Philippe Dechartre
Philippe Dechartre (de son vrai nom Jean Duprat-Geneau), né le à Truong-Thi (Viêt Nam), et mort le à Paris, est un homme politique français.
Il est surtout connu comme l'un des responsables du courant gaulliste de gauche en France, et pour avoir appelé à voter pour François Mitterrand en par lettre diffusée par le RPR.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille, jeunesse et formation
[modifier | modifier le code]Jean Duprat-Geneau est élève au lycée Louis-le-Grand à Paris et à la faculté de droit de Paris. Il est licencié en droit[1].
Au début de la guerre il entre dans la Résistance et prend le nom de Philippe Dechartre. Il est fait prisonnier en 1940, il rencontre François Mitterrand au printemps 1943 avec lequel il noue une amitié que les divergences politiques n'entament pas. Il se rend à Alger où le général de Gaulle le nomme délégué général aux prisonniers de guerre, déportés de la Résistance et déportés du travail auprès du gouvernement provisoire de la République française en 1944. Il reste jusqu'à la fin de sa vie attaché au général de la France libre[1].
Débuts en politique (1956-1968)
[modifier | modifier le code]Un temps proche de Pierre Mendès France, il est candidat du Parti radical lors d'une élection législative partielle organisée à Paris en 1956. Il rejoint ensuite le gaullisme de gauche (Union démocratique du travail) et créé plusieurs petits mouvements politiques de cette mouvance : la Convention de la Gauche Ve République, le Mouvement Socialisme et Participation (dont Jacques Chirac fut adhérent), et, dernièrement, le Club Nouveau siècle[1] , rattaché à l'UMP.
Il est élu député UDR de la Charente-Maritime en 1968.
Membre du gouvernement
[modifier | modifier le code]Son inlassable activité pour doter le gaullisme d'une (petite) aile de gauche, lui permet d'entrer dans trois gouvernements sous les présidences du Général de Gaulle et de Georges Pompidou.
Il est ainsi secrétaire d'État à l'Équipement et au Logement dans le gouvernement Pompidou IV, du au et dans celui de Maurice Couve de Murville, du au .
Il est ensuite secrétaire d'État auprès du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Population dans le gouvernement Chaban-Delmas, du au , date de sa démission forcée consécutive à ses ennuis judiciaires ; en fait, un mois après sa condamnation dans l'affaire immobilière « Delouette » (dite aussi « l'affaire de l'ïle de Ré ») où la Cour d'appel de Poitiers lui avait infligé une forte amende correctionnelle[2].
Autres activités et vieillesse
[modifier | modifier le code]Secrétaire adjoint du Rassemblement pour la République, il s'oppose à la réélection de Valéry Giscard d'Estaing et appelle ouvertement à voter pour François Mitterrand en [1].
Il a exercé diverses fonctions dans le domaine audio-visuel (producteur à la RTF, président de l’Institut français de radiodiffusion). Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il était par ailleurs le doyen du Conseil économique et social lorsqu'il le quitta en 2010 après 16 ans de mandat, à 91 ans[1].
Franc-maçon, il est initié en 1946 dans la loge maçonnique du Grand Orient de France Paris ; il est cofondateur de la loge Demain en 1989 ; il appartient également à la loge René Cassin de la Grande Loge de France[1].
Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le .
Décès et postérité
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Philippe Dechartre meurt le à 95 ans, à l’hôpital Georges-Pompidou, dans le 15e arrondissement de Paris. Il est inhumé au cimetière de Montmartre (division 25).
Il est le père de l'acteur Emmanuel Dechartre né en 1948.
Décorations
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Grand-croix de la Légion d'honneur (décret du 13 juillet 2006)
Grand-croix de l'ordre national du Mérite (décret du 14 mai 1994)
Médaille de la Résistance française, avec rosette par décret du [3]
Commandeur de l'ordre des Palmes académiques
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 3 4 5 6 Alain Bauer et Roger Dachez 2022, p. 195.
- ↑ Voir par exemple l'article de René Backmann, « Les barons voraces », paru dans le Nouvel Observateur du 31 juillet 1972 : page 15 : De l'île de Ré à Puteaux.
- ↑ « - Mémoire des hommes », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le )
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Patrick Guiol, « Philippe Dechartre », dans Claire Andrieu, Philippe Braud et Guillaume Piketty (dir.), Dictionnaire de Gaulle, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006.
- Alain Bauer et Roger Dachez, L'encyclopédie des franc-maçonnes et des francs-maçons, Gründ, , 276 p. (ISBN 978-2-324-03165-6), « Dechartre, Phillipe ».
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la vie publique :
- Personnalité du Parti républicain radical et radical-socialiste
- Personnalité de l'Union démocratique du travail
- Personnalité de l'Union des démocrates pour la République
- Personnalité du Rassemblement pour la République
- Personnalité de l'Union pour un mouvement populaire
- Ministre de la Cinquième République
- Membre de l'Assemblée consultative provisoire
- Gaulliste de gauche
- Nom de guerre
- Membre du Conseil économique, social et environnemental
- Député de la IVe législature de la Ve République
- Grand-croix de l'ordre national du Mérite
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Titulaire de la médaille de la Résistance française
- Commandeur des Palmes académiques
- Élève du lycée Louis-le-Grand
- Étudiant de la faculté de droit de Paris
- Naissance en février 1919
- Naissance dans le protectorat français d'Annam
- Décès en avril 2014
- Décès à l'hôpital Georges-Pompidou
- Décès à 95 ans
- Personnalité inhumée au cimetière de Montmartre (division 25)