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Biologiste et physicienne française, spécialiste en microscopie électronique.
06/10/1923 Naissance à Honfleur (Calvados, France).
11/1942 Odile Croissant entre à l’Institut Pasteur de Paris dans le laboratoire du typhus dirigé par Paul Giroud, en tant que secrétaire et laborantine ; détachée du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), elle commence sa carrière en qualité d'aide-technique.
1945 Elle rejoint le Service des virus dirigé par P. Lépine, à l’Institut Pasteur ; elle est initiée à la microscopie électronique, alors à ses débuts, par les physiciens ayant conçu le premier microscope électronique français (P. Grivet, et H. Brück) et par un pasteurien (J. Giuntini), le premier utilisateur d’un microscope électronique en France.
1946 A partir de 1946, dans le laboratoire de Pierre Lépine, Odile Croissant réalise des études pionnières sur divers virus (rage, vaccine, poliomyélite, bactériophages, virus d'insectes...) et sur les lésions cellulaires induites par ces virus, en collaboration avec des chercheurs de l’Institut Pasteur (P. Atanasiu, G. Barski...) ou du Centre de recherches de pathologie comparée de Saint- Christol-lès-Alès (Constantin Vago) ; étude de la pathogénèse virale intracellulaire de la « grasserie ».
1947 Elle effectue un stage d'un mois à l'Institut de microscopie électronique de Delft (Pays-Bas) chez J.M. Poole (Laboratoires Philips) ; elle suit le cours de microscopie électronique de V.S. Cosslett au laboratoire Cavendish à l'université de Cambridge (Angleterre).
1947 Elle exerce la fonction de secrétaire adjointe de la commission d’optique électronique du CNRS.
1949 Elle obtient un poste de physicien- préparateur au laboratoire de microscopie électronique du service des virus de l’Institut Pasteur. Elle forme de nombreux élèves aux techniques de microscopie électronique (microscope RCA entre autres) et aux techniques de coupes ultra-fines.
1950 Séjour de 3 mois à l'Institut de microbiologie et d'hygiène de l'université de Montréal (Québec, Canada), ayant pour but l'organisation du laboratoire de microscopie électronique du service de virologie dirigé par Armand Frappier.
12/1954 Lors de l’épidémie de variole à Vannes, Odile Croissant est chargée d’en identifier le virus responsable, à partir de prélèvements réalisés chez les patients.
1955 Premier séjour de 3 mois aux Etats- Unis, en tant que visiting scientist, dans le laboratoire de Ralph W.G. Wyckoff, au NIH, Bethesda (Maryland, USA) ; R. Wyckoff est un chercheur américain renommé pour ses travaux en cristallographie et en microscopie électronique (inventeur de la technique d'ombrage métallique permettant d'obtenir des images tridimensionnelles) ; il fait lui-mûme de fréquents séjours dans le service des virus de l'Institut Pasteur.
1956 A partir de 1956, O. Croissant participe à l'enseignement théorique et pratique des applications de la microscopie électronique à l'étude de la cellule et des virus, à l'Institut Pasteur de Paris, dans les cadres suivants : Cours de cultures cellulaires en virologie ; cours de microbiologie générale ; Cours sur les méthodes de la microscopie photonique et électronique.
1957 Second séjour de 4 mois aux Etats-Unis, Bethesda (NIH), en tant que visiting scientist, à l’invitation de Ralph W.G. Wyckoff, avec qui O. Croissant entretient une fructueuse collaboration.
1958 Elle s'intéresse aux différentes techniques d’analyse de la structure de la matière à l’aide des électrons et des rayons X ; travaux sur la structure du verre, en collaboration avec l’Institut de minéralogie de la Faculté des Sciences de Strasbourg, dirigé par S. Goldsztaub, dans le laboratoire de H. Saucier, où elle effectue de multiples séjours.
10/01/1962 Odile Croissant soutient sa thèse de sciences physiques à l’Université de Strasbourg, intitulée « Etude en microscopie électronique et en microdiffraction électronique de la morphologie et de la structure des verres silicatés ».
1963 (circa) Troisième séjour aux Etats-Unis où elle effectue un stage post-doctoral en tant que professeur assistant dans le laboratoire de R. Wyckoff, alors localisé à l'Institut de physique de l'université d'Arizona (Tucson, USA) ; études à l'aide des rayons X : aorte humaine, microradiographie de la dentine.
1964 De retour en France, O. Croissant est nommée chargée de recherche au CNRS et fait fonction à ce titre de chef de laboratoire, au laboratoire de microscopie électronique du service des virus de l’Institut Pasteur ; elle entreprend une collaboration sur les papillomavirus humains (HPV) avec le groupe de Gérard Orth, alors localisé à l'Institut Gustave- Roussy, Villejuif.
1970 En collaboration avec les équipes de M. Yaniv, F. Cuzin, Peter Sheldrick et G. Orth (Michel Favre), elle se spécialise dans les applications les plus modernes de la microscopie électronique à l’étude des acides nucléiques viraux et de leurs interactions avec des protéines ; elle est l'une des premières à mettre au point des techniques de détection in situ des acides nucléiques viraux ; elle contribue à l'établissement de la première carte physique du seul papillomavirus humain alors connu (HPV1).
1971 Avec G. Orth et P. Jeanteur, O. Croissant co-signe un important article sur l'application de la technique d'hybridation moléculaire in situ à la mise en évidence au microscope électronique de la réplication végétative de l'ADN viral dans les papillomes provoqués par le virus de Shope chez le lapin (Proc. Nat. Acad. Sci. USA, 68, 1876-1880).
1972 O. Croissant est nommée maître de recherches au CNRS.
1978 Elle rejoint l’Unité des papillomavirus (U INSERM 190) créée à l’Institut Pasteur à l'initiative de François Gros et dirigée par Gérard Orth ; elle poursuit les travaux entrepris en collaboration avec le groupe de G. Orth : elle prend une part prépondérante aux travaux pionniers de l’Unité, qui mettent en évidence la multiplicité des papillomavirus humains (HPV), la spécificité de leur pouvoir pathogène et leur potentiel oncogène, en collaboration avec M. Favre et Stefania Jablonska (dermatologue éminente, Clinique de dermatologie de Varsovie) ; ces travaux démontrent le potentiel oncogène de l'un des papillomavirus humain (HPV5), identifié chez des patients atteints d'épidermodysplasie verruciforme (maladie génétique rare associée à un risque élevé de carcinomes cutanés).
1979 La Fondation de la Recherche Médicale attribue à Odile Croissant le Prix Delahautemaison.
1980 Odile Croissant est étroitement associée aux travaux de l’Unité des papillomavirus, qui contribuent à démontrer le rôle de certains papillomavirus dans l’étiologie des cancers génitaux, en particulier les cancers du col de l’utérus. Des liens étroits se nouent alors entre l’Unité pasteurienne et la Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale (SFCPCV), dont le rôle s'avère essentiel dans la diffusion des connaissances qui vont révolutionner la gynécologie oncologique. Tous les membres de l’Unité sont mis à contribution pour donner des conférences ou des cours à Paris ou en région. Le laboratoire d’Odile Croissant accueille de nombreux gynécologues, cytologistes ou histologistes. Certains intègrent l’Unité après avoir été formés par elle : Renzo Barrasso (ancien secrétaire général de la SFCPCV), Christine Bergeron (actuelle présidente de la SFCPCV), Xavier Sastre-Garau (longtemps directeur du Département d’anatomie pathologique de l’Institut Curie).
09/1985 O. Croissant est officiellement responsable du premier programme collaboratif entre l'Institut Pasteur et la société californienne Beckman Instrument sur l'application des sondes froides en diagnostic ; le but est de développer et d'évaluer des sondes capables de détecter des types d'HPV d'intérût pour des sujets à risque de cancer du col utérin ; Agnès Ullmann est l'instigatrice de ce programme, en interaction avec Danielle Berneman pour les brevets, F. de Lacharrière pour les relations avec le partenaire industriel et le cabinet de M. Ernest Gutmann (ingénieur-conseil en propriété industrielle).
1988 (circa) Création du laboratoire de diagnostic des infections génitales à HPV, dans l'unité de G. Orth ; ouverture de la consultation de colposcopie de l'hôpital Pasteur sous la responsabilité de R. Barrasso.
1989 Après son départ officiel à la retraite en 1989, O. Croissant obtient l'autorisation de poursuivre son activité dans l'unité de Gérard Orth ; le dernier article dont elle est co- auteur date de 2001.
2004 La dernière étape de l'activité pasteurienne d'Odile Croissant est consacrée à la constitution de son fonds d'archives, où sont conservés, entre autres, des documents concernant les débuts de la microscopie électronique à l’Institut Pasteur et en France.
03/08/2020 Décès d’Odile Croissant à Paris ; inhumation au cimetière parisien de Saint-Ouen.
Principaux travaux scientifiques : Deux orientations de recherches, l’une vers la physique, l’autre vers la biologie. En physique, étude de la structure du verre et des réactions chimiques provoquées lors de la rayure, à l’aide des techniques de micro- diffraction et de microscopie électroniques. En biologie, étude de différents tissus à l’aide des techniques de microscopie et de micro-sonde à rayons X (microradiographies de la dentine, aorte humaine et calcium) ; application de la microscopie électronique et de la technique d’hybridation moléculaire (hétérodupleix) in situ à la description de l’ultrastructure de nombreux virus (bactériophages, virus de plantes ou d’animaux, dont le virus de la « grasserie »), grôce à la standardisation de la culture de tissus ; application de ces techniques à l’étude des papillomes provoqués par le virus de Shope chez le lapin (cytotropisme pour les cellules épidermiques et réplication végétative de l'ADN viral in situ) ; étude des papillomavirus humains (HPV) : démonstration de leur multiplicité , de la spécificité de leur pouvoir pathogène et de leur potentiel oncogène ; contribution aux avancées de la gynécologie oncologique : mise en évidence du rôle de certains papillomavirus dans l’étiologie des cancers génitaux, en particulier les cancers du col de l’utérus
Publications en collaboration avec : P. Agache, P. Atanasiu, R. Barrasso, G. Barski, S. Beaudenon, Ch. Bergeron, N. Bonneaud, P. Boutet, F. Breitburd, P. Brûlet, K. Brylak, M. Casas-Cordero, F. Cuzin, Ch. Dauguet, D. Dompmartin, Michel Favre, M. Green, F. Haguenau, S. Jablonska, François Jacob, M. Jarzabek-Chorzelska, P. Jeanteur, M. Kawashima, D. Kremsdorf, P. Lépine, Jean Levaditi, V. Mayelo, S. Obalek, G. Orth, G. Pehaut-Arnaudet, G. Rzesa, X. Sastre- Garau, S. Schneider-Maunoury, C. Schurra, P. Sheldrick, C. Vago, R. Wyckoff, M. Yaniv
Références bibliographiques :
- Croissant (Odile), Titres et travaux scientifiques d’Odile Croissant, 1947-1966, 14 p. photocop. ; rapports d’activité au CNRS, 1967-1987, 500 f. dac. (FR AIP CRO.1)
- Orth (Gérard), allocution prononcée lors des obsèques d'Odile Croissant, Saint-Ouen, 10/08/2020 ; entretiens accordés au Service des Archives IP, Paris, août 2020
- CeRIS, exposition «Femmes pasteuriennes» organisée à l’Institut Pasteur, Paris, 2012
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