Économie mixte

En théorie, une économie mixte est une économie dans laquelle le secteur privé et le secteur public coexistent en parts relativement équivalentes. Une illustration très emblématique de ce mélange d'économie de marché et d'économie planifiée est la politique économique française d'après la Seconde Guerre mondiale, qui était largement inspirée par le Programme du Conseil national de la Résistance. En Allemagne de nos jours, on parle aussi d'économie sociale de marché.
En pratique, certains estiment que les systèmes économiques sont globalement mixtes mais se distinguent par les parts relatives des secteurs privé et public ; en associant capitaux publics et savoir-faire privés, les structures mixtes offrent une souplesse opérationnelle utile par exemple pour concevoir et mener des projets complexes, notamment de transition énergétique, de services publics locaux ou d'aménagement[1].
Histoire
[modifier | modifier le code]Selon la Fédération des élus des entreprises publiques locales (FedEPL, 2026), « en un siècle d'existence, l'économie mixte a su surmonter de nombreuses crises grâce à son agilité (dont la crise économique de 2008 et la crise sanitaire induite par la Covid 2019). Mais elle reste souvent incomprise ».
Le démantèlement de l'Union soviétique à la fin des années 1980 a marqué le début d'une période de « libéralisation » à l'échelle mondiale, notamment par la privatisation d'entreprises publiques et de services publics.
Parmi les freins à l'économie mixte figurent notamment les soupçons de conflits d'intérêts (comme le fait de devoir sortir au moment des votes) ou, plus grave, le risque de qualification pénale de prise illégale d'intérêts lorsque des élus exercent des fonctions au sein d'EPL[1].
En France
[modifier | modifier le code]L'économie mixte dite « locale », inspirée de ce qui se faisait en Allemagne, encouragée en 1926 par Raymond Poincaré, renvoie en France principalement à l'existence des entreprises publiques locales, dont le capital est possédé tout ou en partie par des collectivités territoriales[1].
En 2026, selon la fédération des entreprises publiques locales, le pays regroupe environ 1 500 SEM, SPL et Semop (réalisant 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires auxquels s'ajoutent 5 milliards issus de leurs filiales). Elles sont surtout dans des secteurs tels que le logement, l'aménagement, le tourisme, l'énergie, les mobilités ou la culture[1]...
Lors d'une journée de l'économie mixte locale (juin 2026) sous le haut patronage de Gérard Larcher, président du Sénat, fêtant les 100 ans du modèle mixte, Philippe Laurent (président de la Fédération des élus des entreprises publiques locales ; FedEPL crée 70 ans plus tôt) invite à développer ces sociétés. La fédération des EPL identifie plusieurs freins à l'économie mixte, notamment les risques de conflits d'intérêts et de prise illégale d'intérêts pour les élus siégeant dans ces structures, l'insuffisance du cadre juridique qu'elle souhaite voir clarifié, la limitation actuelle des garanties d'emprunt que les collectivités peuvent accorder — qu'elle propose d'uniformiser à 80 % —, ainsi qu'un manque d'acculturation des responsables municipaux, des organisations patronales et du grand public, qui freine la pleine utilisation du potentiel des SEM et autres EPL malgré leur efficacité démontrée[1].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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