Bull. Soc. fr. Minéral. Cristallogr.
(1973), 96, 131-134-
La duranusite, As4S, un nouveau minéral
par Zdenek JOHAN, Claude LAFORÊT, Paul PICOT,
B. R. G. M., Service géologique national, Orléans (1).
et Jean FERAUD,
Département de géologie appliquée, Université Paris VI (2).
Duranusite, As 4S, a new mineral.
Introduction
Dans le système binaire As-S, on connaissait jusqu’à présent l’existence de trois composés bien définis, à savoir : As4S4 (réalgar), As2S3 (orpiment) et As2S5 (artificiel). Quelques composés ayant un rapport atomique As : S supérieur à 1 ont bien été signalés, mais leur existence est en réalité douteuse. Par exemple, la dimorphite, As4S3, décrite par Scacchi (1849) mériterait un complément d’étude par des méthodes modernes. Berzelius (1826) a préparé un composé de formule As12S, mais son existence a été contestée par Nilson (1872). Scott (1900) a décrit la synthèse du composé As3S, effectuée par voie humide, mais, bien que ce com¬ posé ait été également signalé par Farmer et al. (1926), son existence demeure toujours incertaine.
Le nouveau minéral, objet de cette note, dont la composition correspond à la formule As4S, est donc le premier composé bien défini du système binaire As-S ayant un rapport As : S supérieur à 1.
Étude radiocristallographique
(1) B. P. 6009, 45018 Orléans.
(2) L. A. au C. N. R, S., n° 65, 75230 Paris Cedex 05.
Le nom de duranusite, d’après le gisement type de Duranus (Alpes-Maritimes), France, est proposé pour cette nouvelle espèce minérale.
La description et le nom de ce nouveau minéral ont été approuvés par la Commission interna¬ tionale des nouveaux noms et des noms de minéraux par 17 voix contre o.
En dépit de plusieurs essais, le prélèvement d’un éclat monocristallin de duranusite sur sec¬ tion polie, s’est révélé infructueux pour la mesure directe des paramètres. Nous avons alors utilisé la méthode Ito, en nous basant sur le diagramme de poudre donné dans le tableau I, lequel est très différent de ceux de tous les sulfures d’arsenic connus.
Cependant, tout en appliquant cette méthode, il a été tenu compte de certaines considérations hypothétiques, relatives à la structure de la dura¬ nusite. D’une part, la formule chimique du minéral laisse supposer que sa structure est constituée de couches d’atomes As s’intercalant entre des couches



















