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Corral Bluffs

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Formation de Hell Creek
Localisation
Coordonnées 38° 51′ 48″ nord, 104° 35′ 20″ ouest
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Colorado Springs, Comté d'El Paso, Colorado
Informations géologiques
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
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Formation de Hell Creek
Géolocalisation sur la carte : Colorado
(Voir situation sur carte : Colorado)
Formation de Hell Creek

Corral Bluffs est un site fossilifère du début du Paléocène situé dans le bassin de Denver, dans l'État du Colorado (États-Unis). Les découvertes effectuées à Corral Bluffs révèlent un lien entre l'augmentation de la taille corporelle des mammifères, l'évolution de nouveaux groupes de plantes et les périodes de réchauffement climatique survenues durant le premier million d'années suivant l'extinction de masse de la limite Crétacé-Tertiaire (K-T), il y a 66 millions d'années. Il a été désigné « zone naturelle du Colorado » par l'État[1].

Découvertes de fossiles

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Les fossiles de Corral Bluffs datent du Puercan, le plus ancien des âges des mammifères terrestres nord-américains du Paléocène. La découverte initiale a eu lieu en 2016 ; après la mise au jour de cette mâchoire fossilisée, près d'un millier de fossiles de reptiles et de mammifères, environ six mille feuilles fossiles et 37 000 grains de pollen fossilisés ont été recueillis. De nombreux fossiles animaux — tels que des crânes de mammifères, de crocodiles et de tortues, ainsi que des carapaces de tortues — ont été préservés en trois dimensions au sein de concrétions d'hydroxyapatite. Les fouilles ont été dirigées par Tyler Lyson.

La renaissance du monde de Corral Bluffs

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Les divers dépôts sédimentaires de Corral Bluffs illustrent la manière dont les animaux et les plantes se sont rétablis après l'extinction de masse de la limite K-T. Mille ans après l'impact de la météorite de Chicxulub, un « monde des fougères » s'était développé. Les fougères constituaient entre 70 et 90 % de la flore. Ces plantes sont souvent les premières à recoloniser une zone après un incendie de forêt majeur ou une éruption volcanique. Un tel « pic de fougères » est également connu sur d'autres sites ; dans ce cas précis, les fougères dominaient un paysage dépourvu d'arbres. Le plus grand mammifère de l'époque avait la taille d'un rat et pesait environ 500 grammes. Les survivants étaient principalement omnivores, avec une tendance vers un régime insectivore.

Dans le « monde des palmiers », 100 000 ans après l'impact, les mammifères avaient retrouvé des niveaux comparables à ceux du Crétacé supérieur en termes de diversité, d'effectifs et de taille. Les plus grands mammifères avaient la taille d'un raton laveur et pesaient environ 6 kg. Parmi les exemples, on peut citer Baioconodon et Loxolophus, appartenant à la famille des Arctocyonidae.

Crâne de Carsioptychus coarctatus au Denver Museum of Nature and Science

La transition du Puercan-1 au Puercan-2, survenue 300 000 ans après l'impact, a marqué la fin du « monde des palmiers ». Dans le nouveau « monde des pacaniers », des arbres de la famille des noyers (Juglandacées) sont apparus et les mammifères sont devenus très abondants. Les plus grands mammifères atteignaient alors la taille d'un castor nord-américain, avec un poids d'environ 25 kg. Parmi les exemples, on compte les condylarthres Carsioptychus et Ectoconus (famille des Periptychidae), qui figuraient parmi les premiers herbivores.

Reconstitution de Taeniolabis taoensis.

L'émergence du « monde des légumineuses », 700 000 ans après l'impact, a marqué le début du stade Puercan-3, caractérisé par l'apparition des premières légumineuses (Leguminosae), telles que les haricots. Certaines parties de ces plantes offraient de nouvelles sources de nourriture riches en protéines, permettant aux mammifères de gagner encore en taille. Ils atteignaient alors la taille d'un loup, avec un poids d'environ 45 kg, soit environ cent fois la taille des survivants ressemblant à des rats du « monde des fougères ». On peut citer notamment Eoconodon (famille des Triisodontidae ; env. 47 kg, apparu 720 000 ans après l'impact) et Taeniolabis (famille des Taeniolabididae ; env. 34 kg, apparu 680 000 ans après l'impact).

Les périodes de réchauffement ont stimulé la migration et le développement de nouveaux types de plantes, favorisant ainsi la croissance et l'évolution des mammifères. Au cours du premier million d'années du Paléocène, trois périodes de réchauffement climatique marqué ont eu lieu ; au moins deux d'entre elles (survenues 300 000 et 700 000 ans après l'impact) ont coïncidé avec les changements de végétation et l'augmentation de la taille corporelle des mammifères mentionnés précédemment. Durant les 60 000 premières années suivant l'impact, la température moyenne était supérieure de 5,1 °C à celle du Crétacé supérieur. Un second épisode de réchauffement s'est produit environ 300 000 ans après l'impact, les températures augmentant de 2,2 °C sur une période de 30 000 ans. Ce réchauffement a été suivi d'une période de stabilité de 50 000 ans, puis d'une baisse de température de 3,0 °C sur 70 000 ans. Le troisième épisode de réchauffement a eu lieu 700 000 ans après l'impact, avec une hausse des températures de 2,9 à 3,2 °C s'étalant sur 10 000 ans.

Espèces animales

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Les reptiles découverts à Corral Bluffs comprennent l'alligator cf. Navajosuchus, long de 1,5 mètre, et son proche parent Wannaganosuchus, ainsi que diverses espèces de tortues et de lézards.

Des fossiles de dinosaures ont été trouvés au pied des falaises[3].

Références

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  1. ↑ « Corral Bluffs Open Space | City of Colorado Springs », sur coloradosprings.gov (consulté le )
  2. ↑ (en) Lucas N. Weaver, Jordan W. Crowell, Stephen G. B. Chester et Tyler R. Lyson, « Skull of a new periptychid mammal from the lower Paleocene Denver Formation of Colorado (Corral Bluffs, El Paso County) », Journal of Mammalian Evolution, vol. 31, no 2,‎ , p. 16 (ISSN 1573-7055, DOI 10.1007/s10914-024-09716-5 Accès libre, lire en ligne)
  3. ↑ Jessica Peterson, « Corral Bluffs Paleontology Dig », sur The Maverick Observer,
  • (en) T. R. Lyson, I. M. Miller, A. D. Bercovici, K. Weissenburger, A. J. Fuentes, W. C. Clyde, J. W. Hagadorn, M. J. Butrim, K. R. Johnson, R. F. Fleming, R. S. Barclay, S. A. Maccracken, B. Lloyd, G. P. Wilson et D. W. Krause, « Exceptional continental record of biotic recovery after the Cretaceous–Paleogene mass extinction », Science, vol. 366, no 6468,‎ , p. 977–983 (ISSN 0036-8075, DOI 10.1126/science.aay2268, lire en ligne Accès payant)
  • (en) How life blossomed after the dinosaurs died. E Pennisi. Science (2019).