- ↑ Pierrick Graviou et Christophe Noble, Curiosités géologiques du Trégor et du Goëlo, éditions Apogée, , p. 80.
- ↑ Edmond Perrier, Rapports du jury international. , Classe 77 poissons, crustacés et mollusques : Exposition universelle internationale de 1889 à Paris, Paris, Impr. nationale, (lire en ligne), p. 9.
- ↑ "Épave 514 – le « Xaver Dorsch »"
- ↑ Ludwig Janssen sur la base de données de la Société d'Archéologie et de Mémoire Maritime
- ↑ Jean-Nicolas Cornelius, « Les moulins du Trieux », sur bibliotheque.idbe.bzh, (consulté le ).
